La ministre Bibeau tempère les attentes d'Ensaf Haidar

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a tempéré les attentes d’Ensaf Haidar, la conjointe du blogueur Raif Badawi, sur sa demande de citoyenneté canadienne pour son mari emprisonné en Arabie saoudite.

« Je comprends qu’au niveau symbolique, ça peut être important pour Ensaf, mais au niveau diplomatique, je ne vois pas dans quelle mesure ça pourrait être aidant », a commenté Mme Bibeau en marge d’un point de presse conjoint avec l’Université de Sherbrooke. Mme Haidar doit rencontrer le premier ministre Justin Trudeau cet après-midi en fin de journée. Quant au dossier d’Édith Blais, cette Sherbrookoise disparue au Burkina Faso, une rencontre pourrait avoir lieu entre la famille d’Édith Blais et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

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Citoyenne canadienne depuis 2018, Ensaf Haidar réclame la citoyenneté canadienne depuis environ un an pour son mari, détenu en Arabie saoudite depuis 2012 pour des propos qu’il a tenus sur son blogue. Le blogueur a été condamné à 10 ans de prison, près de 300 000 $ d’amendes et 1000 coups de fouet, en plus d’une interdiction de quitter le pays au terme de sa peine. Il avait reçu 50 coups de fouet en 2015; l’administration de la peine n’a pas repris depuis.

La militante et mère de trois enfants avait rencontré M. Trudeau en janvier 2017, alors qu’il était de passage à Sherbrooke.

Peut-on comprendre qu’il n’est pas question d’accorder à Raif Badawi la citoyenneté canadienne réclamée par Ensaf Haidar? « Je ne veux pas anticiper là-dessus, la réunion va avoir lieu avec le premier ministre, mais en même temps ce serait plus symbolique qu’autre chose. Quand ça arrivera, ça sera à un moment qui sera peut-être stratégique, mais je crois pas, sincèrement, que ça fera une différence dans notre démarche avec les Saoudiens, parce qu’il est d’abord et avant tout un citoyen saoudien. Ça ne le libérerait pas des lois et du système de justice saoudien. Je comprends qu’au niveau symbolique, ça peut être important pour Ensaf, mais au niveau diplomatique, je ne vois pas dans quelle mesure ça pourrait être aidant. »

« Je peux vous assurer que depuis le début, autant (le premier ministre) M. Trudeau, Mme Freeland et moi-même, parce que j’ai eu plusieurs occasions de le faire, on plaide autant qu’on peut auprès du gouvernement saoudien pour la condition de Raif. Vous savez qu’il est citoyen saoudien. Même si on lui offrait la citoyenneté canadienne, ça ne changerait pas qu’il est citoyen saoudien et jugé selon les lois saoudiennes. On plaide, on plaide, on plaide pour lui, pour les droits de la personne, moi particulièrement pour le droit de la personne. C’est difficile. La rencontre va encore démontrer à Mme Haidar à quel point on est engagé et qu’on l’appuie. »

Y aura-t-il une rencontre avec le premier ministre Trudeau et la famille d’Édith Blais? « On est en train de voir si on est capable d’organiser une rencontre. Moi j’ai eu l’occasion de parler avec sa mère, on reste en contact aussi. On essaie de voir si la ministre Freeland pourrait rencontrer la famille d’Édith Blais. C’est quelque chose dont on discute en ce moment, j’espère que les agendas vont réussir à s’arrimer. Ce n’est pas encore confirmé. »

Par ailleurs, l’Agence France-Presse a révélé mercredi qu’un employé canadien d’une société minière « a été enlevé mardi soir par des hommes armés dans l’est du Burkina Faso ».