Kathy Guay surnommait affectueusement sa fille «son oiseau de nuit».

La fille assassinée à Montréal devait rentrer au Saguenay

« Il n’avait pas le droit de me l’enlever. Elle devait revenir vivre avec nous, à la maison. » La mère de Noémie Lavoie, Kathy Guay, a appris que sa fille avait été assassinée lorsqu’elle a reçu un appel des enquêteurs, au petit matin, mercredi. La veille, elle avait discuté au téléphone avec sa fille et elle devait prendre le train mercredi matin pour revenir à la maison familiale, à Laterrière.

Kathy Guay se doutait bien qu’il était arrivé quelque chose de grave à sa fille lorsqu’elle a reçu un appel des enquêteurs, très tôt, mercredi. « La police est passée chez moi, mais j’étais chez ma marraine, puisque je n’avais pas pu retourner à la maison en raison de la tempête. Lorsque les enquêteurs m’ont jointe, ils m’ont dit qu’ils voulaient me rencontrer, qu’ils ne voulaient pas faire ça par téléphone. J’ai tout de suite demandé ce qui était arrivé à ma fille », raconte Kathy Guay, qui a généreusement accepté d’accorder une entrevue au Quotidien, malgré le drame qui secoue sa famille.

Lors de l’entrevue, la mère endeuillée était accompagnée par des proches, par son conjoint, de même que par la jeune demi-soeur de Noémie.

Les enquêteurs se sont finalement déplacés jusqu’à Mme Guay pour éviter d’annoncer la nouvelle par téléphone. « L’enquêteur m’a tendu une chaise pour que je m’assoie et il m’a dit que Noémie avait été retrouvée morte dans un appartement de Montréal. Et il a ajouté que c’était un meurtre. J’ai demandé si ma fille avait souffert, mais je n’ai pas encore eu les détails. Je dois parler au coroner demain matin (jeudi) », a expliqué Kathy Guay.

Cette dernière avait discuté avec sa fille par téléphone la veille, en soirée. Les deux femmes avaient convenu que Noémie rentrerait à la maison, puisque ça ne se déroulait pas comme prévu à Montréal. « Elle était repartie pour Montréal il y a un mois et demi. Ma fille aimait la grande ville, le métro, les activités nocturnes. Elle n’était pas bien ici, elle était repartie pour se trouver un emploi à Montréal, mais ça ne fonctionnait pas, alors elle avait dit qu’elle reviendrait ici », explique Mme Guay, qui a aussitôt fait un virement bancaire à sa fille pour l’achat d’un billet de train. Noémie devait le prendre mercredi matin. « Il n’avait pas le droit de me l’enlever comme ça », a laissé tomber Kathy Guay, les larmes aux yeux.

La mère n’avait pas senti d’inquiétude dans la voix de sa fille, la dernière fois qu’elles se sont parlé. « Elle était de bonne humeur, elle riait. Tout semblait bien aller. Mais c’est certain que ma fille était une personne qui bougeait beaucoup, elle avait eu des démêlés avec la justice, alors lorsque la police m’a appelée, j’ai su que c’était pour elle. Mais je n’aurais jamais pensé qu’elle partirait de cette façon », raconte la dame, qui surnommait affectueusement Noémie « son oiseau de nuit ».

Kathy Guay prévoit suivre la suite des procédures judiciaires du présumé meurtrier de sa fille et celui qui était son copain, Ali Mahadi Mahamat, accusé de meurtre au deuxième degré. « S’il y a un procès, c’est certain que je vais me déplacer à Montréal. J’ai des choses à lui dire », a affirmé la mère, qui connaissait assez bien l’accusé, puisqu’il avait passé quelques jours chez elle, il y a quelque temps.

« Ils se chicanaient beaucoup et j’étais un peu craintive pour ma fille, mais Noémie ne se laissait pas faire. Elle avait un fort caractère, comme sa mère », a laissé entendre Kathy Guay.

Le père de la victime, qui n’est plus en couple avec Mme Guay, a également été informé de la tragédie. Le grand-père, qui se trouvait au Mexique, doit également rentrer au pays.

Les funérailles devraient être organisées à Jonquière prochainement.

« Je dois toutefois attendre de parler avec le coroner et les enquêteurs pour savoir à quel moment les funérailles pourront avoir lieu », a ajouté Kathy Guay.