Manon Brouillette lors d'une assemblée annuelle de Québecor en mai 2017

La dirigeante de Vidéotron Manon Brouillette partira à la fin de l’année

MONTRÉAL - Après avoir piloté la croissance de Vidéotron au cours des cinq dernières années, Manon Brouillette quittera ses fonctions de présidente et chef de la direction de cette filiale de Québecor à la fin de l’exercice, le 31 décembre.

Mme Brouillette, qui occupé divers postes au cours de sa carrière de 14 ans au sein du conglomérat québécois, a évoqué mardi des raisons personnelles pour justifier son départ.

«Cette décision a été difficile à prendre, mais a été pleinement mûrie, a-t-elle écrit dans un courriel envoyé aux employés de l’entreprise que La Presse canadienne a pu consulter. Une réflexion qui s’est conclue avec le sentiment du devoir accompli.»

Mme Brouillette, qui compte solliciter un siège au conseil d’administration de Québecor l’an prochain, estime avoir la «certitude» que Vidéotron est «très bien positionnée pour faire face aux défis de l’avenir».

Les investisseurs n’ont pas été refroidis par l’annonce, puisque mardi avant-midi, à la Bourse de Toronto, l’action du conglomérat prenait 40 cents, ou 1,54 pour cent, pour se négocier à 26,35 $.

Dans l’immédiat, Québecor, qui n’a pas voulu commenter davantage la nouvelle, a indiqué que l’identité de la personne qui remplacera Mme Brouillette sera connue en «temps et lieu».

«Compte tenu de l’importante croissance de Vidéotron, nous considérons Mme Brouillette comme l’une des principales dirigeantes du secteur des télécommunications au Canada et nous estimons que son départ constitue une nouvelle négative pour l’entreprise», a écrit l’analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, dans une note envoyée à ses clients.

Mme Brouillette a été l’une des architectes du déploiement de la stratégie de Vidéotron - la locomotive de Québecor - dans le secteur de la téléphonie sans-fil.

À la fin du deuxième trimestre terminé le 30 juin, la filiale de Québecor comptait 1,07 million de lignes de téléphonie mobile, alors qu’à la fin de l’exercice 2013, l’entreprise comptait un peu plus de 503 000 clients.

Dans le marché québécois, où sont présents des géants comme BCE, Rogers Communications et Telus, Vidéotron détient une part de marché d’environ 16 pour cent.

Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, s’est montré surpris du départ de Mme Brouillette, soulignant toutefois dans une note que celle-ci ne quittait pas pour un concurrent et qu’elle devrait siéger au conseil d’administration.

L’analyste a également indiqué qu’un ou un successeur devrait avoir été identifié d’ici la fin de l’année.

«À l’exception du chef de la direction financière (Philippe Cloutier) qui s’est joint à l’entreprise il y a environ 18 mois, Mme Brouillette laissera derrière elle une solide équipe qui devrait pouvoir continuer à générer de la croissance dans les secteurs de la câblodistribution et du sans-fil», a écrit M. Shine.

Pour l’exercice 2017, la rémunération globale de la patronne de Vidéotron avait été de 4,77 millions $, un montant qui tenait compte d’un salaire de base de 810 000 $ ainsi que d’une prime annuelle de 1,12 million $.

Titulaire d’un baccalauréat en communication marketing de l’Université Laval, Mme Brouillette a également complété le programme exécutif de l’Ivey Business School de l’université Western Ontario.

En plus de siéger à divers conseils d’administration, son parcours de femme d’affaires a été souligné à plusieurs reprises, notamment par la Fédération des chambres de commerce du Québec.