Nicholas Lanciaux a perdu la vie sur la Ferme Melga de Dixville le 27 juillet 2019.
Nicholas Lanciaux a perdu la vie sur la Ferme Melga de Dixville le 27 juillet 2019.

La détection des gaz toxiques aurait pu sauver la vie de Nicholas Lanciaux

Une procédure adéquate pour entrer dans le silo incluant une détection des gaz toxiques sont deux éléments qui auraient pu prévenir la chute mortelle du copropriétaire de la Ferme Melga de Dixville.

Nicholas Lanciaux a perdu la vie dans des circonstances tragiques sur sa ferme le 27 juillet 2019.

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Selon le rapport de la CNESST rendu public mercredi, Nicholas Lanciaux se trouvait dans l’échelle menant au silo lorsqu’un témoin l’a vu ouvrir la porte menant à l’intérieur. Il a pris deux grandes inspirations avant de faire une chute mortelle de 21 mètres. Le décès de Nicholas Lanciaux a été constaté à l’hôpital où il a été transporté.

« Comme tous les accidents de travail, celui-ci aurait pu être évité. En ouvrant la porte du silo, les gaz présents à l’intérieur ont envahi les voies respiratoires du propriétaire de la ferme bloquant l’oxygène », explique l’inspecteur de la CNESST en Estrie, Sylvain Roy.

Les enquêteurs de la CNESSST ont identifié que l’arrivée de gaz asphyxiants lorsqu’il a ouvert la porte a provoqué sa perte de conscience puis sa chute. Ils ont aussi retenu que la procédure de ventiler le silo à l’aide d’un souffleur à fourrage était insuffisante pour assurer la sécurité avant d’entrer dans le silo.

« Une ventilation avait été faite de 30 à 60 minutes avant que le propriétaire de la ferme y monte. L’efficacité de cette ventilation n’avait pas été vérifiée avec un détecteur d’azote, de gaz carbonique et d’oxygène. Le silo était rempli à 70 pour cent de luzerne. L’espace libre était trop grand pour que la ventilation effectuée soit efficace », estime Sylvain Roy de la CNESST. 

La CNESST a exigé qu’une procédure d’entrée en espace clos soit mise en place à la ferme Melga. L’employeur avait mandaté une firme spécialisée afin de poursuivre les travaux en espace clos.

La CNESST mentionne que le respect d’une procédure en espace clos, soit le contrôle des énergies, la ventilation, la détection de gaz, la protection respiratoire et la protection contre les chutes, doit être mise en place. Elle rappelle que seule la détection des gaz permet de vérifier si la détection est efficace.

Nicholas Lanciaux devait niveler l’ensilage à l’aide d’une fourche lorsque cet accident est survenu à l’été 2019 sur le chemin Chamberlain.

« La victime aurait dû monter dans l’échelle avec un détecteur de gaz. Une technique d’ouverture sécuritaire de la porte pour vérifier la présence de gaz aurait dû être prévue. Dans ce cas-ci, la porte n’aurait jamais dû être ouverte. Le travailleur aurait dû immédiatement redescendre après avoir vérifié la présence des gaz », analyse Sylvain Roy.

La CNESST rappelle qu’un masque de protection respiratoire peut être utilisé lorsque l’entrée dans un silo est absolument nécessaire.

Entre 2014 et 2018 au Québec, 11 travailleurs agricoles sur des fermes enregistrés auprès de la CNESST, soit environ le tiers, ont été intoxiqués, dont deux ont perdu la vie. 

Les conclusions de l’enquête à la ferme Melga seront transmises à l’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’organisation agricole Les Producteurs de lait du Québec, à l’Association canadienne de sécurité agricole et dans les établissements de formation agricole.

Les fabricants et distributeurs de silos seront aussi informés des conclusions de l’enquête.