Dimanche matin, des représentantes de la Confédération des syndicats nationaux ont signalé que le secteur des services de garde éducatifs connaît des problèmes tant sur le plan de la relève que de la rétention des travailleuses, qui songeraient souvent à partir.

La CSN signale un manque de main-d’œuvre dans les services de garde éducatifs

Au tour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de signaler un manque de main-d’œuvre dans les services de garde éducatifs.

En conférence de presse dimanche matin, des représentantes de la Confédération des syndicats nationaux ont signalé que ce secteur connaît des problèmes tant sur le plan de la relève que de la rétention des travailleuses, qui songeraient souvent à partir.

Selon un sondage interne réalisé par la centrale syndicale auquel plus de 2700 de ses membres ont répondu, près d’une travailleuse sur quatre dans les centres de la petite enfance et dans les milieux familiaux régis et subventionnés souhaite partir à la retraite ou carrément quitter le métier d’ici deux ans.

Véronique De Sève, vice-présidente à la CSN, estime que le secteur «tend vers une pénurie». Elle pointe notamment du doigt la surcharge de travail.

«Même si on y croit et même si on les aime les enfants, les conditions de travail ne sont pas nécessairement gagnantes», a-t-elle fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Choix politiques»

Mme De Sève dénonce également les «choix politiques» du gouvernement caquiste, auquel elle reproche d’être allé de l’avant avec le déploiement des maternelles 4 ans pour assurer des services pourtant déjà fournis dans le réseau.

«Le gouvernement dit aux travailleuses qui sont en CPE depuis fort longtemps : “Ce que vous faisiez, ce n’est pas important, ce n’est pas qualifiant, ce n’est pas intéressant”», déplore-t-elle.

Elle estime que cette «dévalorisation» rebute des étudiants potentiellement intéressés par l’éducation à l’enfance. La CSN sonne l’alarme quant à une baisse de popularité de la formation collégiale de techniques d’éducation à l’enfance

Au printemps dernier, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) rapportait que la plus récente cohorte en techniques d’éducation à l’enfance (TEE) comptait 918 étudiants de moins que quatre ans plus tôt, lors de l’année scolaire 2014-2015. La présidente du syndicat, Valérie Grenon, avait alors elle aussi appelé le gouvernement caquiste à revaloriser cette profession, selon elle, mise à mal par les compressions budgétaires entamées sous Philippe Couillard.