Pour Pierre Bruneau, l’engagement remonte à 1979, quand son fils Charles, alors âgé de 3 ans et demi, a reçu un diagnostic de leucémie.

La belle surprise de Pierre Bruneau

Le lecteur de nouvelles Pierre Bruneau l’avoue bien candidement, il ne connaissait rien de l’organisme de bienfaisance Variety International avant que celui-ci ne décide de l’honorer en lui remettant jeudi, au Château Frontenac, son prestigieux prix humanitaire pour son travail depuis quatre décennies avec la Fondation Charles-Bruneau.

«Je ne les connaissais pas du tout, mais ils m’ont contacté pour me demander si je pouvais accepter un prix. J’ai demandé de quoi il s’agissait et j’ai compris que c’était un organisme américain qui s’était installé au Québec depuis trois ans», a avoué M. Bruneau en entrevue avec Le Soleil.

Il avoue avoir eu toute une surprise en s’informant sur les précédents lauréats du prix humanitaire. «Roger Moore en 2000, Jerry Lewis en 2002, et Simon Cowell en 2010... quand j’ai vu la liste de récipiendaires, je me suis dit que je ne me voyais pas du tout là-dedans!», a ajouté bien humblement celui qui est devenu au fil des années le visage du réseau TVA. «Mais Variety vient en aide aux enfants et ça se passe à coups de millions et de milliards. Ils amassent environ 40 millions $ chaque année avec leurs campagnes de financement, alors c’est un bel honneur que de recevoir ce prix, que j’accepte avec beaucoup d’humilité», a poursuivi M. Bruneau.

L’humoriste Yvon Deschamps et sa femme Judi Richards ont aussi été honorés jeudi pour leur important soutien philanthropique aux organisations caritatives au service des enfants, mais aussi pour leur générosité et leur engagement depuis plusieurs années. 

Engagement

Pour Pierre Bruneau, l’engagement remonte à 1979, quand son fils Charles, alors âgé de 3 ans et demi, a reçu un diagnostic de leucémie. Le courage du garçonnet qu’on pouvait voir dans des publicités avec le slogan désormais célèbre «Quand je serai grand, je serai guéri» avait ému le Québec en entier et son père a poursuivi le combat même après le décès de Charles en 1988. «C’est incroyable tout ce qu’on a réussi à faire. À l’époque, les chances de guérison de Charles étaient de 30 % pour la leucémie alors qu’on parle aujourd’hui davantage de 80 %!» souligne-t-il.

«On a réussi à faire de la Fondation Charles-Bruneau et des unités d’oncologie pédiatrique Charles-Bruneau quelque chose qui est présent partout, dans les quatre centres hospitaliers universitaires du Québec», indique-t-il avec fierté. Avec ses nombreuses activités de financement orientées autour des sports et de l’activité physique, la Fondation recueille annuellement entre 8 et 10 millions $.

Emploi parallèle 

«Pour moi, c’est devenu un job parallèle à temps plein. C’est un engagement que j’ai pris la dernière fois que je suis allé reconduire Charles... Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, mais j’y suis allé à fond, à plein régime. On réussit à amasser beaucoup d’argent, mais on pourrait avoir des demandes pour 12 millions $ par an», poursuit celui qui fêtera ses 67 ans cet été.

«L’énergie que je mets dans la Fondation, ça ne se perd pas, c’est comme ma passion pour mon métier. Au Québec aujourd’hui, on peut presque tous espérer vivre jusqu’à 100 ans et je ne veux pas passer les 33 prochaines années assis dans un fauteuil!» illustre-t-il.

«Et je vois encore que le rêve de Charles, «Quand je serai grand, je serai guéri», c’est aussi le rêve de tous les enfants traités pour un cancer. Je suis toujours touché par leur courage, leur détermination, leur résilience et je suis surpris par leur naïveté et leurs rêves. Et il y a tellement de belles histoires! Deux employés de la Fondation ont eux-mêmes vaincu un cancer alors qu’ils étaient enfants. Ce sont des histoires comme celles-là qui me donnent envie de continuer», termine le lauréat de 17 prix Artis.