Le président et chef de la direction de Maritime Launch Services, Stephen Matier (à gauche), a fait état d'un «sain scepticisme, mais de signes d'approbation et d'intérêt» de la part des résidants, affirmant que la construction pourrait s'amorcer avant la fin de l'année. Le projet prévoit de lancer jusqu'à huit fusées par année.

La base de lancement privée en Nouvelle-Écosse présente son examen environnemental

CANSO, N.-É. — La première base de lancement privée au Canada a soumis sa proposition à un examen environnemental, et attend désormais l'approbation du ministère de l'Environnement de la Nouvelle-Écosse pour amorcer la construction sur le site qui devrait lancer sa première fusée en 2021.

L'examen environnemental déposé cette semaine par l'entreprise Maritime Launch Services présente un relevé des espèces en danger, telles que les orignaux et les chauves-souris.

L'étude, préparée par la firme indépendante Strum Consulting, propose aussi des efforts d'atténuation des risques dans l'éventualité d'un déversement de carburant ou d'un échec de lancement, et évoque des consultations avec des groupes locaux qui pourraient être touchés par la construction ou la pollution potentiellement générée par les lancements de fusées.

La base de lancement Canso, située près de la localité de Canso dans l'est de la Nouvelle-Écosse, aura une superficie de 20 hectares et visera à attirer des firmes souhaitant placer des satellites en orbite à des fins commerciales.

Le site inclura un centre de contrôle, un secteur de lancement et des installations d'«intégration horizontale», où l'équipement sera préparé pour le lancement et où certains carburants seront stockés.

Huit fusées par année

Le président et chef de la direction de Maritime Launch Services, Stephen Matier, a fait état d'un «sain scepticisme, mais de signes d'approbation et d'intérêt» de la part des résidants, affirmant que la construction pourrait s'amorcer avant la fin de l'année. Le projet prévoit de lancer jusqu'à huit fusées par année.

Peter Duinker, professeur d'études environnementales à l'Université Dalhousie à Halifax, affirme que l'entreprise semble avoir mené un processus de consultation en profondeur.

M. Duinker estime tout de même que le public devrait continuer de poser des questions sur ce projet inusité de haute technologie.

«Les promoteurs ont fait un excellent travail de consultation, étant conscients qu'il s'agit de la façon d'aider les gens à réduire leur anxiété face à des éléments nouveaux - et (cette base de lancement) est tout à fait inusitée pour la Nouvelle-Écosse», a-t-il souligné.

La ministre provinciale de l'Environnement, Margaret Miller, doit rendre une décision sur le plan d'ici le 23 août, et le public est invité à commenter la proposition d'ici le 3 août.