Keven Melançon devra purger deux ans moins un jour de prison pour des crimes de pédophilie.
Keven Melançon devra purger deux ans moins un jour de prison pour des crimes de pédophilie.

Keven Melançon écope de deux ans moins un jour de prison pour avoir abusé sexuellement de deux enfants

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Keven Melançon, un individu de 29 ans de Shawinigan, vient d’être condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison pour avoir abusé sexuellement de deux enfants entre 2009 et 2013.

L’une des victimes n’avait que six ans quand les délits ont commencé. À plusieurs reprises au cours des cinq années qui ont suivi, Melançon s’est livré à des attouchements sexuels sur elle et l’a également incitée à avoir des contacts sexuels avec lui. On parle notamment de touchers, de fellations et de cunnilingus. À cette époque, Melançon était âgé de 18 à 22 ans. Il a admis une dizaine d’abus sexuels sur elle.

Au cours de la même période, soit entre 2009 et 2011, il s’en est pris au frère de la fillette alors que celui-ci avait 8 à 10 ans mais à une seule reprise, selon ce qui a été relaté devant le tribunal. Comme l’a précisé le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, il lui a appris à se masturber.

Pour les victimes, les conséquences de ces abus sexuels ont cependant été majeures. Le jeune homme a notamment raconté avoir souffert d’un trouble anxieux généralisé. «J’ai fait une dépression et une tentative de suicide. Ma confiance a aussi été atteinte. Je me suis mis à consommer pour oublier tout ça même si je sais, aujourd’hui, que ce n’était pas la chose à faire», a-t-il raconté.

Sa sœur s’est également jetée dans la drogue. Les abus sexuels lui ont fait perdre son estime de soi et elle a développé un dégoût pour les hommes. «Je n’ai pas de père et je n’en voudrais pas», a-t-elle laissé tomber.

C’est d’ailleurs elle qui a porté plainte aux policiers. Elle a verbalisé pour la toute première fois les abus dont elle avait été victime à l’école pour ensuite dénoncer son agresseur aux autorités policières. «J’ai souvent mis tout ça sur mon dos jusqu’au jour où j’ai compris que je devais arrêter de me jeter le blâme et qu’il devait payer pour ce qu’il avait fait», a-t-elle expliqué.

Keven Melançon a d’ailleurs plaidé coupable aux chefs de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels portés contre lui. De retour au palais de justice de Shawinigan lundi, les avocats ont suggéré au tribunal l’imposition d’une peine de deux ans moins un jour de prison assortie d’une probation de deux ans afin de l’encadrer le plus longtemps possible.

Dans sa plaidoirie, Me Brin a expliqué avoir tenu compte de plusieurs éléments, notamment les rapports présentenciel et sexologique. Keven Melançon souffre notamment de distorsions cognitives, d’un trouble de l’attachement, ses capacités de remise en question sont restreintes et il a de la difficulté à s’attribuer une responsabilité criminelle. Dans les circonstances, le risque de récidive est considéré comme modéré à élevé mais le prévenu est ouvert à l’idée de s’investir dans une thérapie.

Son avocat, Me Alain Blanchard, a d’ailleurs mentionné que son client avait également subi beaucoup de rejet et d’intimidation dans sa jeunesse en raison de son bégaiement entre autres. Il a toutefois insisté sur le fait qu’il avait collaboré avec les autorités policières dès le début, qu’il n’a aucun antécédent judiciaire et qu’il regrette ses gestes.

Par contre, la sentence doit tenir compte aussi des facteurs aggravants tels que la nature des crimes, leur fréquence, l’âge des victimes et l’abus de confiance.

En ce sens, la proposition de deux ans moins un jour a été considérée comme une peine appropriée par le juge David Bouchard. Melançon devra ensuite respecter une probation pendant deux ans et se soumettre à toute thérapie jugée nécessaire par son agent de probation en lien avec la sexualité afin de diminuer le risque de récidive. Tout contact avec les victimes lui sera évidemment interdit. De même, pendant dix ans, il ne pourra pas se trouver dans un endroit public comme des parcs et terrains d’école ni occuper un emploi auprès des jeunes. Enfin, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Les victimes se sont dites satisfaites de la sentence. «C’est une page qui se tourne. Qu’il prenne un an ou plus, peu importe, l’important est qu’il a pris ce qu’il mérite. C’est déjà ça», a répondu l’un d’eux. «Il mérite ce qu’il a eu mais j’ai de la misère à croire que cela a fini par finir», ajoute de son côté sa sœur. Par contre, leur mère est insatisfaite. « Il y a une justice, c’est déjà ça. Il aurait pu s’en sortir avec rien. Non, ce n’est jamais assez comme sentence mais nous allons pouvoir tourner la page tout en espérant qu’il n’a pas fait d’autres victimes», a-t-elle conclu.

Or, Keven Melançon n’en a pas fini avec la justice puisqu’il devra subir un procès en mars en lien avec des accusations d’abus sexuels sur une autre jeune fille.