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Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, en compagnie de Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echaquan.
Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, en compagnie de Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echaquan.

«Justice pour Joyce»: 2000 personnes dans les rues de Trois-Rivières [VIDÉO]

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
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En cette dernière journée des audiences de l’enquête du coroner sur la mort de Joyce Echaquan, près de 2000 personnes, autochtones et allochtones, ont marché dans les rues de Trois-Rivières en scandant «Justice pour Joyce».

«C’est de l’énergie pour nous», a avoué Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echaquan en voyant autant de personnes réunies devant le palais de justice de Trois-Rivières. 

«J’aime le soutien que nous avons et j’ai découvert un endroit qui est accueillant pour toute ma famille et ma belle famille. […] Merci pour tout le soutien des autochtones et des allochtones que je vis. J’ai espoir qu’on va aller sur le bon chemin.»

Des membres et des chefs de nations autochtones d’un peu partout au Québec ont pris part à cette grande marche entre le parc Jean-Béliveau et le parc portuaire, en passant par le palais de justice. Des écoles des communautés autochtones étaient même fermées pour permettre à toutes les générations d’être présentes.

Des membres de la famille de Joyce Echaquan ouvraient la marche avec des danseurs traditionnels et étaient suivis par toutes les femmes autochtones présentes pour montrer qu’elles se tiennent solidairement debout contre les abus et le racisme.

«Ce n’est qu’un début. J’ai vu qu’il y a des changements et j’ai espoir en voyant les jeunes», a poursuivi le conjoint de Joyce Echaquan. 

«Des enfants d’écoles primaires m’écrivent plusieurs lettres. Des fois je souris, des fois je pleure, mais je les remercie.»

Carol Dubé, conjoint de Joyce Echaquan.

Lors de l’arrivée du cortège au palais de justice de Trois-Rivières où avait lieu l’enquête du coroner, près de 300 personnes les attendaient sur les lieux. Des chants et danses traditionnelles ont alors été entrepris, avant de poursuivre la marche vers le parc portuaire. 

«Nous sommes ici pour Joyce. On ne doit jamais oublier le sacrifice qu’elle a posé quelques minutes avant sa mort», a affirmé Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. 

«Sans son geste, il n’y aurait pas actuellement toute l’attention portée sur la question de la relation entre le réseau québécois en santé et les membres de nos communautés. Joliette n’est pas un cas isolé, ça va prendre un coup de barre solide de la part du gouvernement du Québec. Nos membres, qui ont droit de recevoir les services de santé comme tous les autres Québécois, doivent se sentir en sécurité dans ces services.»

Des chants et des danses traditionnelles se sont déroulés devant le palais de justice de Trois-Rivières.

Ces 2000 personnes se sont réunies pour que justice soit rendue pour Joyce Echaquan, mais aussi pour que les relations entre les peuples du Québec s’améliorent, estime le grand chef du conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish. 

«Ça fait du bien de voir autant de personnes. Des gens veulent que ça change positivement. C’est fait pacifiquement et dans l’ordre», a-t-il affirmé. 

Près de 2000 personnes se sont rassemblées en scandant «Justice pour Joyce».

«On souhaite que les Québécoises et Québécois comprennent que nous ne sommes pas bien avec cette situation, autant nous autochtones que les non autochtones. Alors maintenant, travaillons dans le sens que les choses puissent changer positivement et que nos enfants puissent vivre dans une société où ils se sentent bien malgré leurs différences et leur identité propre.»

Des enfants, des femmes et des hommes de plusieurs Premières Nations ont fait la route jusqu’à Trois-Rivières. Mélanie Napartuk et Christine Jean étaient parmi eux. 

«Je trouve ça triste de faire des marches pour ce qui est arrivé… c’est un événement tellement triste. Mais je suis contente d’être ici avec toutes les autres nations. C’est un grand moment et j’espère que ça va conscientiser les gens», a confié Christine Jean, la directrice générale du Centre de réadaptation Wapan à La Tuque. 

Moment de recueillement

«C’était un incontournable d’être là et c’était nécessaire que tout le monde prenne le temps de reconnaître ce qui s’est passé et de donner son appui à Joyce, à sa famille, à la communauté de Manawan et aux Atikamekws», a ajouté pour sa part Mélanie Napartuk. 

«Je trouve ça horrible qu’on doivent se rassembler pour ces raisons, mais c’est nécessaire pour qu’on puisse avancer. Juste reconnaître qu’il y a quelque chose dans le système de santé qui n’est pas correct. C’est le temps que le peuple invisible devienne visible. C’est ça qui se passe aujourd’hui.»

Des élus trifluviens, dont le maire Jean Lamarche, ainsi que la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé, ont participé à la marche.

«De permettre à Trois-Rivières d’avoir son image de ville inclusive et accueillante, je pense que là-dessus, si j’ai un peu de gratitude à avoir envers Joyce Echaquan puis envers le peuple atikamekw aujourd’hui, c’est un peu à cause de ça. Trois-Rivières a besoin de tout le monde, Trois-Rivières est la ville de tout le monde», a mentionné le maire de Trois-Rivières qui avait répondu à l’invitation de Constant Awashish.

Marche de solidarité à La Tuque

En début de soirée, c’est à La Tuque que les gens ont souligné la mémoire de Joyce Echaquan. Près d’une centaine de personnes ont marché autour du lac Saint-Louis en guise de solidarité avec la famille et toute la communauté atikamekw.

«Ça touche tout le monde, le Québec, le Canada… tout le monde veut démontrer leur solidarité. De faire des actions plus localement, ça permet de ne pas oublier ce qui est arrivé», a souligné Laurianne Petiquay, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT) qui a également participé à la marche du côté de Trois-Rivières. 

«C’est une journée importante après quatre semaines d’audiences et d’enquête. […] Il y a une prise de conscience importante qui se fait en ce moment.»

Avec la collaboration d'Audrey Tremblay

Une marche de solidarité a eu lieu à La Tuque.