L’offre finale a été soumise aux travailleurs par la haute direction de l’ABI le 26 juin, après près de 18 mois de conflit,

Jour J à l’ABI

Trois-Rivières — C’est mardi matin que les travailleurs de l’ABI se prononceront sur l’offre finale et globale déposée par la haute direction de l’Aluminerie de Bécancour la semaine dernière.

Vers 9 h, les travailleurs et travailleuses seront appelés à se prononcer sur cette offre qui, rappelons-le, n’aurait pas reçu l’appui de l’exécutif de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos. Ce dernier recommanderait effectivement le refus de l’offre aux travailleurs parce qu’elle n’aurait pas été négociée entre les parties, mais bien décidée par la direction de l’entreprise.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, n’est pas en faveur de la recommandation faite par l’exécutif syndical. Selon lui, il est inacceptable pour un syndicat de tenter d’influencer les travailleurs à prendre une décision dans un contexte de cette importance. «Ce sont les travailleurs qui devraient prendre leur propre décision sans recevoir les conseils de qui que ce soit. Ce vote pour déterminer l’avenir de l’entreprise ne concerne qu’eux et je n’aime pas que la partie syndicale tente de leur dicter quoi faire», croit-il.

Selon le professeur en relations de travail à l’UQTR, Jean-Claude Bernatchez, le vote devrait être plus serré que les précédents en raison de la durée du conflit qui commence de plus en plus à faire mal à certains travailleurs. «Ceux qui ne peuvent plus pallier aux inconvénients qu’occasionne le lock-out n’auraient d’autre choix que de voter en faveur de l’offre finale» mentionne-t-il.

La bataille n’en est peut-être pas à son dernier chapitre

L’offre finale qui a été déposée par la partie patronale a pour but de mettre fin à ce conflit.

Dans le cas d’un rejet de la proposition, la haute direction de l’entreprise procédera à la fermeture des cuves restantes et, vraisemblablement, pour longtemps.

Cependant, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, assure qu’il ne baissera pas les bras et qu’il examinera toutes les options qui pourraient permettre au conflit de se terminer sur une bonne note. Parmi ces options, on retrouve le recours possible à l’article 58.2 du Code du travail. Ce dernier donne le droit à l’employeur de se rendre au Tribunal administratif pour provoquer la tenue d’une assemblée dans un environnement contrôlé au cours de laquelle les travailleurs pourraient se prononcer sur ses différentes offres.

Silence radio pour la partie syndicale

Il est à noter que le Syndicat des Métallos, quant à lui, a préféré n’émettre aucun commentaire aux médias en amont de l’assemblée générale pour que ses membres soient les premiers consultés. C’est également pour cette raison que l’assemblée générale se déroulera à huis clos.

Les échos de l’assemblée ne sont d’ailleurs pas attendus avant mardi après-midi alors que le président de la section locale 9700 du syndicat, Clément Masse, s’adressera aux médias au terme de la rencontre.

Les 1030 travailleurs sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018 et négocient avec la partie patronale selon trois principaux enjeux, soit le régime de retraite, le salaire ainsi que le respect de l’ancienneté sur les changements de main-d’œuvre. La compagnie représente à elle seule 20 % des recettes fiscales de la municipalité de Bécancour.