Claude Belleau, Jean Perrault, Michel Lafleur, Louis-Éric Allard, Marilyn Perron, François Fouquet, Jacynthe Nadeau, Isabelle Pion, Mélanie Noël et Anny-Lyne Thibodeau, René Béliveau et Daniel Paris (absent) forment le premier CA de La Tribune.
Claude Belleau, Jean Perrault, Michel Lafleur, Louis-Éric Allard, Marilyn Perron, François Fouquet, Jacynthe Nadeau, Isabelle Pion, Mélanie Noël et Anny-Lyne Thibodeau, René Béliveau et Daniel Paris (absent) forment le premier CA de La Tribune.

Jour historique à La Tribune [VIDÉO]

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
La coopérative de solidarité La Tribune prend vie. Présidé par l’ancien maire de Sherbrooke Jean Perrault, le tout premier conseil d’administration (CA) du quotidien est composé de douze administrateurs, huit employés et quatre membres de soutien.

Les employés Anny-Lyne Thibodeau, Daniel Paris, René Béliveau, Marilyn Perron Louis-Éric Allard, Isabelle Pion, Mélanie Noël, Jacynthe Nadeau et les membres de soutien Michel Lafleur, François Fouquet, Claude Belleau, composent le CA. Le mandat du directeur général Maurice Cloutier a quant à lui été renouvelé pour un an. Mme Noël sera trésorière, Mme Pion secrétaire et M. Lafleur assurera le titre de vice-président. 

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Mme Noël a avoué être émue après la première réunion du CA. « C’est une journée historique et on en mesure bien l’importance », insiste-t-elle. 

La journaliste affectée aux affaires économiques a beaucoup travaillé depuis le mois d’août, moment où le Groupe Capitales Médias s’est placé à l’abri de ses créanciers. Siégeant au comité provisoire, Mme Noël se réjouit d’avoir été élue par ses pairs. « C’est une marque de confiance. C’est un merci. C’était très harmonieux. Il y a eu beaucoup de candidatures, qui étaient toutes très belles. Plein de gens sont motivés à coopérer, on va utiliser les talents de chacun pour continuer à travailler ensemble et pour faire vivre cette Tribune », mentionne-t-elle, souhaitant voir son journal vivre pour 110 autres années. 

Quelles sont les priorités du CA? « On a parlé du dossier de la relocalisation qu’on va étudier dans les prochains jours, répond Mme Noël. C’est assez urgent, car le local qu’on occupe actuellement est cinq fois trop grand, considérant nos nouveaux besoins. L’entreprise ne fera plus d’impression elle-même. Le plan d’affaires sera urgent à monter pour présenter à tous les gens qui nous ont démontré de l’intérêt à nous prêter de l’argent sous condition de voir le plan d’affaires. Avec Noël qui arrive et le fait qu’on sera autonome au mois de janvier, ça va arriver très vite », reprend-elle, qualifiant la charge de travail qui s’en vient de « très motivante ». 

Jean Perrault

Jean Perrault avait sensiblement le même discours. « La décision reste à être prise, mais je ne pense pas que La Tribune soit sur la rue Roy, à moins qu’on ait une offre intéressante du propriétaire actuel. Je suis plus encouragé à aller sur la rue King ou Belvédère au centre-ville. C’est un vrai virage que le journal est en train de faire », dit-il, avouant être emballé. 

Il y a 20 ans, alors que Jean Perrault était maire de Sherbrooke, peu de gens auraient pu prédire que le politicien allait se retrouver aux commandes du CA du journal, lui qui a été critiqué à plusieurs reprises. 

« Quand vous êtes un élu, la critique, c’est normal, assure celui qui a laissé son poste de maire en 2009. Ça m’a renforcé, ça m’a amené à penser autrement. Avec les membres du conseil, on savait que La Tribune savait ce qu’on faisait. »

« Ce qui est important, c’est que les gens soient intéressés à protéger les valeurs intellectuelles du journalisme, exprime M. Perrault. [...] On ne peut pas se permettre de ne pas avoir de journal La Tribune en Estrie. »

Maurice Cloutier se rappelle qu’il y a quelques années à peine, les employés du journal « étaient là pour surveiller ses déclarations et pour réagir aux annonces et aux positions que M. Perrault prenait à l’époque ». 

« Aujourd’hui, maintenant qu’il est retraité, qu’il soit là pour nous faire bénéficier de son expérience et de son réseau de contacts pour la naissance de notre coopérative, c’est un atout pour toute l’équipe », assure le directeur général.  

Il reste cependant bien du pain sur la planche d’ici le 18 décembre, une autre date importante pour le quotidien. « Il faut renouveler l’ensemble des conventions collectives, il faut que l’assemblée des créanciers accepte le plan d’arrangements et que le juge prenne acte que toutes les conditions de la transaction ont été remplies par les nouveaux acquéreurs », résume M. Cloutier.