Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a lancé son plan d’action pour la main-d’oeuvre à Trois-Rivières.

Jean Boulet lance son plan d’action pour la main-d’oeuvre: «On a tous un rôle à jouer»

Trois-Rivières — Alors que le nombre de postes vacants au deuxième trimestre de 2019 a atteint un niveau record de plus de 140 000, soit un bond de 21 % en un an, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a lancé officiellement lundi son plan d’action pour faire face au phénomène de la rareté de la main-d’oeuvre ainsi que deux nouvelles initiatives qui s’y retrouvent: le Chantier des compétences et Objectif productivité.

Il a aussi profité de cette conférence de presse tenue à Trois-Rivières en présence de nombreux intervenants pour annoncer une nouvelle mesure de près de sept millions de dollars destinée aux travailleurs expérimentés ainsi que la réaffectation de 22 ressources à des postes de conseillers aux entreprises dans les bureaux de Services Québec.

«On a tous un rôle à jouer», a déclaré celui qui vient de compléter sa grande tournée des régions.

Le ministre régional a présenté son Plan d’action pour la main-d’oeuvre (PAMO) comme un plan de match évolutif, constitué de l’ensemble des mesures structurantes liées à l’emploi annoncées à ce jour ainsi que des mesures qui s’ajouteront dans les prochains mois pour répondre aux besoins réels du marché du travail.

Ainsi, en 2019-2020, des investissements de 830 millions de dollars sont actuellement prévus pour les services publics d’emploi aux individus et de 137 millions pour les services aux entreprises. Et 45,2 millions de dollars sont dédiés à la formation continue et issus des programmes du Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre, qui est sous la responsabilité de la Commission des partenaires du marché du travail.

«Les mesures offertes sont maintenant recensées dans une section du site Internet du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Les travailleurs, chercheurs d’emploi et employeurs peuvent y trouver des solutions concrètes à leurs besoins, grâce à une approche dynamique. La section est bonifiée avec l’ajout de nouvelles mesures», a-t-il expliqué.

Afin de mobiliser tous les acteurs du marché du travail, le ministre a mis en œuvre trois initiatives qui façonnent le PAMO : la Grande corvée 2.0, Objectif productivité et le Chantier des compétences.

Dans ce dernier cas, de l’information sera diffusée afin d’encourager les jeunes et les personnes sans emploi à s’orienter vers les métiers et professions d’avenir, notamment vers trois grandes familles où les besoins de main-d’œuvre sont importants, soit les technologies de l’information, la santé et le secteur de la gestion, des finances et de l’administration. «53 % des Québécois ont un faible niveau de littératie», a souligné M. Boulet.

Pour adapter les compétences aux nouvelles réalités du marché du travail, il est prévu de mettre de l’avant la formation continue, notamment en offrant des formations permettant aux travailleurs d’être formés tout en étant rémunérés.

Déjà en action en ce sens, le ministre indique que les engagements financiers de son ministère ont augmenté de 31 millions de dollars en 2019-2020 pour soutenir les entreprises souhaitant former leur personnel. Ainsi, ce sont plus de 100 millions qui devraient être investis pour l’année en cours à cette fin.

Par ailleurs, Jean Boulet a annoncé la mise en œuvre de l’initiative Objectif productivité, qui vise à soutenir l’adaptation des milieux de travail et l’accès à la formation nécessaire pour augmenter la productivité au Québec, afin notamment de compenser la rareté de la main-d’œuvre par une utilisation accrue des nouvelles technologies au sein des entreprises.

Et par rapport à l’un des groupes sous-représentés sur le marché du travail, les travailleurs expérimentés, le ministre régional a annoncé des investissements de près de sept millions de dollars sur cinq ans pour un nouveau programme de subvention salariale qui soutiendra les entreprises qui embauchent des travailleurs expérimentés à temps partiel.

«Ainsi, les employeurs pourront obtenir une subvention pouvant atteindre 50 % du salaire versé, sans excéder le salaire minimum, pendant un maximum de 52 semaines. Cette annonce répond aux besoins exprimés sur le terrain de voir les travailleurs expérimentés prolonger leur carrière ou réintégrer le marché du travail», précise M. Boulet.

Finalement, pour poursuivre les efforts faits par les 220 conseillers aux entreprises de Services Québec dans le cadre de la Grande corvée, le ministre a procédé à la réaffectation de 22 ressources, ce qui permettra de renforcer ses effectifs. «Ceci représente une augmentation de 10 % du nombre de conseillers aux entreprises, pour un total de 242», a-t-il conclu.