Malgré la fiche négative de 12-16-0-1, Patrick Roy n’a pas perdu confiance à sa troupe. À ses yeux, les siens ont mieux joué, dernièrement, même si les résultats ne le démontrent pas.

«Je n’ai pas fait ma job»: Patrick Roy prend le blâme pour les insuccès des Remparts

Avec seulement quatre victoires à leurs 19 derniers matchs, les Remparts de Québec sont enlisés dans une mauvaise séquence depuis près de deux mois. L’heure était à l’examen de conscience, mardi matin, et tout en menant rondement une séance d’entraînement ponctuée de quelques monologues, l’entraîneur-chef Patrick Roy s’est aussi regardé dans le miroir.

Roy a admis qu’il était fâché par les insuccès de l’équipe. Il prenait cependant une grande part du blâme pour expliquer cette période difficile.

«Je suis fâché, pis je suis fâché contre moi ! Je n’ai pas fait ma job. C’est moi qui dois se tenir debout. La culture des Remparts est importante, où chaque jour, on embarque sur la glace et on travaille. Ce n’est pas de leur faute, c’est de la mienne, je les ai laissés aller. J’ai laissé glisser les choses au niveau de l’éthique et de la culture», disait-il dans un point presse où il ne s’est pas défilé.

Les Remparts n’ont gagné qu’une fois à leurs 11 derniers matchs. Il l’a d’ailleurs fait remarquer à ses joueurs en interrompant un exercice où les passes ratées se multipliaient.

«Il y a une chose qui doit venir des joueurs, c’est la concentration. Si je sens que l’éthique de travail n’est pas là, c’est à moi de ramener ça. À un moment donné, il faut mettre son pied à terre. Quand je vois qu’on rate six ou sept passes en début de pratique, je ne peux pas laisser aller ça. Je dois leur expliquer qu’il faut être prêt quand on vient s’entraîner. Je suis responsable de m’assurer que ces gras-là travaillent et suivent ce dont je suis à la recherche. Je me suis excusé auprès d’eux, parce qu’à quelque part, je n’ai pas joué le rôle que j’aurais dû jouer. Ce ne sont pas toujours les joueurs qui sont responsables, il faut se regarder, les coachs», ajoutait-il à propos de l’entraînement tenu dans une atmosphère plus lourde qu’à l’habitude.

Confiance

Malgré la fiche négative de 12-16-0-1 qui place les Remparts au huitième rang de la conférence de l’Est, l’entraîneur-chef n’a pas perdu confiance à sa troupe. À ses yeux, les siens ont mieux joué, dernièrement, même si les résultats ne le démontrent pas.

«J’ai un bon groupe entre les mains, ils vont embarquer dans ce que je veux faire, je ne suis pas inquiet. On veut des gars qui vont jouer pour le logo, qui vont travailler et qui seront dédiés à la cause de l’équipe. Mais il n’y a pas d’avantages à ne pas travailler dans une pratique. Quand on laisse les mauvaises habitudes embarquer, qu’est-ce que tu penses qu’il va arriver ? La prochaine étape, ce sera dans les matchs et c’est un peu le reflet de ce qui se passe pour nous.»

Roy sait qu’il dirige des jeunes de 16 à 20 ans, un groupe d’âge qui a besoin d’encadrement et d’encouragement. Mais cette même élite peut aussi se faire dire ses quatre vérités.

«Le talent, c’est le talent, j’ai compris qu’on ne pouvait pas demander à un joueur de faire ce qu’il n’est pas capable de faire. Mais où je peux tracer la ligne, c’est dans l’effort, dans la concentration.»

Il avait une pensée pour les amateurs, qui supportent l’équipe malgré les défaites qui s’accumulent après un fort début de saison, où les Remparts avaient gagné huit fois dans leurs 10 premiers matchs.

«On a des fans incroyables, ils méritent plus de ma part que ce je leur ai offert. Ça me fait de la peine quand je vois nos assistances baissées, c’est un «wake-up» [réveil] pour moi aussi, je dois faire ma job, je dois être meilleur.»

Après trois défaites d’affilée, les Remparts tenteront de retrouver le chemin de la victoire, mercredi à Drummondville, contre les Voltigeurs.

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DESPATIE VEUT MONTRER QU'IL A SA PLACE DANS LA LHJMQ

Même si Patrick Roy songe encore à retourner Émerik Despatie dans le midget AAA à la pause des fêtes, il accorde encore un peu de temps au jeune gardien de lui montrer ce qu’il peut faire.

Après le match, dimanche, l’entraîneur-chef a surpris la galerie en disant qu’il songeait à le rétrograder, histoire de ne pas le brûler, de le protéger et lui permettre de retrouver sa confiance.

«Quand j’ai vu ça dans les médias, ça m’a fait un choc. Il m’a dit que je pouvais me reprendre et je vais essayer de le faire dans les prochaines pratiques», confiait Despatie.

Le jeune homme n’a pas été laissé à lui-même, depuis. Lors de son entrevue, mardi, des vétérans étaient à l’écoute de la période de questions et réponses, en guise de soutien.

«Depuis mon match contre Baie-Comeau [défaite de 9-3], où j’ai laissé passer plusieurs buts, ça m’a un peu découragé et ça ne va pas toujours bien dans les pratiques. Je dois me reprendre en main pour rester dans l’équipe», ajoutait-il.

Roy a eu une bonne discussion avec le numéro 30. Il lui a expliqué que le rôle d’un gardien auxiliaire était de pousser dans le dos du numéro 1, surtout lorsque ce dernier traverse une période difficile.

«J’ai toujours pensé que le travail du deuxième était de forcer l’autre à être meilleur. C’est un peu comme [Keith] Kinkaid, les gens disent que ce n’est pas lui le problème du Canadien. Non, ce n’est pas lui, mais il peut faire partie de la solution. S’il ne challenge pas [Carey] Price et qu’il n’est pas capable de gagner un match lorsqu’il est devant le filet, il ne fait pas sa job. J’ai expliqué à Émerik que s’il ne pouvait pas challenger Pag [Anthony Pagliarulo], il ne peut pas être le deuxième gardien avec nous», racontait Roy.

Mais l’entraîneur-chef donne encore une chance à Despatie. «Je lui ai dit qu’il avait de 10 à 14 jours pour me démontrer qu’il peut le faire .Je regarde dans cette direction, c’était important qu’il le sache, mais il n’y a que les fous qui ne change pas d’idée.»