Joël Lussier-Demers a plaidé coupable et a assuré au juge Conrad Chapdelaine qu’il regrettait amèrement ses gestes.

Huit ans de prison pour l’agression armée sur la rue Évangéline

Une importante peine de huit ans de prison a été ordonnée contre Joël Lussier-Demers qui avait tiré sur un vendeur de drogue sur la rue Évangeline à Sherbrooke en août dernier.

La victime dans cette affaire a été atteinte d’un projectile d’arme à feu à l’estomac lors d’une altercation avec Lussier-Demers.

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C’est une affaire de stupéfiants qui serait à l’origine de cette agression armée.

L’homme était ciblé et un guet-apens a été monté contre lui afin de faciliter la commission de ce crime survenu vers 20 h 50 le 14 août dernier dans le quartier centre-sud.

Chandail polo noir et mains liées par des menottes, Lussier-Demers a plaidé coupable, lundi, aux accusations de vol qualifié en utilisant une arme à feu prohibée, de port de déguisement et de possession d’une arme à feu à autorisation restreinte chargée, d’avoir déchargé une arme à feu et de voies de fait graves.

« Oui je plaide coupable », a mentionné Lussier-Demers devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

Lussier-Demers avait pris rendez-vous pour commander de la drogue auprès de celui qui allait devenir la victime dans cette affaire. L’homme de 46 ans s’est rendu à vélo au point de rencontre, puis s’est promené dans le stationnement d’un immeuble de la rue Évangéline. Joël Lussier-Demers s’est présenté avec le visage couvert puis il a pointé un fusil.

« C’est dans le cadre d’une altercation pour le déposséder de son argent et de la drogue qu’il avait sur lui que les événements se sont déroulés », a expliqué au tribunal l’avocat de la défense Me Patrick Fréchette.

Tiré à l’estomac

La victime a tenté de désarmer Lussier-Demers, mais ce dernier a tiré directement la victime à l’estomac.

La procureure aux poursuites criminelles Me Véronique Gingras-Gauthier a expliqué que la victime ne pourra vraisemblablement pas travailler au cours des deux prochaines années.

« J’ai parlé à la victime. Il a été hospitalisé pour un total d’un mois. Il a été opéré trois fois. Il a perdu un rein, un poumon et une partie de son intestin. Son espérance de vie est réduite de 10 à 15 ans selon les médecins », a expliqué Me Gingras-Gauthier.

C’est le lendemain du crime que Lussier-Demers s’est livré aux policiers.

« Mon client a offert une collaboration aux policiers. La seule raison pourquoi le dossier a été reporté, c’était pour obtenir des expertises. Il plaide coupable rapidement », a expliqué l’avocat de la défense.

Joël Lussier-Demers était en liberté illégale d’une peine de détention de 27 mois qui devait se terminer en avril 2020.

« La peine tient compte des impacts pour la victime et de la collaboration de l’accusé », a mentionné Me Gingras-Gauthier.

« Je regrette amèrement mes gestes. Je vais tout faire pour ne plus recommencer », a indiqué l’homme de 26 ans avant d’être condamné à cette longue peine de prison.

Le juge Chapdelaine a entériné la suggestion commune des avocats au dossier.

« Ce n’est pas une peine légère qui m’est proposée. C’est une peine à la mesure du crime commis et de vos antécédents judiciaires. Vous commettez une infraction impliquant une arme à feu alors que vous étiez en libération conditionnelle. C’est assez inquiétant pour la sécurité de la société. Vous êtes encore jeune. Espérons que lors de cette longue peine d’incarcération, vous allez trouver les moyens pour ne plus commettre de semblables délits », signale le juge Chapdelaine.