Après avoir reçu un test positif au nouveau coronavirus, Hugo Houle a passé deux autres examens qui se sont avérés négatifs. Des tests plus poussés ont confirmé qu’il n’a jamais contracté la COVID-19.
Après avoir reçu un test positif au nouveau coronavirus, Hugo Houle a passé deux autres examens qui se sont avérés négatifs. Des tests plus poussés ont confirmé qu’il n’a jamais contracté la COVID-19.

Hugo Houle ira au Tour de France: «J'ai fait le plein d'énergie»

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le cycliste de Sainte-Perpétue Hugo Houle n'a pas annoncé une, mais deux bonnes nouvelles sur ses réseaux sociaux. Non seulement son test à la COVID-19 s'est-il finalement avéré négatif, il prendra aussi le départ du Tour de France, à Nice le 29 août.

L'équipe Astana a confirmé le tout lundi matin. Pour le Québécois, il s'agit d'une deuxième présence de suite à la Grande Boucle. Un revirement de situation inattendu et spectaculaire, digne d'une victoire à la photo d'arrivée! 

«C'est une bonne année pour moi! Je suis en forme et ils sont satisfaits de mes performances. J'arriverai reposé», a-t-il affirmé, au moment de rappeler Le Nouvelliste.

Houle accompagnera ses coéquipiers, avec en tête Miguel Angel Lopez Moreno, Alexey Lutsenko, Luis Leon Sanchez, Ion et Gorka Izagirre, Omar Fraile ainsi que Harold Tejada.

Un faux diagnostic?

Force est d'admettre que les choses ont basculé rapidement pour lui depuis quelques jours. L'athlète de 29 ans a été déclaré positif à la COVID-19 la semaine dernière, après avoir pris part au Tour de Pologne. Il se préparait pour le Tour de Lombardie. 

Ne ressentant aucun symptôme lié à la maladie, il avait été forcé de retourner chez lui, à Monaco, en espérant pouvoir revenir sur la ligne de départ en vue du Giro d'Italie, plus tard cet automne. Surtout, il se questionnait sur le moment où il aurait pu attraper le virus. Un mélange de frustration et d'incompréhension l'habitait, sans compter les regards «bizarres» des gens autour de lui.

«Le test de l'écouvillon dans le nez, je l'ai subi huit ou neuf fois depuis la fin du mois de juillet. Le 11 août, j'ai eu un retour indiquant que j'étais positif à la COVID», explique celui qui a donc dû faire une croix sur le Tour de Lombardie, où son coéquipier et ami Jakob Fuglsang s'est imposé.

«Six jours plus tard, je repassais un test, négatif celui-là. Vendredi passé, un autre: encore négatif.»

Appuyé par Astana, Hugo Houle a ensuite passé un test sérologique (bilan sanguin complet). «On n'a pas trouvé d'anticorps reliés à la COVID-19. Bref, je ne l'ai jamais eue.»

Un cardiologue l'a examiné: électrocardiogramme, test d'effort Vo2 max, échographie. Rien. «Tout est parfaitement normal, je suis en bonne santé. Je me suis plié à la batterie d'examens que nous faisons chaque année, pour m'assurer que tout est correct. C'est le cas. Fin de l'histoire! Je suis prêt pour le Tour.»

Houle n'est pas le seul cycliste sur la scène internationale à avoir été confronté à ce qui a les apparences d'un faux diagnostic. Chez les dames, Inge van der Heijden a dû s'absenter de la compétition pour un temps, après avoir été déclaré positive à la COVID-19. Comme Houle, elle a ensuite enchaîné les tests négatifs. 

Ailleurs dans le monde du sport, des irrégularités sont recensées au sein de clubs de la NFL, pendant les camps d'entraînement, apprenait-on en début de semaine.

«Comment justifier ça? Je l'ignore. Je remercie Astana, ils ont fait du gros travail pour m'aider. Je ne suis pas là pour juger si les tests sont fiables ou non. C'est le système, la procédure mise en place par l'Union cycliste internationale et les gouvernements. Ce n'est pas Hugo Houle qui va dire si c'est bon ou pas! Mais on peut aussi lire entre les lignes...»

Personne chez Astana n'a été contaminé à la COVID-19 depuis le retour des compétitions.

Prêt et reposé

Le Centricois aura raté deux rendez-vous, conséquence de ce repos forcé en confinement. «Ça tape sur les nerfs, être confiné au grand soleil!»

La bonne nouvelle, c'est qu'il a pu se reposer. Il arrivera à Nice, situé à 20 minutes de chez lui, fin prêt et motivé. «J'ai fait le plein d'énergie. Mes tests physiques passés avec le cardiologue ont peut-être convaincu Astana que je pouvais être un bon coéquipier au Tour, car je figurais déjà parmi les réservistes. J'attaquerai la compétition dans de meilleures conditions que lors de ma première fois, en 2019. Cela pourrait s'avérer payant dans la deuxième et la troisième semaine.»

Le TDF et le Giro

Cette participation surprise au Tour de France ne devrait pas compromettre sa présence au Giro d'Italie, un autre événement phare du cyclisme mondial, prévu en octobre.

«Non, le plan vise à être sur la ligne de départ pour deux des trois Grands Tours. Avec ce qui se passe dans le monde, ce n'est pas une mauvaise chose que d'être au Tour de France, car le Giro pourrait aussi bien être annulé, advenant une deuxième vague. Ce n'est pas ce que je souhaite, parce que je veux aider Jakob [Fuglsang] en Italie, mais on ne sait jamais...»

Un spectre

On apprenait par Velonews, vendredi dernier, que deux cas positifs enregistrés en l'espace de sept jours au sein d'une même équipe, durant le Tour de France, entraîneraient l'exclusion de l'équipe concernée. Cela inclut les cyclistes et tous les membres de soutien.

«C'est sûr que de savoir qu'il peut y avoir de faux diagnostics, ça change la donne. On va juste être encore plus prudents et espérer que tout se passe bien.» 

Houle avait pris le 91e rang, lors de sa première Grande Boucle en 2019.

Vingt-deux formations de huit coureurs prendront le départ, vendredi à Nice.