Hockey féminin: les Titans de Limoilou en Chine [VIDÉO]

Reines du hockey féminin collégial québécois, les Titans du Cégep Limoilou partent faire rayonner leur sport... en Chine!

«Ni hao!» a lancé Alice Fillion en guise de bonjour, mercredi matin, lors de point de presse tenu au campus Charlesbourg. Fillion et ses 20 «sœurs» des Titans partent samedi pour un voyage unique de neuf jours en Chine faire la de promotion du nuzi bingqiu ou hockey sur glace féminin (selon Google Translate).

L’invitation est venue aux Fêtes. Comme un cadeau de la part du gouvernement chinois par le biais de son Institut Confucius, qui donne une classe depuis 2013 au Cégep Limoilou. Les Chinois veulent promouvoir le hockey féminin en vue des Jeux olympiques d’hiver de 2022, tenus à Pékin.

La grosse machine promotionnelle chinoise est déjà en marche pour 2022, comme en témoignent les deux rencontres présaison disputées par les Bruins de Boston et les Flames de Calgary à Shenzen et à Pékin, en septembre dernier.

Les deux mêmes villes où s’arrêteront les filles de Limoilou. Du hockey sera bien sûr au menu, avec des affrontements amicaux contre l’équipe nationale junior chinoise et la formation féminine du Kunlun Hongxing (Red Star), qui a évolué une saison dans la défunte Ligue canadienne de hockey féminin.  Mais aussi les principaux attraits touristiques, des visites d’universités et un arrêt à l’ambassade canadienne.

«Dans nos contacts avec eux, ils parlent d’“échanges”, ils n’appellent pas ça des matchs. Alors est-ce qu’on va s’entraîner, est-ce qu’on va jouer?» se questionne encore l’entraîneur-chef Pascal Dufresne, à quelques jours du départ.

«On pense qu’on va jouer quelques matchs et surtout promouvoir le hockey féminin. On sait qu’ils vont tenir un camp pendant qu’on sera là-bas. Kunlun est un club professionnel, alors il va assurément y avoir de bonnes joueuses. Ils sont en préparation pour les Jeux de 2022 et savent qu’en hockey féminin, il y a deux puissances [Canada et États-Unis]. Mais les Chinoises peuvent viser à se classer dans le top cinq mondial, c’est accessible», analyse Dufresne, quant aux ambitions de leurs hôtes.

Le coach ajoute que l’équipe nationale junior de Chine participait au même tournoi que les Titans, en début de saison, et les Chinoises n’ont pas eu à rougir de leur performance avec quelques victoires.

«Ce sera l’expérience d’une vie. Je ne connais aucune autre équipe collégiale qui a fait ça!» s’exclame la capitaine Emmy Fecteau, qualifiant ce voyage de «cerise sur le gâteau» pour la fin de ses trois années de hockey au Cégep Limoilou.

Notoriété au programme

Si Fecteau assure qu’apprendre le mandarin s’avère beaucoup plus ardu que de jouer au hockey, elle se réjouit du fait que ce projet fera aussi la promotion de son sport au Québec, auprès des jeunes filles d’ici qui y verront peut-être une autre incitation à un jour devenir une Titan.

Dufresne confirme que cette aventure apporte encore plus de notoriété à son programme, déjà champion provincial les quatre dernières années et sept fois depuis huit ans.

Il ne manque pas d’idées non plus pour la suite. Comme recevoir une délégation de hockeyeuses chinoises à Québec dans les deux prochaines années et, qui sait, peut-être intégrer une Chinoise ou deux dans son alignement.

«C’est sûr que la barrière de la langue est majeure. Mais certaines joueuses chinoises évoluent dans les ligues européennes pour s’améliorer, donc pourquoi pas ici! On lance des idées. C’est juste les premiers pas pour l’instant, mais on va voir. Ce serait intéressant de poursuivre l’expérience», souhaite l’entraîneur Dufresne.

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PARTIE REMISE

Parties en Chine, quatre joueuses du Cégep Limoilou ne pourront se présenter au camp de l’équipe canadienne de développement tenu la semaine prochaine. Emmy Fecteau, Gabrielle David, Audrey-Anne Veillette et Florence Lessard passeront les tests physiques à Québec vendredi matin, avant de s’envoler pour l’autre côté du globe, samedi. Leurs résultats seront acheminés à Hockey Canada et elles ne perdront pas l’occasion de se faire valoir sur la patinoire en août, au véritable camp d’entraînement.

Les produits du circuit collégial québécois se faisaient rares dans le système national ces dernières années. Mais l’entraîneur-chef des Titans, Pascal Dufresne, croit que la troisième position des Canadiennes au récent Championnat du monde force Hockey Canada à revoir ses critères de sélection. «Les Québécoises n’ont pas toujours bien figuré aux tests physiques et autres activités hors glace, mais elles ont d’autres habiletés, elles marquent des buts», résume-t-il.

Veillette vient d’écouler sa première saison collégiale et Lessard sa deuxième, tandis que Fecteau et David accèdent aux rangs universitaires. David a choisi l’Université Clarkson, dans l’État de New York, et Fecteau ira à Concordia, à Montréal. Leurs coéquipières Ariane Aubin et Alice Fillion se dirigent pour leur part à Ottawa.