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Le Centre antipoison du Québec reçoit un volume élevé d’appels concernant des expositions au gel désinfectant depuis le début de la pandémie. 
Le Centre antipoison du Québec reçoit un volume élevé d’appels concernant des expositions au gel désinfectant depuis le début de la pandémie. 

Hausse des appels au Centre antipoison concernant les gels désinfectants

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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Pour tenter de freiner la transmission de la COVID-19, les désinfectants pour les mains sont devenus incontournables. Ils sont apparus partout, dans les maisons, les milieux de travail, les commerces et les écoles. Le Centre antipoison du Québec a constaté leur popularité: entre mars et décembre 2020, le nombre de signalements concernant des expositions malsaines a plus que quadruplé par rapport à la même période, en 2019.

Le Centre antipoison du Québec reçoit un volume élevé d’appels concernant des expositions au gel désinfectant depuis le début de la pandémie. 

Une «exposition» n’implique pas forcément un empoisonnement ou une intoxication. L’appel peut être logé si les yeux ou la peau d’une personne ont été en contact avec le produit, ou encore qu’elle en a avalé ou inhalé. Des signalements peuvent aussi être faits par quelqu’un qui craint qu’une personne ait ingéré du gel désinfectant. 

Entre mars et décembre 2019, un total de 221 incidents réels ou potentiels en lien avec le Purell ou autres désinfectants sont survenus. Depuis mars 2020, qui concorde avec le début de la pandémie au Québec, ce nombre a grimpé à 1001. 

Il s’agit d’une hausse de 452%.

«On s’attendait à une augmentation, mais pas forcément aussi faramineuse», observe Guillaume Bélair, infirmier clinicien, assistant du supérieur immédiat au Centre antipoison du Québec.

«Dès le mois de mars, c’était palpable, mais pas flagrant. C’est plus au mois de mai que ça a explosé, quand les gens ont vraiment commencé à adopter les mesures d’hygiène des mains», note-t-il au sujet de cet «épiphénomène» causé par la COVID.  

Signe que la désinfection fait désormais partie du quotidien, le nombre d’appels pour des expositions au javellisant et à d’autres produits ménagers est lui aussi en hausse.

Tableau des signalements reçus au Centre antipoison du Québec: à gauche de mars 2019 à décembre 2019 et à droite pour l'année 2020.

Les enfants, comme en état d’ébriété

La plupart des signalements concernant le gel pour les mains ont été effectués après des accidents survenus dans les maisons. De tous les événements rapportés en 2020, près de 70% d’entre eux sont arrivés à domicile. La disponibilité augmentée et les épisodes de confinement ont contribué à cette explosion des cas d’exposition, souligne M. Bélair du Centre antipoison du Québec.

Surtout chez les enfants. Le groupe des 0-5 ans cumule en effet 65% des expositions rapportées dans les dix derniers mois, principalement par ingestion. 

«C’est vraiment les 2-3 ans qui ont la dextérité et la mobilité pour attraper des choses sur les comptoirs et dans les sacs à main. Avec les parfums agréables des produits, les enfants se demandent ‘’si ça sent bon, est-ce que ça goûte bon?’’», met en garde l’infirmier clinicien. 


« C’est vraiment les 2-3 ans qui ont la dextérité et la mobilité pour attraper des choses sur les comptoirs et dans les sacs à main. Avec les parfums agréables des produits, les enfants se demandent ‘’si ça sent bon, est-ce que ça goûte bon?’’ »
Guillaume Bélair, infirmier clinicien, assistant du supérieur immédiat au Centre antipoison du Québec

Les effets nocifs peuvent surtout affecter les tout-petits, prévient-il, d’où l’importance de garder les bouteilles de produits désinfectants hors de leur portée.

«La majorité des gels sont à base d’éthanol, de l’alcool à un pourcentage de 70%. Pour un enfant, il pourrait éprouver des symptômes comparables à un adulte en état d’ébriété, comme la somnolence et le fait d’être au ralenti.»

Si le produit a été en contact avec les yeux, le rinçage doit se faire immédiatement, ajoute-t-il. 

Écoles, soins de santé et lieux de travail aussi

Des données partagées par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale montrent que le Centre antipoison classe en deuxième les écoles au chapitre des milieux où les incidents réels ou potentiels surviennent le plus souvent (59).

Les milieux de soins de santé (58) ainsi que les lieux de travail (46) et les résidences privées pour aînés (31) suivent. 

Dans les garderies et les centres de la petite enfance, il a été possible d’en dénombrer jusqu’à 13. 

Sur environ un millier de cas signalés en 2020, rassure l’infirmier clinicien Guillaume Bélair, une vingtaine ont nécessité une intervention à l’hôpital. «C’est peu probable, mais pas impossible que ça tourne mal.»

Pour prévenir les malheurs, il recommande de garder le contenant d’origine, la «meilleure façon» pour le Centre antipoison de savoir quel produit est en cause. 

Pour joindre le Centre antipoison du Québec : 1-800-463-5060