Le maire Régis Labeaume a fait ses premières sorties publiques en plusieurs semaines, lundi.

«Guéri», Régis Labeaume revient progressivement à la vie publique [VIDÉO]

Absent depuis le 2 avril pour traiter un cancer de la prostate, Régis Labeaume a amorcé lundi un retour progressif au travail. «Je suis guéri», a-t-il lancé aux journalistes avec émotion lors d’une visite au Grand Marché de Québec. Il occupera son poste à temps plein au retour des vacances en août.

Le maire de Québec était content de sa première sortie publique depuis l’annonce de son retrait pour soigner sa maladie. «Je voulais sortir de ma coquille».

Plutôt en forme après avoir subi une opération, il y a deux mois, où les médecins ont fait «un grand ménage de la prostate et de ce qu’il y a aux alentours», Régis Labeaume ne prendra aucun risque en revenant trop vite au travail. 


« On va y aller au fur et à mesure, cette semaine, on va en faire un petit peu. On a choisi cette option [l’opération] plus drastique parce qu’on visait un résultat plus sûr. À date, c’est une grande réussite. Mais il faut être prudent, parce qu’il y a 30 % de récidive. »
Régis Labeaume, maire de Québec

M. Labeaume a avoué avoir eu un débat avec son médecin pour son retour au travail, mais il s’est aperçu qu’il n’était pas à 100 %. «Ce n’est pas l’énergie que je voudrais. Ça me surprend parce que normalement quand j’ai 2-3 bonnes nuits de sommeil, ça va très bien et je suis debout, mais la ça ne marche pas comme je voulais, alors les médecins ont raison, on va prendre le temps», a-t-il confié.

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Il a par ailleurs remercié l’équipe médicale de l’Hôtel-Dieu de Québec, dont le docteur Frédéric Pouliot, pour l’avoir aussi bien soigné. «Des gens extraordinaires, c’est compliqué des fois d’entrer dans le système, mais une fois qu’on y est ces gens-là sont merveilleux, je n’ai pas eu de soins privilégiés, on s’était bien entendu qu’il ne fallait pas», a-t-il souligné. 

Retour à temps plein en août

C’était la première fois depuis qu’il est maire que Régis Labeaume devait s’absenter aussi longtemps pour raison de santé. «Je n’ai jamais été malade à part des maux de dos. J’ai beaucoup lu, j’ai essayé de rationaliser et d’y aller sur une base scientifique. Il faut comprendre les statistiques, mais je n’ai jamais pensé que je ne pourrais pas revenir.»

S’il n’a pas eu le choix de retraiter au vestiaire et de faire confiance à son équipe, il n’était jamais loin du téléphone. «Je fais du télétravail. Je suis au bout du téléphone et je signe tout», a-t-il mentionné. 

Il a par ailleurs félicité des collègues pour leur travail. «Ça marche cette machine-là. Je me demande si je suis encore utile. Je pense  que je peux faire du télétravail encore pour un bon bout de temps parce que tout fonctionne bien.» 

Le maire de Québec reprendra ses fonctions à temps plein à la mi-août. Jusque-là, il se contentera de demi-journées de travail et de quelques activités. «Je ne veux pas rater mon coup.J’ai trop entendu de témoignage de gens qui étaient revenus rapidement et qui l’avaient regretté pendant des années», a reconnu M. Labeaume qui s’accordera également un séjour à l’extérieur de Québec pour récupérer et pouvoir se balader à sa guise sans être accosté. 

Pas de conseil municipal

Lundi, M. Labeaume a rendu visite au Relais L’Espérance dans Limoilou qui vient en aide aux personnes dans le besoin. Cette année, les dons du BBQ annuel du maire, qui aura lieu le 19 juin seront reversés à cet organisme méconnu. 

Ces trois dernières années, la YWCA avait bénéficié de l’argent récolté. À partir de maintenant, les bénéfices seront reversés chaque année à un organisme différent moins connu du grand public. 

Puis, M. Labeaume a visité une dernière fois le chantier du Grand Marché de Québec à ExpoCité avant l’ouverture officielle, le 14 juin. 

Il en a profité également pour informer les médias qu’il ne sera pas présent au prochain conseil municipal. Par contre, il se rendra au congrès annuel de la Fédération canadienne des municipalités, qui commence jeudi à Québec.

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TRAMWAY: LE MAIRE VEUT UN «CONTRAT SIGNÉ» DU GOUVERNEMENT LEGAULT

S’il laisse ses conseillers municipaux gérer les dossiers pendant son absence, le maire de Québec, Régis Labeaume garde un œil attentif sur le dossier du tramway, dont le financement n’est toujours pas assuré. Il demande au gouvernement Legault, des «garanties financières» et un «contrat signé».

«Je suis en contact avec les ministres des deux niveaux du gouvernement. Je pense qu’on avance. Ce qu’a dit le premier ministre en fin de semaine est extrêmement doux à nos oreilles, maintenant il faut conclure», a-t-il expliqué en marge d’une visite du chantier du Grand Marché. «Ça nous prend un contrat signé avec une décision du conseil des ministres», a-t-il insisté.

Pour l’instant, la Ville de Québec n’accuse pas de retard dans son projet de réseau structurant, mais le temps presse. «On ne peut pas y aller par phase, par étape, le réduire, c’est non. Comme Rémy Normand le disait hier [dimanche], le décaissement de l’argent c’est la 5e, la 6e année, c’est là que ça va sortir beaucoup. Ce dont on a besoin maintenant, c’est d’une garantie financière pour aller en appel de qualification. On ne peut pas demander à des consortiums de se former sans avoir la garantie qu’on aura tous les montants nécessaires», a-t-il martelé. 

Selon le maire de Québec, l’argent est disponible, mais le dossier est «complexe», et «politique». «Les chicanes fédérales-provinciales, ça n’a pas plus la cote. Les dirigeants québécois le savent, ils veulent que ça fonctionne», a-t-il fait valoir. 

Régis Labeaume n’a pas l’intention non plus de démarrer une chicane avec Montréal. Il a soupé avec la mairesse Valérie Plante pour la rassurer.