Tout Québec était présent mercredi soir pour soutenir Le Soleil.

Grand élan d’amour pour Le Soleil [VIDÉOS]

Tout Québec était présent mercredi soir pour soutenir le quotidien centenaire de la capitale. Plus de 200 personnes, dont des élus, des journalistes, des employés du Soleil, des lecteurs, et des gens d’affaires, s’étaient donné rendez-vous à l’événement organisé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Québec aux Salons d’Edgar dans Saint-Roch.

Si certains ont pu croire que l’annonce du 19 août sonnait le glas du Soleil, on a pu voir mercredi soir qu’il n’était pas question de baisser les bras. «Ce qui nous tient tous unis dans la tourmente : fabriquer un journal tous les jours pour nos lecteurs. Et garder haut et fort le désir de continuer à raconter des histoires d’ici, de Québec, notre ville, pour longtemps encore», a souligné la rédactrice en chef, Valérie Gaudreau.

Depuis plusieurs jours, des centaines de personnes montrent leur attachement au Soleil et à ses artisans à travers des lettres de soutien et des contributions financières. 

Dans une entrevue, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait déjà confié que Le Soleil était son quotidien depuis son enfance. Mercredi, il a réitéré qu’il ne pouvait «avoir seulement un média écrit» à Québec. «Si je peux faire quelque chose, je vais le faire», a-t-il promis.

Tout comme Régis Labeaume, Sébastien Chamberland, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Limoilou, et Bruno Marchand, pdg de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, ont été camelots pour Le Soleil. Ils gardent un très bon souvenir de leurs premières lectures du quotidien et ils n’imaginent pas Québec sans Le Soleil.

«On a besoin des médias locaux pour promouvoir le mode de vie urbain, l’achat local et les services de proximité. Il n’y a rien de plus important aux yeux des SDC», a expliqué M. Chamberland. «J’ai appris à connaître ce qui se passait dans le monde et à m’intéresser à la politique grâce au Soleil. Je ne peux pas entrevoir que Le Soleil disparaisse. La démocratie dépend de plusieurs médias», a-t-il poursuivi.

«Sans une presse locale forte, on est plus pauvre démocratiquement. On a besoin de ce journalisme-là pour nous informer et après comme citoyen faire les bons choix. Je crois fondamentalement qu'on ne peut pas apprendre ce qui se passe chez nous par l'écriture, la compréhension et la lorgnette des autres. Ça prend des gens de chez-nous pour nous parler de nos histoires», a fait valoir M. Marchand.

Pas seulement Le Soleil

La crise des médias ne touche pas seulement Le Soleil et les autres quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM), comme l’a rappelé le journaliste de Radio-Canada et président de la FJPQ Section Québec, Alexandre Duval. «Aujourd’hui, ce sont les journaux de [Groupe] Capitales Médias qui sont dans la tempête, demain on ne sait pas chez qui l’œil de la tempête va se transporter», a-t-il mentionné. 

Selon une recherche du Centre d’études sur les médias, 87 médias ont fermé au Québec entre 2011 et 2018, dont 57 journaux régionaux. «Sur cette période, on a perdu 34 % des hebdos au Québec. L’hécatombe ne peut pas se poursuivre éternellement», a indiqué M. Duval.

François Bourque a pris la parole mercredi soir. Derrière, président de la FJPQ Section Québec, Alexandre Duval.
Parmi les élus présents à l’activité de soutien de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec aux Salons d’Edgar, le maire de Québec, Régis Labeaume, et la députée de Taschereau, Catherine Dorion, étaient de la partie.
L'éditeur du Soleil, Claude Gagnon.

Et contrairement à ce que certaines mauvaises langues ont pu dire ou écrire, Le Soleil n’a pas cessé d’être un leader et de se transformer au fil des années pour continuer à livrer un journal de qualité. «Le Soleil est en avance sur beaucoup de médias au pays, on a des millions de lecteurs, ce n’est pas un problème de qualité de contenu, c’est un problème de revenus [à cause des GAFA]», a martelé le pdg de GCM et éditeur du Soleil, Claude Gagnon.

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