Des sanctions extrajudiciaires seront imposées au jeune fautif.

Filmé nu à son insu: aucune accusation contre le jeune

TROIS-RIVIÈRES — Aucune accusation criminelle ne sera finalement portée contre le jeune de 12 ans qui a filmé à son insu un autre garçon alors qu’il était nu et qui a ensuite diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux.

Après avoir étudié le dossier, le directeur des poursuites criminelles et pénales a plutôt décidé de lui faire bénéficier du programme de sanctions extrajudiciaires, de sorte que le jeune n’aura pas à subir de procès devant un Tribunal de la jeunesse. Il s’agit en quelque sorte d’une déjudiciarisation.

L’objectif de ce programme de sanctions extrajudiciaires, qui s’adresse aux jeunes de 12 à 17 ans, est d’inciter la personne à se responsabiliser. Les sanctions qui lui sont proposées peuvent consister par exemple à envoyer une lettre d’excuses, prendre part à une médiation avec la victime, faire des travaux communautaires ou participer à une formation pour réfléchir aux gestes commis. Advenant le cas où le jeune n’accomplirait pas les sanctions, des accusations criminelles pourraient alors être déposées contre lui.

Rappelons qu’en octobre dernier, le jeune, âgé de 11 ans, a été filmé alors qu’il se trouvait chez son ami, un garçon de 12 ans. Notons qu’ils fréquentent tous les deux la même classe de 6e année. Selon ce que la mère de la victime avait expliqué, son fils s’était rendu à la salle de bain. Il s’était déshabillé et s’était fait filmer sans le savoir. Son ami lui avait ensuite montré la vidéo. Évidemment, le garçon de 11 ans lui avait demandé de la supprimer mais son ami n’avait pas voulu. Il avait plutôt dit qu’il allait mettre un code dessus et que personne n’allait la voir. Deux semaines plus tard, il avait finalement décidé de la publier sur un groupe privé Snapchat réunissant des élèves de sa classe ainsi que publiquement sur son compte Snapchat. Il l’aurait également mise sur Instagram. La vidéo serait restée disponible pendant deux jours.

Les parents de la victime avaient d’ailleurs appris la nouvelle par l’école car leur fils avait eu peur de leur en parler. Toute cette affaire, hautement médiatisée, avait par la suite nécessité des interventions de la Commission scolaire de la Riveraine et la mise en place d’un plan d’encadrement. Le jeune fautif avait été suspendu une journée. Après discussions, il avait finalement été décidé de garder les deux jeunes dans la même classe.

Rejoint jeudi après-midi, le secrétaire général et directeur des services éducatifs à la Commission scolaire de la Riveraine, Pascal Blondin, a confirmé que les relations entre les deux élèves allaient très bien tant dans la classe qu’en dehors de celle-ci. «Nous n’avons rien à signaler depuis le retour des jeunes à l’école. Tout va bien», a-t-il mentionné.

Il a par ailleurs été impossible de rejoindre la mère de la victime.