Malgré la fermeture de l'usine de production de Louis Garneau Sports, la production de vêtements ne cessera pas.

Fermeture de l’usine de Louis Garneau Sports: pas la fin de la production

La fermeture de l’usine de production de Louis Garneau Sports est une mauvaise nouvelle pour la ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, là où tout a commencé pour la compagnie. Quelque 46 employés se retrouvent sans emploi. Le maire Sylvain Juneau se dit toutefois content de savoir que la production de vêtements ne cessera pas, même si elle sera relocalisée.

Vendredi, la compagnie Louis Garneau Sports annonçait la fermeture de son unité de production textile à Saint-Augustin-de-Desmaures par voie de communiqué. Le contexte de pénurie de main-d’œuvre aurait forcé cette décision. 

«Oui, il y a une perte pour la ville, ce n’est pas une bonne nouvelle, mais le siège social demeure. Je présume qu’ils vont délocaliser et fabriquer les vêtements ailleurs, ce qui est bien dans le contexte, ce n’est pas la fin de la production», rappelle M. Juneau. 

Rappelons que le siège social de l’entreprise, situé lui aussi à Saint-Augustin-de-Desmaures, demeure toujours ouvert. Il comprend plus de 400 employés. 

En entrevue avec La Presse, le président et fondateur Louis Garneau a dit prévoir le transfert de la production québécoise dans son usine située au Mexique. Le manufacturier spécialisé dans le vélo possède aussi un important centre d’affaires au Vermont.

Même si M. Juneau a appris la nouvelle quelques heures avant qu’elle soit rendue publique, il n’a pas plus d’informations concernant la suite des choses. 

«Je n’en sais pas plus que le communiqué et ce qui a été dit dans les différents médias. [M. Garneau] sait ce qu’il fait, c’est une entreprise qui est en bonne place mondialement. La délocalisation de la fabrication ne me regarde pas. Je leur laisse le soin de diriger leur entreprise», soulève le maire. 

L’entreprise a aussi dit vouloir se consacrer à son «nouveau modèle d’affaires qui mise sur la commercialisation, le marketing digital et la distribution». M. Juneau laisse entendre que cette décision pourrait créer de nouveaux emplois au sein de l’entreprise, dans un domaine différent.

La préoccupation principale de M. Juneau est que les employés maintenant au chômage puissent retrouver rapidement du travail. De ce côté, l’entreprise a mis sur pied un programme d’aide aux employés, afin de les aider dans leurs recherches. 

«Des mesures sont prises pour aider les gens, ils font les choses correctement», termine-t-il.

La création de ce comité de reclassement n’était d’ailleurs pas obligatoire, elle l’est lorsque plus de 50 employés sont licenciés. Le choix de l’employeur a donc été apprécié de plusieurs. 

Le maire de  Saint-Augustin-de-Desmaures Sylvain Juneau

«Pas la seule solution»

La Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA), le syndicat qui représente les travailleurs, croit que d’autres solutions auraient pu être explorées avant la relocalisation de la production des vêtements de sport. 

«Ce qu’on a peur, c’est que [la pénurie de main-d’œuvre] devienne l’excuse facile des employeurs. Il y a différentes solutions avant de relocaliser la production. Elle ne sera plus ici, alors que ça fait plus de trente ans que ça se faisait», déplore le conseiller syndical Gaétan Desnoyers.

Les employés licenciés étaient payés entre 13 $ et 18 $ selon M. Desnoyers. Il croit que ce montant n’était pas suffisant pour attirer les travailleurs.

«Ils n’ont pas le choix. Il faut qu’ils payent les travailleurs en conséquence. C’était la solution facile de fermer... On l’a su en même temps que les employés et ça a été un choc. Peut-être qu’on aurait pu en discuter, il y avait peut-être d’autres solutions.»

Une rencontre entre le syndicat et l’employeur est prévue lundi afin de notamment déterminer les détails de l’aide apportée aux employés licenciés.