Ex-conjoint enragé coupable de tentative de meurtre

La rage d’Olivier Cloutier-Gaumond envers son ex-conjointe semblait n’avoir aucune limite. Il avait même sculpté une massue en bois, aux allures médiévales, en guise d’arme.

L’homme de 33 ans est apparu avec une allure soignée devant le tribunal mardi, pour plaider coupable à plusieurs accusations, dont la plus grave était tentative de meurtre. La famille de sa victime écoutait l’audition par visioconférence.

Employé d’une coopérative d’alimentation, Olivier Cloutier-Gaumond rencontre en 2016 Vickie Langlois, jeune femme d’affaires de Bellechasse. Cloutier-Gaumond emménage chez sa copine à la fin de 2017, à Buckland.

Le comportement du jeune homme change au gré de sa consommation de métamphétamines. Il devient impulsif et paranoïaque.

Confronté par sa conjointe, Olivier Cloutier-Gaumond admet son problème de toxicomanie. Il est placé sur une liste d’attente du CLSC et continue de consommer.

À la mi-septembre 2018, Vickie Langlois soupçonne son conjoint, qu’elle craint de plus en plus, d’avoir mis de la mélasse dans le réservoir à essence de sa voiture. Elle le quitte.

L’homme n’accepte pas la rupture et multiplie les messages-textes à la jeune femme. 

À deux reprises, Cloutier-Gaumond vole le compteur électrique de la maison de Vickie Langlois, provoquant une panne d’électricité. 

Il va aussi couper des composantes du système de freinage de la voiture de la jeune femme. Vickie Langlois s’en rend compte lorsqu’elle est incapable de freiner dans une côte. Elle doit foncer dans un arbre pour arrêter sa course. 

Vickie Langlois fait installer des caméras de chasse autour de chez elle. L’une des caméras captera l’image de Cloutier-Gaumond.

La jeune femme porte plainte à la police pour vols et méfait. Cloutier-Gaumond sera arrêté, accusé et remis en liberté durant les procédures, ce qui est la norme pour les accusés, surtout ceux qui ont peu d’antécédents judiciaires comme lui. L’homme a l’interdiction de s’approcher de son ex-conjointe.

Pour se venger, Olivier Cloutier-Gaumond fera une plainte au MAPAQ contre Vicky Langlois, qui gère à ce moment la roulotte gourmande «J’aime Bellechasse», un commerce pour mettre en valeur les produits du terroir.

Violente attaque

En novembre 2018, Olivier Cloutier-Gaumond sculpte une massue en bois de type médiéval. Il ajoutera des morceaux de laiton à l’objet. Il décide de passer à l’action dans la nuit du 3 décembre 2018.

L’homme quitte le logement où il vit, à Québec, et roule jusqu’à Buckland. En passant par les cours des maisons voisines, il arrive à la résidence Vickie Langlois vers 5h du matin. Il est cagoulé, porte des gants et a sa massue à la ceinture.

Après avoir fracassé la fenêtre de la porte arrière, Cloutier-Gaumond entre et trouve sa victime endormie. Armé d’un marteau, il la frappe à la tête à plusieurs reprises. L’agresseur laisse la jeune femme pour morte et quitte les lieux.

Vickie Langlois reprend conscience environ deux heures après l’agression. Elle appelle la police et dénonce son ex-conjoint.

Les ambulanciers trouveront une victime confuse et «complètement défigurée», selon ce qu’on peut lire dans le résumé des faits présenté à la cour. 

Plus de 25 fractures à la tête 

Vickie Langlois sera opérée d’urgence à l’hôpital de l’Enfant-Jésus. Elle a plus de 25 fractures au crâne et au visage et des plaies multiples, allant jusqu’à une longueur de 20 cm.

Plongée dans le coma durant trois semaines, la jeune femme est dans un état critique. Les médecins spécialistes devront reconstruire son crâne et son visage avec des plaques de métal et des greffes de peau.

Olivier Cloutier-Gaumond a été retracé moins de huit heures après l’agression grâce à la triangulation du signal de son téléphone cellulaire. Lors de son arrestation, les policiers de Québec ont trouvé, outre la massue artisanal, un pic métallique, une ceinture noire contenant deux couteaux de boucherie et un marteau. Du sang de la victime a été découvert sur ses gants et son chandail.

Après avoir prétendu avoir des pertes de mémoire, Cloutier-Gaumond admet son crime le jour même. Il est détenu depuis.

Le procureur de la Couronne Me François Doyon-Gascon et l’avocat de la défense Me Jean-Sébastien Tremblay feront leurs représentations sur la peine appropriée au juge Sébastien Proulx de la Cour du Québec le 22 juillet.