Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Un peu après 13h30, le propriétaire du bâtiment s’est présenté sur place en compagnie de deux huissiers et de deux policiers de la sûreté municipale, avec pour objectif d’expulser les quelques personnes qui occupaient toujours l’endroit.
Un peu après 13h30, le propriétaire du bâtiment s’est présenté sur place en compagnie de deux huissiers et de deux policiers de la sûreté municipale, avec pour objectif d’expulser les quelques personnes qui occupaient toujours l’endroit.

Évictions sous tension au 94, Saint-Charles Sud [VIDÉO]

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Les résidents qui demeuraient toujours au 94, Saint-Charles Sud à Granby, ont finalement été évincés de l’ancienne résidence pour personnes âgées mercredi en fin d’après-midi.

Un peu après 13 h 30, le propriétaire du bâtiment, Léon Côté, s’est présenté sur place en compagnie de deux huissiers et de deux policiers de la sûreté municipale, avec pour objectif d’expulser les quelques personnes qui occupaient toujours l’endroit. Il a été demandé à celles-ci de ramasser leurs effets personnels et de quitter les lieux avant 16 heures.

Rappelons qu’un premier avis d’éviction leur avait été acheminé le 1er décembre, puis que le propriétaire a obtenu une injonction quelques jours avant Noël, ordonnance de la cour qui n’a toutefois pas pu être appliquée durant la période des Fêtes en raison d’un article du Code de procédure civile du Québec qui interdit les expulsions entre le 24 décembre et le 2 janvier.

Quelques occupants de l’édifice s’étaient relocalisés le mois dernier; une famille comptant plusieurs adultes et une fillette de neuf ans, deux hommes seuls et trois chats se trouvaient toujours sur place.

« Ces personnes ont été avisées la semaine dernière qu’ils devraient quitter les lieux aujourd’hui au plus tard », a expliqué le propriétaire, qui déplorait par ailleurs l’état d’insalubrité dans lequel se trouvaient plusieurs chambres du bâtiment.

« Ils ont laissé plein de stock et tout est très sale, a-t-il poursuivi. Ils ont eu plus d’un mois pour tenter de se relocaliser. J’ai bien voulu être patient, mais un moment donné, ça suffit. On n’a plus le contrôle sur ce qui se passe ici, et c’est aussi une question d’assurances. »

Agitation

L’agitation des locataires, qui ont confié n’avoir nulle part où aller, était plus que palpable lors du passage de La Voix de l’Est sur les lieux. Une femme en pleurs et au bord de la crise de panique, un homme hors de lui, d’autres qui semblaient dépassés par les événements, inquiets de ne pas savoir où ils passeraient la nuit.

Certains occupants ainsi que Caroline Blake, une ancienne intervenante de l’organisme Aide, Conseils et Assistance aux Familles Québécoises (ACAFQ), qui était jusqu’au 26 novembre 2020 le locataire officiel des lieux, ont contesté la légalité de l’éviction des locataires, en plein hiver et en pleine pandémie.

« Ce sont des vies humaines ici dont on parle ! On n’est pas des chiens ! » a balancé l’un des locataires qui faisaient anxieusement des allers et retours dans l’immeuble.

Sur place, Mme Blake a été escortée à l’extérieur de l’édifice par les policiers, qui ont également demandé aux représentants de La Voix de l’Est de sortir, jugeant que leur présence pouvait inciter certains locataires à défier leur autorité.

« Où est votre cœur aujourd’hui ? a demandé la femme depuis le trottoir au propriétaire qui s’apprêtait à quitter les lieux. En avez-vous un seulement ? »

Il y a quelques jours, l’alimentation en gaz de l’immeuble avait été coupée, faute de paiement, privant ainsi les occupants d’eau chaude. Selon nos informations, de nombreux comptes, tels que les assurances, l’électricité et les taxes, ont été impayés pendant plusieurs mois, des dépenses que le propriétaire a dû assumer en partie, en plus du loyer qui n’aurait jamais été versé. M. Côté estime à 400 000 $ ses pertes dans l’aventure, un montant que la présidente et fondatrice de l’ACAFQ, évaluait plutôt à environ 270 000 $ dans une entrevue accordée à La Voix de l’Est le mois dernier.

Le milieu communautaire, qui se concerte depuis décembre pour aider à relocaliser les habitants de l’ancienne auberge d’aide familiale, est sur un pied d’alerte depuis quelques jours. Un travailleur de rue s’est présenté sur place en fin d’après-midi pour venir en aide aux évincés.

À 16 heures, les serrures de l’immeuble ont été remplacées et les occupants se sont trouvés à l’extérieur.

Les deux hommes seraient logés à l’hôtel au moins pour la nuit de mercredi à jeudi, a appris La Voix de l’Est. La fillette a aussi trouvé refuge chez un membre de la famille.

Selon plusieurs sources, certains occupants auraient préalablement refusé d'être hébergés au sein d'organismes communautaires de Granby.