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Rappelons que la présence de l’épave elle-même était connue depuis 2007, quand des appareils bathymétriques du fédéral l’avait détectée.
Rappelons que la présence de l’épave elle-même était connue depuis 2007, quand des appareils bathymétriques du fédéral l’avait détectée.

Épave de l’Île-aux-Coudres: l’identité du navire pourrait avoir été trouvée

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
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L’épave exceptionnelle qui a été visitée pour la première fois l’an dernier à la hauteur de l’Île-aux-Coudres pourrait bien être un navire britannique qui s’appelait Minerva et qui a coulé dans le Saint-Laurent en 1820 — ce qui en ferait une épave encore plus vieille que ce qu’on croyait initialement. C’est du moins ce que croit Sébastien Pelletier, du groupe Plongeurs d’épaves techniques du Québec, à la suite de recherche à ce sujet.

Rappelons que la présence de l’épave elle-même était connue depuis 2007, quand des appareils bathymétriques du fédéral l’avait détectée. Mais comme elle se trouve à 40 mètres de fond à un endroit qui se prête très mal à la plongée, ce n’est que l’année dernière que M. Pelletier et son équipe ont fini par visiter ce qu’il reste du bateau. Ils ont alors noté divers indices suggérant fortement qu’ils avaient affaire à un vestige nettement plus vieux que la plupart des autres épaves connues du Saint-Laurent — coque et structure en bois, chiffres romains (au lieu des chiffres arabes) sur la poupe pour indiquer le tirant d’eau, etc. Cela suggérait une origine remontant au milieu du XIXe siècle.

En outre, l’épave était dans un état de conservation exceptionnel. «Si cette épave-là avait été dans 20 pieds d’eau (6 m), on ne verrait probablement rien d’autre qu’un tas de vase. Mais là, elle est sur un fond rocheux et les artéfacts sont déposés dessus comme si le bateau avait coulé il y a à peine 10 ans», avait expliqué au Soleil M. Pelletier l’année dernière.

On ignorait cependant de quel navire c’était il s’agissait. Mais «lors d’une visite récente à Saint-Jean-Port-Joli, on a remarqué une plaque qui parlait de l’histoire maritime du secteur et des naufrages, et on a vu le nom d’un navire qui avait déjà sonné une cloche l’année dernière. Et on a fait la rencontre d’un Monsieur, Jean Parent, qui est l’auteur d’un ouvrage sur l’histoire du chenal sud du Saint-Laurent. Avec ses explications, on a compris que cette épave a toutes les chances d’être celle d’un bateau qui a heurté la Roche à Veillon (ndlr : obstacle du Saint-Laurent où il y avait un phare) en 1820. Il aurait dérivé sur environ 10 milles nautiques avant de couler, ce qui est tout à fait envisageable.

«Et le type de navire qu’était le Minerva correspond aussi aux artéfacts qu’on a vus sur place, comme des pots en grès, des bouteilles, des pipes, de l’argenterie, etc., parce que c’était un bateau qui transportait de la marchandise générale, ajoute M. Pelletier. Ces choses-là, on ne les fabriquait pas au Canada à l’époque, on les importait du Royaume-Uni [d’où provenait le Minerva].»

Il ne s’agit pour l’instant que d’une hypothèse et non d’une identification n’est pas formelle, insiste M. Pelletier, mais il la décrit quand même comme «très plausible».