Entente entre Barrette et les compagnies ambulancières

En conflit ouvert depuis plusieurs mois, le ministre de la Santé Gaétan Barrette et la Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ) ont rangé les armes lundi en signant une entente de financement. Reste maintenant à s’entendre avec les ambulanciers.

Le ministre Barrette avait évoqué le recours à une loi spéciale la semaine dernière, un moyen qu’il n’aura finalement pas utilisé. Par voie de communiqué, M. Barrette s’est dit «heureux» de ce dénouement. Son ministère s’était déjà entendu avec Urgences-santé en août, et avec la Coalition québécoise des entreprises ambulancières en octobre. M. Barrette précise que cette dernière entente respecte les mêmes paramètres. 

La CSAQ, qui représente environ 330 propriétaires de permis d’ambulance répartis un peu partout au Québec, explique qu’elle a fait «d’importantes concessions pour que ce long processus vienne à son terme». Elle a accepté de laisser tomber 2 recours judiciaires contre le gouvernement, mais elle conserve le droit de s’adresser aux tribunaux sur la question du nouveau mode de financement.

Reprise des négos

Cette entente a aussitôt déclenché lundi une reprise de négociations avec les employés syndiqués. «Un défi important», selon Sébastien Toussaint, président de la CSAQ, qui dit devoir négocier avec «des ressources diminuées». 

«Il n’y a pas de raison que ça traîne», a pour sa part commenté Jean Gagnon, responsable du secteur pré-hospitalier à la CSN. Une entente de principe a déjà été conclue avec Urgences-santé l’été dernier sur les salaires et les avantages sociaux, et selon lui, tous les ambulanciers du Québec devraient avoir droit aux mêmes conditions de travail. «Ça fait 30 ans qu’in a les mêmes salaires», a-t-il plaidé en entrevue. 

Les ambulanciers du Québec sont sans convention collective depuis deux ans. Il y a 9 mois, plusieurs d’entre eux ont déclenché une grève générale illimitée. Ils n’ont pas diminué leurs services  à la population, mais ils ont arrêté de laver les véhicules, les ont peint ou recouvert d’autocollants et surtout, ils ont arrêté de remplir les documents servant à la facturation. Il s’agit du plus long conflit de travail que cette industrie ait vécu. 

Les tensions entre les compagnies ambulancières et le gouvernement remontent quant à elle à la révision du mode de financement, annoncée en 2016. Le ministère de la Santé exige une meilleure reddition de compte de la part de ces compagnies.