C’est à cet endroit, à Yamachiche, qu’a été retrouvé le corps d’Ophélie Martin-Cyr.

Enquête préliminaire de René Kègle: un témoignage tout en retenue de la survivante

TROIS-RIVIÈRES — Contrairement à toute attente, la présumée victime de René Kègle ayant survécu à cette nuit funeste du 10 octobre 2018 a livré un témoignage tout en retenue, sans larmes et sans émotion apparente.

D’une voix douce et d’un ton neutre malgré le stress, elle a répondu à toutes les questions du procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, et de l’avocate de la défense, Me Anne-Sophie Bédard. Ses réponses étaient cependant courtes. On peut se douter qu’elle a dû raconter cette histoire à maintes reprises dans le cadre de l’enquête policière.

C’est seulement lorsqu’il a été question des détails précis entourant le meurtre de son amie, Ophélie Martin-Cyr, et de la tentative de meurtre dont elle aurait été victime qu’elle est apparue plus fragile. Le regard fixe, elle semblait alors davantage perdue dans ses pensées, ce qui ne l’a pas empêchée de témoigner clairement et sans hésitation.

Il faut dire que le juge Jacques Trudel, dans une décision rendue le matin, lui avait permis de témoigner dans une autre salle du palais de justice de Trois-Rivières. Même si la règle veut que le témoignage d’un adulte se fasse en personne, dans la même salle que le prévenu, le tribunal a accédé à la demande de la Couronne. Il a en effet conclu, à la lumière des éléments de preuve ayant été soumis, qu’un télétémoignage allait faciliter l’obtention d’un récit complet et franc dans les circonstances. Outre René Kègle et le présumé complice, Francis Martel, la jeune femme est la seule à avoir eu connaissance de tous les événements, ce qui en fait un témoin-clé, en plus d’être la présumée victime de la tentative de meurtre. En ce sens, le juge a précisé qu’il se devait de favoriser chez elle la sécurité, le sentiment de sécurité et la croyance en la sécurité tant sur le plan physique que psychologique.

René Kègle

Notons par ailleurs qu’une ordonnance de non-publication nous interdit toujours, à ce stade des procédures, de rapporter ses propos et la preuve et ce, en vue d’un éventuel procès devant jury. Cette ordonnance vise également son identité.

Dans le box des accusés, Kègle est demeuré égal à lui-même. Il a certes suivi attentivement le témoignage de la jeune femme sur l’écran placé devant lui, laissant échapper quelques soupirs, mais son visage est demeuré stoïque.

Plus tôt dans la journée, on a pu entendre le témoignage de l’automobiliste qui a porté secours à la jeune femme sur l’autoroute 40 peu après qu’elle ait échappé au suspect René Kègle en sautant du véhicule en marche. L’automobiliste, une infirmière de profession, a pour sa part été incapable de retenir ses larmes en racontant ce qui s’était passé tant les émotions étaient encore présentes.

Deux policiers de Repentigny ont également livré leur version des faits sur les circonstances de l’arrestation de Rene Kègle le 11 octobre.

Ophélie Martin-Cyr

Jeudi, Me Bédard devrait terminer le contre-interrogatoire de la jeune survivante. Ce sera ensuite au tour de Francis Martel, un présumé complice, de témoigner.