Bombardier prévoit une croissance de 10% de ses revenus en 2019

Enquête de l'AMF: Bombardier tente de rassurer les investisseurs

MONTRÉAL - Sous la loupe de l'Autorité des marchés financiers (AMF) en compagnie d'autres cadres, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a voulu tempérer l'incidence de cette enquête, jeudi, à New York, dans le cadre de la journée des investisseurs du constructeur d'avions et de trains.

Le gendarme boursier québécois a décidé d'examiner la mise en place du Régime d'aliénation de titres automatique (RATA) mis sur pied en août, un programme permettant à des cadres de vendre des actions ou des options.

À ce moment, le titre se négociait aux alentours de 4,60 $, mais depuis l'action a piqué du nez pour coter à environ 2,20 $ à la Bourse de Toronto.

«Des actions ont été vendues dans le cadre de ce plan, a dit M. Bellemare aux actionnaires. Dans mon cas, c'est très peu. Je détiens encore 80% de mon programme d'incitatifs à long terme. Il en va de même pour mon équipe.»

À son avis, cela démontre l'engagement de l'équipe de direction à l'endroit du plan de redressement et du succès à long terme de Bombardier.

Quant à l'enquête de l'AMF, M. Bellemare a estimé que le gendarme boursier québécois «faisait son travail» et jugé «normal» qu'il y ait un examen en raison de la fluctuation du cours de l'action de la compagnie.

«Nous avons offert notre entière collaboration, a-t-il dit. J'ai suis convaincu que nous avons suivi les règles et nous espérons (que le processus) soit complété rapidement.»

Hausse des revenus en 2019 

Par ailleurs, Bombardier prévoit une croissance de 10% de ses revenus en 2019, grâce à l'entrée en service de son nouveau jet d'affaires, du carnet de commandes de sa division ferroviaire et de son offre de service après-vente.

Cette prévision a été dévoilée environ un mois après l'annonce d'une restructuration qui se traduira par l'élimination de 5000 emplois, dont 2500 au Québec, ainsi qu'une chute de 60% du cours de l'action depuis l'été.

La multinationale anticipe un chiffre d'affaires de 18 milliards $ US alors que l'entrée en service du Global 7500 - dont tous les avions sont vendus jusqu'en 2021 - devrait lui permettre de livrer entre 150 et 155 appareils d'affaires en 2019, comparativement à environ 135 cette année.

Cette prévision est relativement conforme aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters Eikon, qui anticipent un chiffre d'affaires d'environ 18,1 milliards $ US au terme de la prochaine année financière.

«Après trois ans d'exécution de notre plan de redressement, Bombardier est une entreprise beaucoup plus solide», a dit M. Bellemare aux investisseurs.

Le carnet de commandes de 34 milliards $ US de Bombardier Transport représente plus de 80% des revenus de cette division en 2019, qui sont estimés à 9,5 milliards $ US.

Les recettes tirées des services après-vente devraient afficher une croissance de 500 millions $ US pour atteindre 4 milliards $ US en raison de la maintenance à effectuer sur plus de 100 000 voitures de trains, au moins 4700 jets d'affaires et 1250 appareils régionaux.

M. Bellemare cherche à rassurer les investisseurs depuis la divulgation des résultats du troisième trimestre, il y a un mois.

L'entreprise avait alors affiché un trou de 600 millions $ US dans ses liquidités, en raison de dépenses plus élevées que prévu dans sa division ferroviaire, ce qui a soulevé des questions sur la capacité de la société à atteindre ses cibles. Certains sont aussi préoccupés par la lourde dette de l'entreprise, qui était de 9,5 milliards $ US en date du 30 septembre.

En excluant les éléments non récurrents, Bombardier s'attend à générer des flux de trésorerie qui devraient osciller entre 250 millions $ US et 500 millions $ US en 2019.

«La solide marge du bénéfice d'exploitation (de 9%) chez Bombardier Transport devrait rassurer les investisseurs», a estimé Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

En plus d'avoir procédé à une autre importante restructuration le mois dernier, Bombardier avait vendu des actifs, dont son programme d'avions à hélices Q400, en plus de signaler qu'elle évaluait ses options entourant ses jets régionaux CRJ.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:BBD.B)