Une majorité des emplois émergents de 2019 sont étroitement liés au milieu technologique.

Emplois émergents: l'intelligence artificielle à l’honneur

Les chercheurs d’emploi canadiens dans le domaine des technologies et de l’intelligence artificielle auront davantage de chances de trouver leur niche en 2019, selon une étude de la firme de placement de personnel Randstad.

Pour la première fois, l’initiative annuelle présente, avec sa liste des emplois les plus en demande, 10 emplois émergents de la nouvelle année. Une majorité d’entre eux sont étroitement liés au milieu technologique.

Mais attention : émergent «ne veut pas dire qu’il y a 500 postes par jour qui s’ouvrent là-dedans», précise la directrice des communications de Randstad, Marie-Noëlle Morency. Il s’agit principalement d’une expertise qui est de plus en plus recherchée chez les entreprises sans pour autant tenir compte du volume de la demande.

«La plupart des entreprises s’en vont vers la transformation numérique. C’est sûr que tout le monde essaie d’utiliser au mieux les nouvelles technologies pour faciliter la productivité, pour offrir des meilleurs produits, pour offrir une meilleure efficacité, pour aller plus loin dans les outils qu’ils offrent… Donc ça, ce n’est pas non plus une surprise», explique Mme Morency.

On retrouve notamment dans cette liste des emplois dans le développement de la Blockchain, cette technologie servant de registre numérique vantée par certains comme une des plus sécuritaires dans la conservation et la protection de données. Elle est utilisée entre autres dans les transactions de la monnaie virtuelle (bitcoin).

Les secteurs de l’intelligence artificielle et de l’automatisation d’opération ne sont pas non plus en reste, alors que «toutes les industries confondues» ont des besoins dans ces domaines. Marie-Noëlle Morency donne en exemple les ressources humaines où des robots sont en mesure de créer des descriptions de poste à l’aide d’algorithmes.

Elle croit d’ailleurs que la demande des employeurs pourrait «certainement» s’accroître au cours des prochaines années.

L’importance de l’expérience client

Malgré tout, la directrice des communications affirme que l’expérience client demeure ancrée dans les pratiques des entreprises alors que de nombreux postes, comme agent de clavardage, sont disponibles.

«Les gens veulent bien utiliser les technologies, mais ont quand même besoin d’un contact humain, d’avoir une expérience humaine et personnalisée, dit-elle. On voit les deux tendances, autant des postes très techniques que des postes axés sur l’expérience humaine aussi.»

C’est le cas du commerce au détail qui «n’est pas mort». Trois des emplois les plus recherchés par les employeurs sont ceux d’associé aux ventes, caissier et étalagiste.

«Je pense que plus on va voir de technologie, plus on va voir de l’humain se développer en parallèle. C’est comme si les deux vont de pair, ils ne vont pas se décliner ou se traduire de la même façon, mais je pense que plus on va voir des compétences techniques se développer, plus on va avoir besoin de compétences humaines aussi», poursuit Mme Morency.

«La raison, c’est que plus on automatise des postes, on automatise les postes qui sont plus ce qu’on appelle à “basse valeur ajoutée”, c’est-à-dire des tâches très mécaniques, très redondantes. Et ce qu’on va aller chercher du côté de l’humain, ce sont des compétences beaucoup plus sophistiquées» comme la pensée analytique, la créativité, ajoute-t-elle.

Pénurie de main-d’œuvre

Selon Marie-Noëlle Morency, il faut faire preuve de prudence lorsqu’on parle de la pénurie de main-d’œuvre. «Ça ne veut pas dire que parce qu’il y a une demande en termes de volume que ça induit une pénurie de main-d’œuvre nécessairement», prévient-elle.

Elle n’écarte pas que dans les milieux spécialisés, il peut bel et bien y avoir une pénurie «comme des électromécaniciens, des soudeurs et autres», mais que dans d’autres secteurs comme le service à la clientèle, il n’y a peut-être pas la même situation.

«Dans certains cas, c’est effectivement une demande qui reflète une pénurie de main-d’œuvre, par exemple les métiers spécialisés […]. Ça revient chaque année ce genre de poste-là, parce que c’est une demande très forte chez les employeurs et les candidats sont difficiles à trouver de ce côté-là», conclut-elle.

Dans les dernières semaines, l’Institut de la statistique du Québec indiquait que le taux de chômage s’établit à 5,5 % au Québec en décembre 2018, tandis que le taux canadien s’établit à 5,6 %.