Émile Schneider (à l'avant) et son ami d’enfance Hugolin Chevrette partagent la scénarisation (et une voiture de patrouille) dans la future websérie La loi c’est la loi.

Émile Schneider jouera à la police dans la websérie La loi c’est la loi [VIDÉO]

On a souvent vu Émile Schneider dans des rôles plutôt obscurs, tout en nuance et en délicatesse. On parle ici au passé, car le comédien aura un fun noir, cet automne, dans la peau de Steeve L’Heureux, un policier pas subtil pour deux sous qui fera du zèle dans la nouvelle websérie La loi c’est la loi.

Mise en contexte : dans un Montréal gangrené par le crime et la violence, deux agents du Service de police tactique de Montréal (SPTM) font équipe pour sillonner la ville et y faire régner l’ordre à tout prix et sans trop de bon sens. Pourquoi ? Parce que la loi c’est la loi !

« C’est l’anti-série des séries policières québécoises », résume Émile Schneider, qui n’est pourtant pas à court de mots pour décrire son nouveau projet. « C’est une comédie satirique de situations sur les déroutes du pouvoir. On est dans l’humour noir. »

« C’est un duo qui vient de milieux diamétralement opposés, poursuit le Sheffordois d’origine. On a inventé un nouveau corps de police 2.0 qui a plus de droits que la police qu’on connaît. C’est ancré dans la fiction, dans un univers près de la bande dessinée, un peu caricatural, mais plausible ! Disons qu’on grossit légèrement le réel. »

Dans cette minisérie en six épisodes de dix minutes, Émile ne fait pas que jouer, il coscénarise — une première pour lui — l’histoire avec son complice Hugolin Chevrette, qui interprète également son confrère flic, Éric Contant. Un tandem d’enfer qui fait la chasse aux brigands, sans trop se soucier du protocole. 

Émile et Hugolin se connaissent depuis la naissance et s’entendent à merveille. C’est après avoir tourné une scène ensemble pour le film 2011 qu’ils ont découvert leur potentiel comique. « On a tous les deux des morphologies particulières : je suis le grand mince, il est le petit baraqué. On est un genre de Laurel & Hardy 2019 trash dans la police ! », lance-t-il. Voyant cela, ils ont alors commencé à s’écrire des duos, dont celui des deux policiers qui leur a semblé une prometteuse idée de série.

Sur TV5

C’est aussi ce que le programme Créateurs en série — anciennement le Fonds TV5 — en a pensé, car Émile fait partie des huit lauréats 2019 qui recevront de l’aide pour la création, la scénarisation et la promotion de leurs projets de séries numériques. Ces oeuvres seront diffusées sur les plateformes d’Unis TV et de TV5 dans les premiers mois de 2020. Lui et Hugolin demeurent néanmoins en recherche de financement. 

« On est là-dessus depuis un an et demi et dans l’écriture depuis six mois. Il nous reste deux mois d’écriture. Le tournage aura lieu à l’automne/hiver prochain », indique le comédien qui prévoit y consacrer 12 jours. 

Tournée entièrement à Montréal par le réalisateur Vincent Ruel-Côté, La loi c’est la loi devrait être « esthétiquement cinématographique ». « Vincent arrive à magnifier l’urbanité. On verra la Montréal extérieure sous toutes ses coutures », assure Émile.

« On va commencer par la première saison, mais on l’écrit pour qu’elle puisse se poursuivre. Il y a des punchs à la fin de la saison pour que ça continue... et une partie touchante aussi ! » Et tant qu’à rêver, le jeune homme ne met pas de côté la possibilité que la série soit présentée un jour à la télévision.

Un fantasme de petit garçon, jouer à la police ? « Non, je n’ai jamais pensé jouer un policier. C’est même mon anti-casting. Je ne me suis pas écrit un rôle, je voulais aborder un sujet qui m’intéresse : la brutalité policière, le pouvoir et l’autorité. Hugolin et moi, on se rejoignait là-dedans. On voulait écrire une série qu’on n’avait pas encore vue, où tout est aux second et troisième degrés. » Les deux gars en profiteront d’ailleurs pour y aborder d’autres thèmes comme l’environnement et l’immigration. 

On sait déjà que de « grosses pointures » feront partie de la distribution. Pascale Bussières jouera la mère de Steeve, assurément, auxquels se joindront d’autres acteurs renommés, annonce Émile en promettant des numéros de grande qualité.

« J’ai le goût de faire triper tout le monde de 18 à 81 ans. Les gens vont se reconnaître dans cette série. »

Un homme occupé

Bien qu’Émile Schneider se soit réservé beaucoup de temps cet été pour écrire sa série, les projets abondent. Le film La beauté du monde — dans lequel il joue et dont il est éminemment fier — sort cet automne ; il sera de la tournée québécoise de la pièce La société des poètes disparus ; il jouera un rappeur dans la série Victor Lessard et un concierge dans L’Académie.

Le comédien apparaîtra également dans la pièce Sang mise en scène par Brigitte Haentjens et reviendra dans la saison 2 de la série web primée à Cannes Dominos