Voici ce qu’il restait de la petite voiture de Geneviève Cantin après qu’elle ait été percutée par un présumé chauffard aux facultés affaiblies par la drogue, il y a presque un an. La jeune retraitée de la natation en a eu pour plusieurs mois à se remettre des séquelles de cet accident.

Emboutie par un chauffard

Au cours de la dernière année, Geneviève Cantin n’aurait pas eu besoin d’une grosse poussée pour devenir une militante active contre la légalisation du cannabis qui deviendra effective le 17 octobre. À l’automne 2017, tout se déroulait pour le mieux dans la vie de la spécialiste du 200 mètres dos. Après mûre réflexion, la Jonquiéroise avait décidé de prendre sa retraite de la compétition haute performance et venait de se marier. Mais sa vie a basculé le 27 octobre au soir, à Québec, lorsqu’en revenant du boulot, un chauffard a violemment heurté son véhicule, lequel a fini sa course dans un muret.

L’homme, qui a pris la fuite, a finalement été arrêté. Il fait toujours face à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. Le chauffard s’en est tiré indemne, alors que Geneviève doit encore composer avec les contrecoups de l’accident, et ce, presque un an plus tard.

« Il était 23 h 15. Je revenais du travail ben relaxe sur l’autoroute de la Capitale quand un chauffard, qui était sous facultés affaiblies par la drogue, a heurté la portion arrière du véhicule, côté passager. J’ai fini ma course dans un muret de béton. J’ai été chanceuse qu’il n’y ait pas de trafic à ce moment-là, parce que j’aurais peut-être eu plus de séquelles », raconte l’athlète de 27 ans, ancienne nageuse du Rouge et Or de l’Université Laval, lors d’une entrevue téléphonique. 

Commotion cérébrale, fracture à une main et tendinite ont fait en sorte qu’elle s’est retrouvée un mois sans ne pouvoir rien faire. Pas facile pour celle qui carbure à l’action !

Même si elle s’en est relativement bien sortie physiquement, ce sont les séquelles de l’accident qui sont les plus longues à guérir. Car depuis, la Jonquiéroise a dû composer avec des crises d’anxiété imprévisibles qui la paralysaient quand elles surgissaient.

« J’étais toujours maussade, toujours triste et j’avais de la misère à sourire parce que j’étais toujours en train de me demander quand surviendrait la prochaine crise. Quand je ne me sens pas bien, c’est là que les crises d’angoisse arrivent, et ça recommence. [...] Tranquillement pas vite, je me relève. Quand je n’aurai plus de crises d’angoisse, je vais pouvoir dire que je me suis relevée de ça. Par contre, ça va vraiment de mieux en mieux », a indiqué celle dont les crises sont maintenant beaucoup plus rares.


Voici ce qu’il restait de la petite voiture de Geneviève Cantin après qu’elle ait été percutée par un présumé chauffard aux facultés affaiblies par la drogue, il y a presque un an. La jeune retraitée de la natation en a eu pour plusieurs mois à se remettre des séquelles de cet accident.

Colère

Geneviève Cantin se souvient de chaque moment de l’accident et des heures qui ont suivi. Elle a passé la nuit à l’hôpital dans un lit, sans bouger, avec un collier cervical. Les médecins pensaient qu’elle ne marcherait plus en raison d’un choc important au cou. « Ce n’était pas le fun. Je me disais que ce n’était pas vrai que je ne marcherais plus. J’étais stressée. »

Finalement, un médecin lui a enlevé le collier et lui a dit de se lever.

Au début, elle en voulait au présumé chauffard. « Quand je n’avais rien à faire, je faisais des crises et je le traitais de tous les noms parce que j’étais fâchée. C’est sûr que je lui en veux pour ce qui s’est passé, mais j’espère qu’il va payer et qu’il aura au moins de la prison pour que ça ne se reproduise pas. »

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OPPOSÉE À LA LÉGALISATION DU CANNABIS

Lorsque Geneviève Cantin a vu sa vie chamboulée par un chauffard aux facultés affaiblies par la drogue, la campagne du premier ministre canadien, Justin Trudeau pour la légalisation du cannabis était déjà en marche. «J’étais vraiment fâchée et pas ouverte», avoue la Jonquiéroise, qui n’hésitera pas à s’associer à une campagne anti-cannabis, si elle reçoit une demande en ce sens.

«Je suis encore fâchée (contre la légalisation), car même s’ils passent des lois interdisant la consommation dans des lieux publics ou derrière le volant, il y a des gens qui vont le faire pareil. J’étais certaine que ça ne se ferait pas, mais ça s’est fait», déplore-t-elle.

Bonheur retrouvé

Cela dit, cet accident a changé sa perception de la vie. «J’essaie de vivre chaque moment intensément parce que je sais que tout peut être chamboulé en un instant», explique celle qui s’habitue à vivre le moment présent. D’ailleurs, la vie a heureusement repris ses droits, et la Jonquiéroise a renoué avec le bonheur. Elle a terminé un baccalauréat et son certificat en linguistique. Elle amorcera une maîtrise en orthophonie dans un an. Car entre-temps, à la fin novembre, elle et son conjoint, Justin Boudreault, seront les heureux parents d’un premier enfant qu’on leur souhaite en pleine santé!

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FIÈRE D'UNE CARRIÈRE FRUCTUEUSE

En juin 2017, Geneviève Cantin a annoncé sa retraite de la compétition active, après 20 ans de carrière. L’un des seuls points positifs de son accident survenu en octobre 2017, c’est qu’il n’a pas influencé sa prise de décision.

« Heureusement, parce que j’aurais moins aimé ma fin de carrière, d’être obligée de la prendre à ce moment-là », affirme celle qui avait mûrement réfléchi sa décision auparavant. C’est pourquoi elle assure n’avoir aucun regret.

« Je ne peux pas avoir de regrets. Il ne faut pas non plus. J’entraîne des universitaires et des cégépiens, et j’aime vraiment ça. C’est vraiment le fun. Je suis restée dans le milieu. Ça fait une belle transition entre le fait que j’arrête. Ç’a été pas mal plus facile. »

Bien qu’elle n’ait pu réaliser son rêve olympique, Geneviève Cantin estime avoir connu une carrière « grandiose » durant ses 20 années consacrées à la natation haute performance. « Je n’ai peut-être pas fait les Jeux olympiques, mais j’ai participé à des compétitions qui étaient toutes aussi importantes et excitantes : deux championnats du monde, deux Jeux du Commonwealth, deux Championnats panpacifiques », avait-elle écrit sur sa page Facebook. 

« Aller aux Olympiques veut dire faire partie des meilleures au monde. Je crois avoir tout de même atteint ce rêve, être l’une des meilleures nageuses mondiales dans mon épreuve ; 14e (au monde), ce n’est pas rien ! »

La Jonquiéroise a tracé un bilan très positif de sa carrière. « Je suis extrêmement fière de ce que j’ai accompli. J’ai visité le monde, j’ai rencontré et côtoyé de grands athlètes et de grands entraîneurs, je me suis fait des amis pour la vie. J’ai vu et connu aussi la déception, la tristesse, le stress, le bonheur et la fébrilité. Grâce à ce long périple dans le domaine de la natation, je suis très heureuse de la personne que je suis devenue.

« Représenter ma région, mon université, ma province et mon pays fut un privilège qui arrive rarement dans une vie. Je suis donc fière de dire que j’accroche mon maillot et que je laisse place à d’autres rêves pour moi dans le futur », a-t-elle conclu, en remerciant tous ses coéquipiers, ses entraîneurs et les personnes qui ont cru en elle tout au long de cette belle aventure.