Des dizaines de groupes scolaires dans le monde cherchaient à quitter l’Italie au même moment. La Commission scolaire de la Beauce-Etchemin devait prendre une décision rapidement.

Élèves de la Beauce en voyage scolaire en Italie ramenés au Québec: «On ne voulait prendre aucun risque»

La Commission scolaire de la Beauce-Etchemin a choisi de ramener son groupe scolaire d’Italie, écourtant ainsi son voyage. Les décisions entourant la situation exceptionnelle sont loin de faire l’unanimité chez les parents, mais la commission scolaire assume ses choix.

«On a reçu plusieurs plaintes de parents mécontents. On assume. Considérant tous les risques, c’est la meilleure décision selon nous», exprime avec transparence Marie-Ève Dutil, directrice par intérim du secrétariat général de la commission scolaire.

La propagation du coronavirus en Italie continue de paralyser le pays, toutes les écoles ont d’ailleurs fermé leurs portes mercredi. Les élèves de la polyvalente Benoît-Vachon, à Sainte-Marie, et trois accompagnateurs s’y sont envolés le 28 février, alors que la situation semblait sous contrôle.

«On avait fait nos recherches avant et on a commencé à en parler le 24 février, on avait informé les parents de tous les risques et des choix qui s’offraient à eux, pour qu’ils prennent une décision juste», explique Mme Dutil. 

Parce que ce sont les parents qui avaient la décision finale concernant le départ de leur enfant, l’entente de ce séjour a été signée entre eux et l’agence de voyages. Quant à la commission scolaire, elle avait le dernier mot concernant le départ de ses trois employés accompagnateurs.

En date du départ, le gouvernement affichait un avertissement de niveau 2 pour le nord de l’Italie, alors que la situation se veut dangereuse seulement au niveau 3.

Finalement, trois enfants n’ont pas embarqué dans l’avion vers l’Europe, les parents ayant décidé d’annuler leur participation. «La décision ultime du départ leur appartenait. On ne pouvait pas faire un choix pour eux. Les parents devaient évaluer la situation avec toutes les informations qu’on leur a fournies, en collaboration avec la santé publique.»

Quant aux employés, on assure que leur participation était volontaire et qu’ils ont manifesté leur désir de tout de même s’y rendre.

Un départ, puis de mauvaises nouvelles

Tout le groupe se portait bien mercredi, jour de leur retour précipité, il se trouvait à Rome où aucune alerte n’est lancée. Les élèves et les employés ne voyaient aucun signe de maladie. Ils devaient rester en Italie jusqu’au 9 mars. 

«À 10h55 le 2 mars, le nord de l’Italie devient un niveau 3. Et le groupe se dirigeait directement là pour les prochains jours. Ils prenaient l’avion de retour à Venise. Nous, on a autorité sur nos enseignants, et il était hors de question qu’on les envoie là-bas», continue Mme Dutil.

Il s’en est suivi plusieurs conversations avec l’agence de voyage Global Tourisme International, qui a été extraordinaire, note Marie-Ève Dutil, afin de changer l’itinéraire. Le problème : tous les changements impliquent des frais additionnels. Le prix du voyage montait en flèche. 

«Finalement, l’agence nous rappelle après une heure pour nous dire qu’elle a trouvé 40 sièges dans trois vols de retour et qu’il faut confirmer en 30 secondes.» Mme Dutil et son équipe ont tranché, pas le temps de contacter les parents.

Plusieurs dizaines de groupes scolaires dans le monde cherchaient à quitter l’Italie au même moment. Les vols libres devenaient rares, même chose pour les endroits où dormir en sécurité. 

«Il fallait prendre une décision rapidement. On ne savait pas s’ils allaient pouvoir revenir ou si on allait avoir des hôtels libres. Selon nous, c’était la seule décision. Nos employés revenaient, alors les élèves aussi, même si on n’avait pas l’autorité.»

Plaintes

Certains parents accusent l’école de «paniquer pour rien» sur le coronavirus, mais la raison du retour des élèves s’explique davantage sur les risques menaçant leur retour à la maison que la maladie elle-même.

De l’autre côté, la commission scolaire encaisse les plaintes de parents qui ne veulent pas que le groupe mette les pieds à l’école, pour éviter la contamination.

«Je ne veux surtout pas qu’une crainte grandisse autour de ces jeunes-là. Ils sont corrects et n’ont pas été en contact avec des gens malades. Il n’y a pas de panique, on est en mode prévention depuis le début, jamais en mode action», insiste Mme Dutil. 

Au retour de la semaine de relâche, il y aura une rencontre d’informations pour tous les parents avec la Direction de la santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches. Les parents des élèves ont déjà reçu une lettre de leur part pour savoir quoi faire au retour des voyageurs.

«Pour ce qui est de la santé, on se fie aux spécialistes. Tout le monde est en sécurité présentement et c’est ce qui compte, on a évité une situation bien pire qui aurait pu nous coûté très cher», ajoute Mme Dutil. 

Les frais supplémentaires liés aux changements de l’itinéraire devraient être assumés par l’assurance voyage des parents.