La société d’État a annoncé vendredi la signature d’un bail dans l’édifice sis au 884, rue Principale.

Du pot légal sur la Principale à Granby

La Ville de Granby accueillera une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC) d’ici l’été. Tout près de six mois après la légalisation de la marijuana, la société d’État a annoncé vendredi la signature d’un bail dans l’édifice sis au 884, rue Principale.

De 15 à 20 emplois devraient être créés par l’arrivée du commerce d’ici quelques semaines, a fait savoir Fabrice Giguère, responsable des relations avec les médias pour la SQDC. Sans donner de date précise, on mentionne que son ouverture aura lieu « d’ici la fin du printemps 2019 ».

Actuellement, le bâtiment qui se trouve entre les rues Choinière et Simonds abrite une succursale de la compagnie d’assurances Wawanesa, de même que le Centre de musique Victor et un restaurant Thaï Express. Il est la propriété de 2 817 403 Canada Inc., société gérée par le Montréalais Eddy Dikranian.

Le commerce devrait occuper une superficie de 2000 pieds carrés et son aménagement ressemblera en tous points aux autres succursales de la chaîne. Des travaux de réaménagement de l’endroit auront lieu au cours des prochaines semaines.

Le magasin de Granby deviendra la troisième succursale de la Société québécoise du cannabis en Montérégie, après celles de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Brossard, cette dernière devant ouvrir ses portes le 13 mars prochain. 

Élargir le marché légal

Il s’agira également de la toute première adresse de la bannière dans les Cantons-de-l’Est. « La raison pour laquelle nous avons choisi Granby, c’est parce que nous avons constaté qu’il y avait un trou de marché à combler dans ce secteur, explique M. Giguère. Notre mandat est d’attirer la clientèle vers un marché de cannabis légal, alors pour y arriver, il faut en rendre l’accès facile. »

Yannick Brisebois, propriétaire de Trichome hydroponique, qui se spécialise dans la marijuana thérapeutique, ne craint pas que l’arrivée de la Société québécoise du cannabis en ville ne nuise à ses affaires. Il est également d’avis que la vente légale de cannabis atteint son but de nuire à la vente illicite de cette drogue. « Ça a un impact sur le marché noir », relève-t-il.

C’est pour cette même raison que le député fédéral de Shefford, Pierre Breton, affirme qu’il ne faut pas se surprendre de l’ouverture d’un tel commerce à Granby. « Ça s’inscrit dans la décision de notre gouvernement de légaliser la marijuana pour des raisons de santé et pour empêcher le crime organisé d’en tirer profit », dit-il, rappelant que la production et la vente de cannabis sont cependant des compétences du gouvernement provincial.

L’élu est d’avis que comme 13 autres points de vente ont été ouverts avant celui de Granby, « nous pourrons bénéficier de l’expertise qui s’est développée au cours des derniers mois. »

« À mon sens, la population aura accès à des produits de qualité respectant des normes très strictes », se réjouit-il, ajoutant que même si son gouvernement a légalisé le cannabis, cela ne signifie pas qu’il encourage la population à s’en procurer et à en consommer. « C’est aussi important de bien informer la population sur les risques à consommer du cannabis. »

Le député de Granby, François Bonnardel, affirme pour sa part « respecter l’autonomie de la SQDC dans la détermination des sites de futures succursales ». Sa seule préoccupation était que le point de vente ne se situe pas près d’une école, ce qui a été respecté.

Répondre à la demande

Depuis l’ouverture de ses premiers points de vente, à la mi-octobre, la Société québécoise du cannabis a fait l’objet de plusieurs critiques en raison de problèmes d’approvisionnement, qui ont laissé de nombreuses tablettes vides et forcé la société d’État a réduire ses heures d’ouverture.

« Je trouve ça comique d’ouvrir une SQDC à Granby alors qu’ils ne sont pas capables de remplir les tablettes des magasins qui existent déjà. Ce sont des dépenses supplémentaires, des baux et des salaires, alors qu’on ne réussit pas encore à faire les frais avec les autres. C’est le contribuable qui paie en bout de ligne », affirme M. Brisebois.

Les consommateurs de cannabis pourront retrouver la même gamme de produits à Granby que dans les autres succursales, assure-t-on. « Ça va mieux de semaine en semaine, indique le porte-parole Fabrice Giguère. Nous constatons une amélioration significative de nos stocks. »

Vendredi, la SQDC a également annoncé la signature de deux autres baux dans des locaux situés à Saint-Agathe-des-Monts ainsi que sur le chemin Queen-Mary, à Montréal.

Toutes les succursales de la SQDC sont ouvertes le mercredi de 10 h à 18 h, le jeudi de 9 h à 21 h, le vendredi de 10 h à 21 h de même que les samedis et dimanches de 10 h à 17 h.

Les offres d’emploi dans la future succursale seront éventuellement affichées sur le site Internet de la Société québécoise du cannabis au www.sqdc.ca. Il sera dès lors possible de soumettre sa candidature en ligne.