La poursuite n’a toujours pas déposé de nouvelles accusations contre le père et la belle-mère de la fillette décédée. «Nous attendons des résultats d’expertises médicales et policières, dont un rapport d’autopsie», a dit Me Laurence Bélanger, du ministère public.

Drame de Granby: le père veut être remis en liberté

Le père de la fillette de sept ans morte après avoir été victime de maltraitance parentale à Granby, en avril, veut être remis en liberté en attendant son procès.

Son avocat, Me Martin Latour, en a fait l’annonce jeudi alors que les dossiers du père et de la belle-mère de la victime, tous deux détenus dans cette affaire, revenaient devant la cour.

La date du 6 juin a été retenue pour cette enquête sur remise en liberté provisoire, de concert avec la représentante de la poursuite, Me Laurence Bélanger, qui s’objecte à ce que le couple retrouve sa liberté.

Pour la co-accusée, Me Rachel Bernatchez a choisi le 3 juin pour la suite du dossier, mais seulement pour la forme. « J’ai des vérifications à faire avant de prendre position sur l’enquête sur remise en liberté », a indiqué l’avocate.

Aucune nouvelle accusation n’a par ailleurs été déposée contre le couple qui fait face, pour l’instant, à des accusations de séquestration et, dans le cas de la belle-mère, d’une charge supplémentaire de voies de fait graves. Les deux accusés n’ont pas été amenés devant la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec, jeudi.

« Nous attendons toujours des résultats d’expertises médicales et policières, dont un rapport d’autopsie », a indiqué Me Bélanger. 

« Les procureurs poursuivent leur collaboration avec les enquêteurs de la Sûreté du Québec dans cette affaire », a précisé Me Jean Pascal Boucher, porte-parole et responsable des relations avec les médias pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« On doit prendre le temps de bien analyser le dossier au complet avant de décider de la suite des choses, avait dit Me Boucher lors de la première comparution du couple, le 2 mai. Les causes et les circonstances du décès devront être déterminées. Pour l’instant, toutes les informations sont analysées en lien avec la trame factuelle. »

Accusations éventuelles

Me Bélanger avait également mentionné, lors de la première comparution du couple, que d’éventuelles nouvelles accusations de négligence criminelle causant la mort, d’homicide involontaire ou encore de meurtre pourraient être déposées contre les accusés.

Le père âgé de 30 ans a déjà été trouvé coupable de vol, de fabrication de fausse preuve en cour et de non-respect de ses conditions par le passé, tandis que sa conjointe de 35 ans a plaidé coupable à une accusation voies de fait graves contre la fillette en 2018. Elle avait alors bénéficié d’une absolution inconditionnelle pour cette infraction.

Dans le présent dossier, le couple a été arrêté par le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec après que l’enfant eut été retrouvée dans un état critique à son domicile.

Le 29 avril dernier, la fillette — dont on ne peut publier l’identité ni celle des accusés, afin de protéger l’identité d’autres éventuels témoins — avait été transportée d’urgence à l’hôpital, où elle est décédée le lendemain. Très amaigrie, elle aurait été ligotée et bâillonnée dans sa demeure dans les heures précédant son transport en ambulance.

Divers témoignages ont été recueillis à l’effet qu’elle avait tenté de fuir le domicile familial dans la nuit précédant son hospitalisation, et elle aurait aussi fait plusieurs fugues par le passé. Elle était sous supervision de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et le tribunal avait accepté de donner la garde complète de l’enfant au père en 2018.