«Les listes d’attente ont baissé de façon significative. Il y avait 3800 enfants en attente au mois de juin, on est rendu à 2000 enfants sur les listes d’attente», a répondu le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable de la Protection de la jeunesse, Lionel Carmant, à la solidaire Manon Massé.

DPJ: la CAQ veut éliminer les listes d’attente d’ici un an

Le gouvernement québécois veut éliminer les listes d’attente des directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) d’ici un an.

C’est ce qu’a exprimé jeudi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable de la Protection de la jeunesse, Lionel Carmant, durant la période de questions au Salon bleu du parlement de Québec. Son affirmation survient au lendemain de la publication d’un chapitre accablant dans le rapport annuel de la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) à propos de trop longs délais d’attente aux DPJ, autant pour le traitement des signalements que pour l’application de mesures de correction. Les constatations de la VGQ utilisaient des statistiques de 2016 à 2018.

«On est en train d’ajouter des ressources partout. Les listes d’attente ont baissé de façon significative. Il y avait 3800 enfants en attente au mois de juin, on est rendu à 2000 enfants sur les listes d’attente. On continue à les éliminer. Nous, on veut les éliminer d’ici un an», a répondu le ministre Carmant, à une question de la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, qui remet en doute le leadership du ministre dans ce dossier.

Moratoire sur la paperasse

M. Carmant rappelle que depuis son élection, il y a un peu plus d’un an, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a investi 65 millions $ et ouvert environ 500 postes chez les 19 directeurs de la protection de la jeunesse. Il a aussi mis sur pied la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent.

Mais en attendant le rapport Laurent, le ministre posera d’autres gestes dès la semaine prochaine. Comme la déclaration d’un moratoire sur les formulaires. Fini l’ajout de nouveaux formulaires pour les intervenants et intervenantes du DPJ jusqu’à la conclusion de la commission, dont le dépôt du rapport final est attendu au plus tard le 30 novembre 2020, soit dans un an.

«On va permettre aux intervenantes de passer plus de temps avec les patients et moins de temps dans la paperasse, dit M. Carmant. Quand j’étais sur le terrain, elles se plaignaient toujours qu’il y avait des nouveaux formulaires qui apparaissaient. Pour le moment, on va les arrêter et on verra ce que la commission Laurent va nous dire sur la fonction du DPJ, parce qu’il n’y a pas grand-chose qui a changé depuis les 40 dernières années.»

Les tâches de transport de la clientèle effectuées par les intervenants et intervenantes seront aussi diminuées, ajoute-t-il.

Première ligne renforcée

Comme solution à plus long terme, le ministre estime qu’un renforcement de la première ligne des services de santé, en amont, désengorgera les listes d’attente des DPJ.

«Il y a beaucoup d’enfants qui vont directement au DPJ sans jamais avoir eu de services en première ligne. C’est inacceptable! Il y a aussi beaucoup d’enfants en attente de services en première ligne et, comme il ne se passe rien, ils sont envoyés au DPJ. Je le répète, mais le DPJ est rendu la salle d’urgence des services sociaux! Il faut que notre première ligne soit plus forte», indique M. Carmant, attribuant l’explosion des listes d’attente aux récentes années de coupes de l’ancien gouvernement libéral dans les services de santé de première ligne.

Après avoir mis des efforts sur le programme Agir tôt concernant les enfants de 0 à 5 ans, le gouvernement investira maintenant dans le programme Jeunes en difficulté, qui se concentre sur les 6 à 12 ans.