À Cowansville, Dominick Léonard précédera sur scène ses collègues humoristes Benoit Paquette, Martin Rozon et Étienne Langevin.

Dominick Léonard: l’humoriste au long cours

Parole de Dominick Léonard, il n’a jamais eu de « day job » de sa vie. Il a été jongleur et magicien durant quinze ans, avant de devenir humoriste il y a autant d’années. Et pendant un moment, tous ces chapeaux se sont chevauchés.

« J’ai des milliers de spectacles à mon actif », avance l’artiste de 46 ans le plus sérieusement du monde.

C’est donc à sa manière qu’il a mené sa barque. « Je savais que je m’en allais vers l’humour, mais quand j’avais 18 ans, parce que j’étais pauvre, au lieu d’aller à l’École de l’humour, j’ai décidé de gagner ma vie pour apprendre plutôt que de payer pour apprendre. »

Son parcours aurait peut-être été différent, admet « Léo » avec le recul, mais il ne regrette rien. « J’ai toujours été un loner un peu marginal. J’ai toujours fait mes affaires tout seul. Mais là, j’ai un gérant. Je n’ai pas de regret, mais il vient un moment où tu veux gagner ta vie plus convenablement. »

Dominick Léonard n’est pas une « vedette », mais il roule sérieusement sa bosse. Galas, chroniques à la radio, apparitions télévisées, spectacles corporatifs et dans les bars... il s’est surtout fait remarquer pour son sens aiguisé de la répartie.

« Il y a deux genres d’humoristes : celui qui donne et celui qui reçoit. Celui qui donne fait un peu fi de la foule et livre la marchandise. Moi, j’aime quand la foule me parle. Je suis dans l’écoute. Je n’ai pas d’ordre de show, je sais comment je commence et comment je finis, mais entre les deux, ça varie. »

L’humour de Dominick Léonard ? Des jeux de mots, dit-il. « On dit que je ne suis pas vulgaire, mais plutôt grivois... Je dis parfois des insanités, mais ça passe bien, car les gens savent que ce n’est pas vrai. Des fois, on me compare à Yvon Deschamps », glisse celui qui se qualifie de monologuiste. Parce qu’il aborde des sujets assez pointus, comme le racisme, la libération de la femme ou la famille, dit-il, le ton choisi peut faire toute la différence. « Je fais de la dérision, alors il faut trouver le bon angle. »

À Cowansville

On pourra avoir un bon aperçu de son matériel, car il passera tous ses week-ends d’août à Cowansville, lui qui fait partie de la « formule à quatre » proposée par le Théâtre des Tournesols. Huit soirs durant, il montera sur scène avec trois confrères humoristes : Benoit Paquette, Martin Rozon et Étienne Langevin.

Ce dernier prend la relève de Michel Mpambara qui, contrairement à ce qui était prévu, aurait décliné l’invitation pour des raisons personnelles.

La formule en est une de gala, explique Dominick, qui se chargera de l’animation de chaque soirée. « Je fais 10-15 minutes pour réchauffer la salle et ensuite, je présente mes invités », dit-il en précisant que tous ces vieux routiers de l’humour monteront sur scène tour à tour.

Dominick Léonard profitera d’ailleurs de ce contrat estival en terre cowansvilloise pour s’installer non loin, à Saint-Ignace-de-Stanbridge, dans le chalet d’une amie. Une belle façon de profiter de la campagne et de travailler sur ce premier spectacle solo qui pourrait voir le jour en 2020 ou 2021.

« Ce show, ce n’est pas un vieux rêve pour moi. Je ne dirai pas ‘‘Enfin ! ’’. C’est juste la continuité de ma carrière. Je suis rendu là », lance-t-il un peu à contre-courant.

Dans son refuge temporaire, il écrira du nouveau matériel et revisitera d’anciens textes. « Et en juin prochain, je rentre dans les petites salles pour une quarantaine de shows. Selon la réponse du public, on verra ce qui arrivera. »

Le titre ? Ça reste à voir...