Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean
Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean

Difficile de trouver un logement quand on est autochtone

Il n’est pas toujours facile de trouver un logement à Roberval lorsqu’on est autochtone, affirme Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean (CAALSJ).

Parmi les causes ciblées par la directrice, il y a la rareté des logements disponibles, causée en partie par les deux incendies qui se sont produits dans les derniers mois, dont le plus récent datant du mois d’avril. « On a encore des familles au motel depuis le 6 avril. Il y a eu deux feux dans la dernière année à Roberval, l’un dans un bloc de huit logements et l’autre dans un bloc de six logements. […] Ce sont dont 14 logements, principalement occupés par des Autochtones. »

À cela s’ajoute la démolition de certains autres immeubles, qui ne seront pas reconstruits. « Il y avait des appartements qui étaient occupés par les Autochtones et ça fait en sorte que l’offre est diminuée considérablement », ajoute-t-elle.

À l’approche du 1er juillet, elle confirme que l’organisme est très sollicité pour accompagner certains de ses membres dans la recherche d’un logis. « Nous avons beaucoup de demandes de logements. [...] On arrive avec une situation où les Autochtones ne sont pas capables de se trouver de logements. Déjà que c’était difficile, là, c’est encore pire cette année ! »


« On arrive avec une situation où les Autochtones ne sont pas capables de se trouver de logements. Déjà que c’était difficile, là, c’est encore pire cette année ! »
Mélanie Boivin

Propriétaires

La directrice générale du CAALSJ ne s’en cache pas : certains propriétaires sont plus réticents à louer leur appartement aux Autochtones qui vivent en milieu urbain.

Les raisons des plaintes sont multiples à leur égard : surpeuplement à l’intérieur des logements, violence, conflits, consommation de drogue, bris de matériel, etc.

« On parle de discrimination dans la recherche de logements par nos Autochtones, mais elle est fondée sur des faits et on comprend ça. [..] Les propriétaires ont peur de faire brûler leurs immeubles et ils sont craintifs avec tout ce qui s’est passé. »

Solutions

Selon elle, l’accompagnement et l’éducation demeurent des pistes de solution à long terme. « C’était urgent que l’on agisse pour accompagner tant les locataires que les propriétaires pour rassurer cette relation-là. »

Elle affirme qu’une intervenante au sein de son équipe s’occupe du dossier. « Elle fait de la recherche de logements avec eux, rassure le propriétaire et explique les obligations et responsabilités aux locataires. […] Évidemment, il faut que le loyer soit décent aussi. Les propriétaires ont des obligations de leur côté. »

Autres solutions ? « Un service de prévention en partenariat avec le Service de sécurité incendie de Roberval. À cela s’ajoute un accompagnement avec la Sûreté du Québec. Quand il y a des plaintes, on prend le temps d’expliquer les règlements municipaux. Dans leur communauté, ils n’ont pas les mêmes réglementations qu’à Roberval. »

Projet d’immeuble

Pour ajouter une offre supplémentaire de logements, le CAALSJ avait fait l’acquisition l’an passé d’un terrain, au coût de 145 000 $.

« Ce sont 18 unités qui sont prévues. Nous avons des esquisses du projet, sans toutefois avoir encore une idée des coûts exacts. On dépose une demande d’aide financière dans les prochaines semaines et on va avancer ce dossier pour construire le plus vite possible, probablement le printemps prochain ! »