Au terme de son stage et de ses études, Guy Pelletier a été ordonné diacre, en juin dernier. Son ordination presbytoriale, qui fera de lui un prêtre, aura lieu le 18 novembre prochain.

Devenir prêtre à 60 ans

Guy Pelletier, 60 ans, sera bientôt prêtre. En plus de l’aboutissement d’une démarche s’échelonnant sur de nombreuses années, cette ordination correspond au début d’un nouveau chapitre pour le Granbyen d’adoption.

«Il y a quelques années, les candidats qui entraient au Petit Séminaire étaient beaucoup plus jeunes. À l’époque, si tu y entrais à 25 ans, tu étais en vocation tardive! lance-t-il. Maintenant, ça s’est ouvert aux autres.»

S’il concède qu’il entrera tardivement dans la prêtrise, M. Pelletier n’a pas ressenti l’appel du jour au lendemain. Son intérêt pour la réflexion et sur la quête d’un sens à la vie remonte à ses jeunes années. «Je suis manuel. J’ai toujours travaillé de mes mains, mais j’ai aussi toujours eu un intérêt très marqué pour la réflexion. La philosophie m’intéressait beaucoup au cégep et j’ai toujours été à la recherche de la vérité», explique l’homme de foi rencontré au presbytère de la paroisse Saint-Eugène de Granby.

Un jour, une dame l’a approché et lui a parlé du Christ. Une révélation pour M. Pelletier, alors âgé de 17 ans et qui venait de trouver «le chemin vers la vérité et la vie» qu’il avait tant cherché.

«Ça a été l’élément déclencheur, la découverte de ma foi», raconte-t-il.

La réflexion, l’enseignement et le contact avec l’autre étant au coeur de sa personne, il avait alors envisagé de devenir pasteur. Entre temps, il a suivi une formation en sciences pures au cégep avant de s’inscrire en génie à l’université.

Pendant environ 35 ans, il a vécu en tant que laïc consacré au sein d’une communauté — qu’il a quittée en 2011.

Par là, il entend faire le bien dans son milieu en mettant ses compétences, son talent et son écoute à profit. C’est d’ailleurs cela qu’il considère le mieux incarner la notion de «vocation». «Être tourné vers l’autre est au coeur du christianisme. C’est de reconnaître l’humanité dans l’autre et d’en prendre soin, pendant qu’on prend soin de la nôtre», détaille M. Pelletier.

Virage

Un jour, il a senti que le moment était venu de partir ailleurs. «J’ai choisi de donner suite à ma vocation presbytérale», explique celui ayant commencé sa démarche de discernement en 2011, la cinquantaine bien entamée.

Ce processus, qui s’étire sur une période de sept ans et qui comprend quatre ans d’études et deux ans de stage, vise à préparer le candidat à la vie ecclésiastique, certes, mais aussi à s’assurer qu’il emprunte cette voie de son plein gré et qu’il s’y sente à l’aise. S’il y renonce en cours de route, c’est parce qu’il aura appris sur lui-même, qu’il aura trouvé son chemin qui mène ailleurs, explique M. Pelletier.

«Pour ma part, je me suis senti tout de suite à l’aise. Quand j’ai commencé, c’était tellement fort en moi...»

La formation que doivent suivre ceux qui aspirent à devenir prêtres comprend des études intensives de théologies, jumelées à des cours de philosophie, de psychologie, de liturgie et de prise de parole, entre autres. Le retour sur les bancs d’école n’a pas été facile au début pour M. Pelletier, mais il y a trouvé beaucoup à cogiter. «J’apprenais un peu moins rapidement que certains collègues de classe, plus jeunes, mais mon expérience de laïc consacré m’a aussi aidé», dit-il.

La reconnaissance de cette expérience antérieure lui a permis d’éviter une année de stage, un privilège rarissime.

Être là pour l’autre

Au terme de son stage et de ses études, M. Pelletier a été ordonné diacre, en juin dernier. Son ordination presbytérale, qui fera de lui un prêtre, aura lieu le 18 novembre prochain.

D’ici là, il se familiarise avec les diverses tâches qu’il devra accomplir une fois vêtu de sa tenue liturgique. Il officie des baptêmes, célèbre des liturgies de la Parole et des cérémonies d’adieu lors de funérailles et se familiarise avec les homélies. Il célébrera éventuellement des mariages, tout ça en accompagnant des personnes qui ont besoin d’une oreille attentive.

Un jour peut-être, l’évêque Christian Rodembourg, à la tête du Diocèse de Saint-Hyacinthe, l’appellera pour lui demander de prendre charge d’une paroisse. «Il y a plusieurs lieux de culte sans paroisse, constate M. Pelletier. Certains prêtres ont charge de plusieurs églises. On est comme des missionnaires, qui dans certains pays, visitent des dizaines de villages sur plusieurs mois pour rencontrer les croyants et célébrer la messe.»

S’il poursuit vers la prêtrise, c’est qu’il souhaite servir et guider les autres, mentionne M. Pelletier.

«Dans l’Église, il n’y a aucune contradiction entre la foi et la raison», explique le prêtre en devenir. «L’idée profonde de la foi, poursuit-il, est que Dieu a mis quelque chose d’une grande beauté en chacun de nous. C’est de se demander comment mettre ce quelque chose au service de nos frères et de nos soeurs.»