La deuxième victime à avoir péri dans l’incendie d’un véhicule sur le chemin Bradley est Jean-Christophe Gilbert, 24 ans de la Montérégie.

Deuxième victime identifiée dans la voiture calcinée: des questions sans réponses

TROIS-RIVIÈRES — «Mais qu’est-ce qu’il faisait dans la voiture? Pourquoi il était là? Je ne le sais pas.» Ces questions tourmentent Corine Bolduc. Des enquêteurs sont venus lui confirmer, mercredi matin, ce dont elle se doutait depuis déjà plusieurs jours. Son fils Jean-Christophe Gilbert, 24 ans, est mort. Il est la deuxième victime qui a été trouvée calcinée dans un véhicule incendié, sur le chemin Bradley, le 10 octobre dernier, à Trois-Rivières.

Si la résidente de Massueville, en Montérégie, se doutait qu’il était décédé, jusqu’à la dernière minute, elle a espéré que ce n’était pas lui qui avait été trouvé dans les restes  du véhicule. «Je ne sais même pas pourquoi il était dans la voiture avec l’entrepreneur [Steve Lamy]. J’ai été vraiment surprise qu’ils [les enquêteurs] me disent qu’il était dans la voiture. Je pensais qu’il avait eu un accident ou quelque chose comme ça», raconte-t-elle. Mercredi matin, la réalité est donc venue la frapper de plein fouet. 

«Je l’ai su ce matin. C’est sûr que j’y ai pensé quand il était disparu. Je me suis dit que c’était peut-être lui. Mais pourquoi aurait-il été là? Je me disais: ‘‘Voyons, ce n’est pas lui’’ J’essayais de me convaincre que ce n’était pas lui et qu’il allait finir par rentrer à la maison.»

Bien que la Sûreté du Québec affirme que la disparition de Jean-Christophe Gilbert n’avait pas été rapportée, sa mère soutient le contraire. Elle affirme qu’elle a bel et bien contacté les policiers et signalé sa disparition. Elle déplore grandement que des gens puissent croire le contraire. «J’ai alerté les policiers après une semaine. Des enquêteurs sont venus chez moi. J’ai même mis une annonce sur Facebook en disant d’appeler la police si quelqu’un voyait mon fils», affirme-t-elle.

Elle a vu Jean-Christophe pour la dernière fois le 2 ou le 3 octobre. Il s’en allait à Trois-Rivières avec un ami qui était venu le chercher. Il ne s’agirait pas de René Kègle ni de Francis Martel. Il semble qu’il se rendait régulièrement à Trois-Rivières. Il y avait des amis dont certains n’étaient pas nécessairement recommandables. Mme Bolduc n’en connaissait aucun à part celui qui est venu chercher son fils. 

Après quelques jours, elle s’est inquiétée. «J’ai appelé la police parce que ça faisait une semaine que je n’avais pas de nouvelles de lui et que je voyais qu’il n’était pas connecté.»

Plus le temps passait, plus elle se doutait que quelque chose de grave était survenu. «J’étais inquiète. Après deux semaines, trois semaines, je savais qu’il y avait quelque chose qui ne marchait pas, parce que c’était un petit gars qui était très proche de moi. Il me tenait au courant quand il partait quelque part. Mais là, il ne se connectait plus et il ne donnait plus de nouvelles à personne, alors c’était louche. Le deuil, je l’avais déjà fait un peu. Les enquêteurs ne voulaient pas me le dire, mais je le savais qu’il était déjà mort.»

Elle déplore que l’identité de son fils ait été dévoilée seulement quelques heures après que les enquêteurs lui eurent annoncé la nouvelle. Elle n’a pas eu le temps d’en informer ses plus jeunes enfants qui se trouvaient à l’école mercredi. «Les enquêteurs me disent ce matin que mon gars est mort. Je n’ai même pas eu le temps de le dire à ses frères que l’histoire était déjà partie. Je trouve ça affreux.»


Elle croit que son fils s’est peut-être retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. «Jean-Christophe voulait aider les autres, mais ce n’était pas de bonnes personnes nécessairement. Il voulait tout le temps aider tout le monde. Il pensait qu’il allait aider tous les drogués de la terre. Il a peut-être voulu aider quelqu’un et il est mal tombé.»

Mme Bolduc ne connaît pas Steve Lamy, l’entrepreneur qui se trouvait également dans le véhicule incendié. Pour le moment, impossible de connaître le lien entre les deux hommes. Le père de Steve Lamy, Michel Lamy, ignore d’ailleurs qui est Jean-Christophe Gilbert. Il doute même que son fils le connaissait. «Mon frère, Steve et moi, nous étions toujours ensemble sur les chantiers. Je l’aurais vu sur la construction. J’en aurais entendu parler. Je n’ai jamais entendu parler de ce gars-là.»

Aucune accusation n’a encore été portée relativement aux meurtres de Steve Lamy et de Jean-Christophe Gilbert. Les derniers développements n’ont pas permis le dépôt d’accusations pour l’instant. «C‘est [l’identification de Jean-Christophe Gilbert] une information qui est considérée comme complémentaire et importante au dossier, mais elle ne fait pas en sorte que je suis en mesure d’accuser aujourd’hui. Il reste encore à rechercher d’autres informations», explique Me Benoît Larouche, procureur aux poursuites criminelles et pénales.

Comme dans le cas de Steve Lamy, Jean-Christophe Gilbert a été identifié grâce à son ADN. Il n’a aucun antécédent judiciaire. 

La voiture avait été retrouvée le même jour où Ophélie Martin-Cyr, 19 ans, aurait été froidement assassinée à Yamachiche. René Kègle, 38 ans, et Francis Martel, 31 ans, sont accusés de meurtre prémédité dans cette affaire. Les deux événements seraient reliés.

Avec la collaboration de Nancy Massicotte