À ses débuts américains, Kim Clavel a dominé du début à la fin son adversaire, Natalie Gonzalez, remportant les huit rounds.
À ses débuts américains, Kim Clavel a dominé du début à la fin son adversaire, Natalie Gonzalez, remportant les huit rounds.

Deux Jonquiérois dans une bulle de boxe à Las Vegas

Les entraîneurs de boxe Stéphan Larouche et Danielle Bouchard ont effectué un voyage éclair à Las Vegas, mais dans les circonstances actuelles, le tourisme ne faisait pas partie de l’aventure. Les deux Jonquiérois accompagnaient plutôt leur protégée Kim Clavel pour ses débuts américains, qui ont été couronnés de succès dans la bulle de l’organisation Top Rang.

Dans un gala présenté sur les ondes du réseau national ESPN mardi soir, la Québécoise a dominé l’Américaine Natalie Gonzalez, remportant les huit rounds de deux minutes devant une salle déserte. « Pendant l’entrée au ring, on ne le sentait pas trop avec la boucane et la musique. C’était vraiment une fois rendu sur le ring que c’était silencieux. Pendant les présentations, il n’y avait que l’annonceur. Pendant le combat, il n’y avait pas les encouragements ni le feeling de la foule, mais tu l’oublies rapidement parce que tu es tellement concentrée sur le combat. Ce n’est pas dérangeant de ne pas avoir de foule. C’était quelque chose de différent », a relaté Danielle Bouchard lors d’une entrevue téléphonique, quelques minutes après leur retour à Montréal, mercredi soir.

« On est dans les ligues majeures présentement. Ce sont les petits combats qui manquent avant le championnat du monde. On veut aller chercher tous les outils nécessaires parce que quand on va se retrouver dans un combat de championnat du monde, on veut gagner », d’enchaîner l’entraîneuse, sur les ambitions de sa boxeuse, qui était présidente d’honneur en octobre des Gants dorés présentés à Chicoutimi et qui était la première représentante du Québec à renouer avec l’action depuis la pause forcée.

« Il fallait faire cette performance pour pouvoir avoir espoir d’y retourner. Je pense qu’on a fait un bon travail et on se croise maintenant les doigts », d’exprimer Danielle Bouchard, qui doute que son retour aux États-Unis se fasse rapidement avec la situation au Québec.

Stéphan Larouche, Kim Clavel et Danielle Bouchard se sont retrouvés isolés dans la bulle du MGM Grand, à Las Vegas. Ils ne pouvaient sortir de leur chambre que pour manger, s’entraîner ou pour les activités reliées au combat de Kim Clavel, tenu mardi soir.

Tout est entre les mains du groupe de promotion GYM.

Au-delà de la soirée du combat, toute la préparation a été chamboulée par la pandémie actuelle, que ce soit lors d’un camp d’entraînement de cinq semaines dans les Laurentides ou une fois sur place, à Las Vegas. « Ça faisait longtemps qu’on était en quarantaine. On vivait ensemble depuis le début du mois de juin », de mettre en contexte Stéphan Larouche.

Étant donné que le sparring est interdit au Québec, les entraîneurs ont dû faire les choses un peu différemment et axer la préparation sur le travail technique ainsi que la forme physique. Ils ont également utilisé tous les outils de boxe à leur disposition, comme le plastron. « On a fait une grosse préparation physique. On a quand même fait beaucoup de boxe. On n’a pas négligé cet aspect pour autant, mais c’est certain qu’on n’a pas eu le même sparring que dans un mode non-COVID si on veut, d’admettre Danielle Bouchard. J’ai remis les gants dans le ring. Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas fait ça. Même si ce n’était pas à 100 %, on a réussi à recréer un mode boxe comme on a d’habitude. »

Le trio a finalement quitté le Québec samedi dernier et dès son arrivée dans la bulle du MGM Grand, il devait demeurer dans une chambre du 12e échange, sauf pour manger, s’entraîner et les activités reliées au combat, comme la pesée ou les nombreuses entrevues. Kim Clavel était très en demande auprès des membres des médias après avoir remporté récemment le prestigieux prix Pat-Tillman, lors du gala américain des ESPY, pour son implication dans la communauté, elle qui a décidé de reprendre son poste d’infirmière pendant la pandémie. Parmi les restrictions durant la soirée, les membres du clan Clavel devaient demeurer dans leur vestiaire et n’ont donc pas pu voir le reste de la carte. « C’était très très strict, note Danielle Bouchard sur les différentes mesures. C’était parfait. Comme on ne pouvait pas vraiment sortir de notre chambre, passer une semaine là-bas, on aurait trouvé le temps long. »

Kim Clavel était la présidente d’honneur de la dernière compétition provinciale des Gants dorés, en octobre, à Chicoutimi.

« On savait dans quoi on s’embarquait. Ç’a été smooth. C’était vraiment bien organisé et il ne s’est pas passé quelque chose auquel on ne s’attendait pas. On avait reçu un document de six pages qui nous disait comment ça allait se passer et ça s’est passé exactement comme ça. Il n’y a rien qui a changé du protocole qu’on nous avait envoyé par courriel », de faire valoir Stéphan Larouche.

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La ville du vice sans effervescence

Stéphan Larouche effectuait un retour à Las Vegas pour la boxe. Si l’expérience lui a rappelé de bons souvenirs du passé, cette fois, l’effervescence manquait quelque peu à la ville du vice. 

En plus de ne pouvoir sortir de leur chambre que pour les activités autorisées en vue du combat de mardi soir, Stéphan Larouche, Danielle Bouchard et Kim Clavel auraient, de toute façon, eu bien peu de choses à se mettre sous la dent avec Las Vegas, bien peu vivante comparé à l’habitude. 

« Ça ne me dérangeait pas pantoute. Je ne suis pas un fanatique des casinos et tout ça, raconte Stéphan Larouche, dont la dernière présence à Las Vegas remontait à plus de dix ans, pour la signature d’un contrat de Lucian Bute avec le réseau Showtime. Au début des années 2000, il avait également accompagné son compatriote jonquiérois Stéphane Ouellet. 

« J’étais plus déçu pour Kim qui vivait Vegas pour la première fois de sa vie et qui n’a pas eu la chance de voir autre chose que la fenêtre de sa chambre », de souligner Stéphan Larouche. 

Pour sa part, Danielle Bouchard avait déjà vu Las Vegas en touriste ou pour aller voir de la boxe. C’était la première fois qu’elle se retrouvait dans le feu de l’action. Sans les spectateurs, on pouvait d’ailleurs très bien l’entendre prodiguer les conseils à sa protégée pendant le combat. « C’était très excitant. C’était vraiment quelque chose », de qualifier l’entraîneuse.