Descente du fjord: plus difficile que prévu

S’il reste plusieurs détails à peaufiner avant de faire du Grand défi du fjord un événement accessible au public, la première édition qui s’est déroulée samedi entre La Baie et L’Anse-Saint-Jean demeurera un parcours « mythique » qui restera longtemps gravé dans la mémoire des participants, selon Pierre Lavoie.

Les 11 femmes et 19 hommes composant les six équipes qui ont réalisé ce défi ont parcouru soixante kilomètres à la nage en 16 heures, dans les eaux froides du Saguenay. Partis à 7 h, ils sont arrivés à destination sur le coup de 23 h.

Les participants ont commencé leur parcours à La Baie.

Appelé à faire le bilan du Grand défi du fjord, Pierre Lavoie avait deux constats à faire. Le premier est que cette aventure avait été un peu plus difficile que prévu. « Je suis arrivé très satisfait, fatigué, et avec la réflexion que dans sa forme actuelle, ce n’est pas un événement inclusif. Il n’y a personne, sans exception, qui a trouvé que c’était une partie de plaisir », explique-t-il.

Le défi possède du potentiel qu’il sera possible de développer, mais il est trop ardu pour la population en général. « Moi ce que je veux, c’est qu’une personne qui est sédentaire, qui n’a pas nagé depuis des années et qui veut tenter l’expérience de nager dans un fjord, recommence à s’entraîner, retourne dans une piscine et se fasse une équipe avec des gens qui sont bons en natation », précise l’athlète.

Pas moins de 30 nageurs ont affronté le fjord, pendant 60 kilomètres.

Beauté du fjord

Le deuxième constat concerne la beauté du fjord. Malgré les éléments qui n’allaient pas toujours en faveur des nageurs, les participants ont été impressionnés par le décor dans lequel ils ont avancé à une vitesse d’environ quatre kilomètres à l’heure.

« C’est grandiose le fjord. C’est unique. [...] J’ai fait le lac. J’ai nagé à Hawaï, en Espagne, dans les îles Canaries, au Brésil... J’ai nagé dans des places hots sur la planète, mais il n’y a rien qui équivaut au fjord. C’est de l’inconnu. Ça change chaque jour. Il n’y a rien de garanti. C’est extraordinaire et c’est ce qu’on recherche », lance Pierre Lavoie avec enthousiasme.

« Après Sainte-Rose-du-Nord, ajoute-t-il, on est vraiment dans le Saguenay. Il n’y a pas de maison, il n’y a rien. On est vraiment dans quelque chose de vierge. On a croisé seulement deux bateaux industriels, c’est tout. »

Éléments

Pierre Lavoie s’attendait à un parcours difficile, et les événements lui ont donné raison. Les éléments n’ont pas joué en faveur des 30 nageurs qui ont inauguré ce nouveau défi.

« L’eau était beaucoup plus froide que prévu. On a nagé sous les 60 °F pendant la presque totalité du parcours, sauf une exception à Cap-Trinité. C’est le seul endroit où on a trouvé un peu d’eau chaude. On a aussi eu des vagues de face dans les trois dernières heures, avec un vent qu’il fallait combattre parce qu’on commençait à être gelé », explique Pierre Lavoie.

Les marées ont aussi ralenti les participants. « On avait environ neuf heures de marée montante, où on perdait environ un kilomètre à l’heure dans notre vitesse. On a vu qu’on était capable d’avancer à des rythmes corrects », raconte-t-il. Malgré l’adversité, personne n’a abandonné ce parcours, qui était divisé en trois étapes à peu près égales.

Tous les nageurs ont été capables de compléter le défi.

Le défi commençait à La Baie. Une pause a été faite à Sainte-Rose-du-Nord, 23 kilomètres plus loin. La seconde étape se terminait à Rivière-Éternité (23 km), et la troisième à L’Anse (17 km).

Un bilan est prévu vers le 5 septembre. On décidera alors de la suite des choses et de la formule à privilégier pour rendre cette descente du Saguenay plus accessible.