À l’école primaire des Quatre-Vents à Saint-Apollinaire, dans la région de Chaudière-Appalaches, la directrice, Sherley Bernier, parle déjà d’un «franc succès» et ne doute pas que la mesure se répétera l’année prochaine.

Des zones de tiraillage pour les élèves à l'école? Un «franc succès» aux Quatre-Vents

Pousser et bousculer un camarade sont des comportements généralement proscrits dans la cour d’école, mais certaines écoles primaires québécoises expérimentent l’idée de laisser leurs élèves se tirailler dans des zones délimitées.

Au moins deux écoles ont annoncé des projets pilotes pour la mise en place de zones d’»activités turbulentes» supervisées dans la cour d’école, où les élèves peuvent s’agripper et se renverser dans la neige à leur guise.

À l’école primaire des Quatre-Vents à Saint-Apollinaire, dans la région de Chaudière-Appalaches, la directrice, Sherley Bernier, parle déjà d’un «franc succès» et ne doute pas que la mesure se répétera l’année prochaine.

Depuis le démarrage du projet en novembre, Mme Bernier dit avoir reçu des appels de plusieurs autres établissements scolaires souhaitant faire de même. L’un de ceux-ci, l’école du Cheval-Blanc de Gatineau, a annoncé la semaine dernière son intention de créer sa propre zone d’»activités turbulentes» pour les enfants en 3e année jusqu’à la fin de l’hiver, selon des règles similaires.

La directrice de l’école des Quatre-Vents fait valoir qu’un certain nombre de jeunes - environ une quinzaine d’élèves lors des récréations - ont vraiment un besoin de faire «sortir le trop-plein» d’énergie, et que par la suite en classe, «ces élèves sont plus calmes et sont plus disposés aux apprentissages».

Mme Bernier souligne que les élèves se portent eux-mêmes volontaires, et que les parents inquiets peuvent écrire à l’enseignante pour faire en sorte que leur enfant ne soit pas inclus dans la nouvelle activité.

Les jours de neige, une zone est délimitée par des cônes et soumise à des règles strictes, explique Mme Bernier. Il y est strictement interdit de donner des coups de pied, des coups de poing, de mordre ou de lancer des objets.

Mais les enfants sont autorisés à agripper le manteau de l’autre pour le faire tomber, «à s’empiler, se tirailler, se rouler par terre l’un par-dessus l’autre», a expliqué la directrice en entrevue téléphonique.

Afin de maintenir la sécurité, des séances ont été organisées pour apprendre aux enfants à tomber sans se faire mal. Aussi, un élève n’a qu’à dire «le mot magique «stop»» pour faire cesser les hostilités.

«Pour certains élèves, ce n’est pas assez pour eux de simplement aller courir dans la cour. Donc, ils ont besoin de sortir le surplus d’énergie et de faire du corps-à-corps», a-t-elle fait valoir.

Mme Bernier a soutenu que la majorité des parents accueillaient positivement le projet, bien que certains soient «un peu plus craintifs».

«Mais moi ce que je dis à ces parents-là est que si vous êtes craintifs et que vous ne voulez pas que votre enfant participe, il n’y a aucun problème, il y a plein d’autres belles activités qui se font dans la cour», a-t-elle souligné.

«On interdit la violence, les enfants qui sont là pour donner des coups, ils se font sortir tout de suite», a-t-elle ajouté.

Mme Bernier estime que, plutôt que d’encourager la violence, le projet l’en empêche en montrant aux enfants comment dépenser leur énergie de manière appropriée.

Elle a indiqué que son école recevait actuellement les réactions des étudiants et recueillait des données afin de brosser un tableau plus complet des éléments positifs et négatifs.