La tatoueuse Julie Vaillancourt dessine les trois chevrons qui illustrent la trisomie 21.

Des tatouages pour supporter les porteurs de la trisomie 21

Plusieurs dizaines de personnes se sont fait tatouer trois petits chevrons, qui représentent les trois chromosomes, afin de soutenir les gens porteurs de la trisomie 21. En fin de semaine au salon P.ink tattoo, l’ambiance était particulière.

Les tatoués sont généralement des proches d’un porteur de la trisomie 21. Pour plusieurs, il s’agit de leur premier tatouage. C’est le cas de Monique Bonet, âgée de 81 ans, qui s’est fait tatouer pour son petit-fils, Jacob. « C’est très important d’être solidaire, a-t-elle commenté quelques minutes avant de se faire dessiner les trois chevrons sur son doigt. Ça n’a pas été difficile de me convaincre! », ajoute-t-elle, le sourire aux lèvres.

« C’est mon premier tattoo! Ça ne m’épeure pas plus que ça. Je ne fais pas tatouer mon dos en entier! », affirme-t-elle, pétillante.

Le grand-papa de Justin n’était pas censé se faire tatouer, mais il s’est laissé embarquer dans la vague, devenant le doyen des tatoués à 84 ans.

De son côté, la maman de Jacob, Josée Perreault, se réjouit de voir la proportion que l’événement prend à l’échelle nationale.

« Je suis très impressionnée, avoue-t-elle. Nous sommes 350 personnes au Québec à nous faire tatouer aujourd’hui. Pour la journée mondiale de la trisomie 21 qui arrive le 21 mars, c’est vraiment un beau mouvement. »

Par contre, l’initiative vient des États-Unis. « Le mouvement mondial a commencé au Texas, explique Mme Perreault. Elles voulaient montrer leur solidarité ensemble devant la trisomie 21. Une maman de Montréal nous a demandé ce qu’on en pensait sur les réseaux sociaux. Je trouve que ça prend tout son sens. On voit souvent le négatif, mais ça c’est très positif. »

Cindy Gagnon et Diego Lemieux, les parents de Émeryk, un autre enfant porteur de la trisomie 21, se sont également prêtés au jeu. « 95 % des gens qui savent que leur enfant est porteur de la trisomie 21 se font avorter, estime Mme Gagnon. Quand notre enfant avait deux jours, on nous a demandé si l’on voulait le placer », renchérit M. Lemieux, dénonçant au passage les nombreux préjugés faits à l’endroit des enfants porteurs de la trisomie 21.

Les tatoueurs en temps supplémentaire


Pour les tatoueurs du salon P.ink tattoo, ouvrir le commerce en ce beau dimanche était une évidence. La copropriétaire de l’entreprise, Stéphanie Dallaire, aime s’impliquer dans la communauté. « Les causes me tiennent toujours à cœur. Quand j’ai reçu l’alerte comme quoi c’était une campagne pour sensibiliser les gens à la trisomie 21, j’ai tout de suite dit oui. Je m’attendais à voir quelques personnes, mais finalement nous avons été ouverts de 9 h à 16 h! », commente-t-elle.

« L’ambiance est magique et touchante. Je suis vraiment contente de participer à une activité comme celle-là », conclut Mme Dallaire.

De plus en plus populaires

Depuis quelques années, les salons de tatouages poussent un peu partout dans le paysage sherbrookois. Selon Google, plus d’une quinzaine de salons de tatouages sont en activité sur le territoire de la ville de Sherbrooke.

Selon la copropriétaire du salon P.ink tattoo, Stéphanie Dallaire, depuis quelques années, les tatouages sont de plus en plus populaires. « J’ai commencé à tatouer en 2002. Aujourd’hui, tout le monde se fait tatouer. À cette époque, c’était plus restreint.

« C’est autant des jeunes que des personnes plus âgées qui se font tatouer, renchérit Mme Dallaire. On a souvent des gens de 60 ou 70 ans qui viennent ici pour se faire faire un tatouage », affirme-t-elle, réjoui.

De son côté, un autre copropriétaire du salon P.ink Tattoo, Éric Abel, apprécie le talent des tatoueurs de Sherbrooke. « Il y a beaucoup plus de boutiques de tatouage. Il y a de nombreux bons artistes également. Nous sommes choyés à Sherbrooke. Il n’y a pas de compétition, car chaque tatoueur a son propre style. Les gens vont généralement magasiner les portfolios. Il y a beaucoup de respect entre les salons », commente-t-il.

Quoiqu’ils sont en baisse, les jugements à propos du tatouage ne sont pas encore chose du passé. « Dépendament du milieu d’où l’on vient, il peut encore avoir des préjugés. Les tatouages sont souvent associés au milieu de la criminalité. Graduellement, ça disparait, mais il y a une génération d’employeurs qui a de la difficulté avec ça », dénonce-t-il.  

L’entreprise ne manque pas de travail. Le calendrier est assez plein pour les prochaines semaines, assure Mme Dallaire. « Ce sont des horaires chargés. Nous travaillons six jours sur sept et deux soirs par semaine. C’est incroyable de voir le nombre de personnes qui se font faire un tatouage », conclut-elle.