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Le palais de justice de Québec
Le palais de justice de Québec

Des «stories» Snapchat bel et bien jugées porno juvénile

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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L’influenceur du web Dylan Demers est coupable de production et distribution de pornographie juvénile pour avoir filmé et diffusé sur Snapchat des images suggestives d’adolescentes prises lors de «partys» très arrosés.

Le jeune homme de 25 ans, qui habite la région de Longueuil, a par ailleurs été acquitté des accusations de harcèlement et de leurre informatique.

Les trois victimes, âgées entre 13 et 17 ans, avaient des histoires semblables. À l’hiver et au printemps 2018, elles ont participé à des fêtes dans des maisons luxueuses de la région de Québec, où l’alcool et la drogue étaient distribués gratuitement. En état d’ébriété, elles se sont retrouvées en «string», à se faire filmer pendant que Dylan Demers ou son acolyte Carlos Desjardins versaient du champagne sur leurs fesses. L’une était dans une douche tandis que deux autres posaient à quatre pattes sur une table.

Demers se décrivait en témoignage comme le «Justin Bieber» du Québec. Il disait vouloir vendre le rêve américain en montrant des images de résidences fabuleuses, de belles filles, d’alcool qui coule à flots.

Les vidéos ont été diffusées sur le compte Snapchat de Demers, fréquenté par 50 000 personnes à l’époque. Le jeune homme aurait refusé de retirer ces «stories» d’une durée de 24 heures, malgré la demande des jeunes filles qui craignaient d’être reconnues même si on ne voyait pas leur visage.

Pour la juge Sandra Rioux de la Cour du Québec, il est clair que les photos et vidéos déposées en preuve par la procureure de la Couronne MJennifer Landry constituent bel et bien de la pornographie juvénile.

«Les fesses des jeunes filles sont mises en évidence de façon provocatrice, les poses sont suggestives et le seul intérêt de ces prises de vue est de provoquer l’excitation sexuelle», résume la juge.

La juge n’a pas cru la plupart des explications de l’accusé, en particulier lorsqu’il se disait convaincu que les adolescentes avaient 18 ans.

La preuve démontre que l’influenceur savait que les jeunes convives étaient mineures et il a fait preuve d’une «complète indifférence» par rapport à leur âge, note la juge. Et ce, même après que la mère de l’une d’elle lui eut écrit pour préciser que sa fille était mineure.

Alors que Demers se présentait comme un participant effacé aux fêtes, des jeunes présents ces soirs-là ont décrit au tribunal comment le duo Demers-Desjardins a planifié et réalisé les tournages avec les jeunes filles.

Il ne fait aucun doute, conclut la juge Rioux, que l’accusé Demers a participé aux infractions, dans le but d’obtenir des visionnements et de maintenir sa popularité.

Les représentations sur la peine auront lieu cet automne, après la confection d’un rapport pour éclairer le tribunal.

L’avocat de la défense Me Richard-Philippe Guay a indiqué au tribunal qu’il allait contester la constitutionnalité des peines minimales d’un an de détention rattachées aux accusation de production et distribution de pornographie juvénile.

Pour sa part, Carlos Desjardins a plaidé coupable au début 2020 à une kyrielle d’infractions de nature sexuelle et a été condamné à quatre ans et demi de prison.