ELYON I est manipulé à l’aide d’une tablette Android par un technicien lors d’une démonstration effectuée dans l’entrée du centre de conditionnement physique l’Interplus à Granby.
ELYON I est manipulé à l’aide d’une tablette Android par un technicien lors d’une démonstration effectuée dans l’entrée du centre de conditionnement physique l’Interplus à Granby.

Des robots sur la ligne de front de la désinfection

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
La capacité germicide (tueur de germes) de la lumière ultraviolette est étudiée depuis plusieurs années. À une époque où les termes «désinfection», «virus» et «contamination» sont populaires, certaines entreprises de nettoyage délaissent les solutions chimiques au profit de nouvelles technologies.

Juvex, la division de décontamination et désinfection de l’entreprise granbyenne JIREH automatisation et entretien, fait un pas dans le futur avec l’ajout de deux robots à leur arsenal. Le président de l’entreprise depuis 17 ans, Fredy Montilla, a invité La Voix de l’Est à une démonstration à l’Interplus, l’un de ses fidèles clients depuis 2010.

À peine entré, on a l’impression d’être dans un film de science-fiction. Deux appareils robotisés trônent au milieu de l’accueil : ELYON I, qui utilise uniquement la technologie UV-C pour désinfecter les surfaces et filtrer l’air, et ELYON II, qui double la techonogie UV-C de la diffusion de vapeur de peroxyde d’hydrogène pour assurer une décontamination plus efficace, une combinaison de technologies jamais vue au pays, selon M. Montilla.

Une première désinfection manuelle est toujours nécessaire, afin que les microbes, bactéries et virus ne puissent se cacher sous de petits débris, explique Fredy Montilla. Cette étape permet, selon les tests réalisés par l’entreprise, d’éliminer entre 60% et 70% des contaminants, mais va aussi «chatouiller les virus et les bactéries» en les repoussant dans les coins des surfaces.

La lumière dont il est question provient d’un appareil capable de diffuser une lumière UV avec une longueur d’onde précise de 254 nanomètres, pic de l’effet germicide qui est reconnu.

Deux techniciens outillés de leur équipement de protection, puisqu’elle peut avoir des effets nocifs lors d’une exposition directe, suivent les robots pour s’assurer de l’efficacité du processus. Les appareils sont aussi équipés de plusieurs détecteurs de mouvement qui interrompront le processus de désinfection à la moindre détection. ELYON II avertira même vocalement toute personne qui s’en approchera. «On a enregistré une blague qui dit : «vous voulez être malade?» lorsqu’un mouvement est détecté», explique tout sourire M. Montilla.

Fredy Montilla est président de JIREH Automatisation & Entretien depuis 17 ans.

Fiabilité et honnêteté

Pour M. Montilla, bien que les robots peuvent parfois permettre de gagner en productivité, il s’agit principalement d’un gage de fiabilité pour les clients. «Si les clients nous demandent de faire une chambre, comment est-ce qu’il va savoir que c’est réellement désinfecté ? Notre avantage, c’est la fiabilité», affirme le président de JIREH, qui note aussi que l’utilisation des robots facilite le travail de ses employés.

À chaque endroit, les techniciens qui suivent l’androïde s’assurent que les endroits sont bien aseptisés à l’aide de testeurs et d’indicateurs biologiques (des capteurs placés à des endroits stratégiques) avant et après l’opération, qui sont ensuite comptabilisés dans un rapport remis au client. «Même pour une petite salle de bain, on va remettre un rapport», indique-t-il.

Au coût d’environ 50000$ (ELYON I) et de 85000$ (ELYON II) — sans compter les accessoires, le camion de transport spécialisé et les analyses—, Juvex mise sur le nombre de clients et le type de contrat pour rentabiliser son investissement. La fréquence des interventions varie selon les besoins et les moyens des clients.

En plus d’offrir le service, Juvex souhaite devenir le distributeur officiel de ces technologies au Canada. Les ententes d’exclusivité devraient être signées au courant des semaines à venir, avance Fredy Montilla.

Utilisation

La première fois qu’un des ELYONs est installé dans un nouvel endroit, un plan de son trajet doit être enregistré dans son système (procédé appelé «mapping»).

C’est l’appareil ELYON I, idéal pour les grands bâtiments, qui est utilisé à l’Interplus, notamment pour la salle de danse (environ 900 pieds carrés) qui prend de deux à trois minutes à désinfecter, puisqu’il se déplace dans les quatre coins de la pièce à une vitesse de 90 cm/seconde. Le propriétaire des lieux, Pierre Forand, a été impressionné par la technologie. «J’ai trouvé ça formidable, parce que je ne la connaissais pas», affirme-t-il. Pour une chambre d’hôpital, par exemple, seulement 10 secondes sont nécessaires pour compléter le processus.

Le coût de la désinfection d’un tel espace revient à un coût compris entre 300$ et 350$.

Toute l’équipe de JIREH Automatisation & Entretien était présente lors de la démonstration.

Quant à ELYON II, la vapeur de peroxyde d’hydrogène assure une désinfection plus complète puisque le gaz se rend dans les zones d’ombres et recoins difficiles d’accès. Il serait idéal dans le milieu hospitalier et dans les laboratoires, plaide le président de JIREH, qui compte déjà des maisons de retraite et des CHSLD parmi ses clients et qui est en discussion avec le Centre hospitalier de Granby. Il faudra toutefois prévoir de cinq à dix minutes pour la même chambre d’hôpital, utilisée en exemple plus tôt.

Un «gun» à rayon UV-C permet aussi d’irradier certains objets ou endroits précis que les robots pourraient avoir manqués, à une distance de cinq à six pieds.