Des employés sans masque provoquent un malaise dans une quincaillerie de L’Anse-Saint-Jean

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Au moment où l’inquiétude monte face à la possibilité d’éclosion d’une deuxième vague de COVID-19, des clients de la quincaillerie Home Hardware de L’Anse-Saint-Jean s’interrogent sur le fait que les employés de l’établissement ne portent pas le masque.

Cette situation a incité les propriétaires, Marie-Josée Boulay et Éric Larouche, à installer une affiche à l’entrée du commerce où il est écrit : « Ne téléphonez plus à la police, nos employés ne portent pas de masques s’ils gardent le 2 mètres. Ceci est approuvé par la CNESST, la Santé publique et la SQ. Ils nous ont confirmé que c’était la manière la plus sécuritaire de protéger nos employés et nos clients. »

Une personne mise au fait de la situation a interpellé Le Quotidien afin de vérifier pourquoi, dans les autres entreprises, le port du masque est obligatoire et non à cet endroit. Cette personne a avoué ne pas comprendre le règlement.

Invité à se prononcer sur le sujet, Harold Bherer, conseiller à la Direction de la santé publique Saguenay-Lac-Saint-Jean, volet santé au travail, s’est d’abord montré surpris qu’une quincaillerie ait pu être exclue des règles édictées depuis l’avènement de la COVID-19. Selon les explications fournies, des mesures s’appliquent dans le cadre de la Loi sur la santé et sécurité au travail encadrée par la CNESST et d’autres pour le public en général sous la surveillance de la Santé publique.

D’autre part, il existe une certaine hiérarchie dans les moyens de protection contre la COVID-19. La première est la distanciation de deux mètres entre les personnes, suivie du télétravail et de la présence d’une cloison physique conforme, comme du plexiglas, lorsque la distanciation physique ne peut être respectée. Le port du masque ainsi que le lavage des mains figurent parmi les solutions pour éliminer les risques de transmission, tout comme le port de lunettes de protection, de visières et de gants.

Selon lui, le défi pour les employeurs qui désirent éviter le port du masque à leurs employés est de garantir la distanciation physique de deux mètres en tout temps, y compris lors des périodes de repas, des pauses et lors de la circulation dans le commerce. « À titre d’exemple, une personne qui fait de la comptabilité seule dans son bureau fermé n’a pas à porter le masque. Dès qu’elle sort de son bureau, elle doit le porter », explique-t-il.

À la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité du Travail (CNESST), le porte-parole, David Blouin, affirme que la distanciation est la principale mesure de protection à la condition que les travailleurs soient constamment distancés à deux mètres l’un de l’autre.

Du côté de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), un regroupement d’affaires, la directrice, communications et marketing, Isabelle Champagne, a déclaré que c’est la première fois depuis le début de la pandémie que des employés ne portent pas le masque, même si elle avoue du même souffle qu’il existe une certaine variabilité dans l’application des règles d’une région à l’autre quant au type de masques utilisés. Selon elle, les recommandations faites par l’AQMAT favorisent le port du masque. Toutefois, après avoir soumis l’affiche du commerce de L’Anse-Saint-Jean, Mme Champagne a jugé qu’il n’y avait pas matière à litige puisqu’il y a une intention exprimée de respecter les deux mètres de distanciation.

Vérification faite auprès de la CNESST, du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Sûreté du Québec, aucune intervention ou autorisation particulière n’a été effectuée auprès du commerce anjeannois concernant le port du masque ou non.

Chose certaine, il s’agit d’un sujet sensible pour les propriétaires qui, après avoir été informés de la prise de photo, sont intervenus auprès du journaliste du Quotidien pour demander pourquoi des photos de l’affiche et du décret affichés dans la porte ont été prises. Le propriétaire a sommé le journaliste d’effacer les photographies devant lui en affirmant qu’en aucun temps il ne voulait voir de photos de son commerce dans Le Quotidien. Le quincaillier a utilisé son téléphone cellulaire pour filmer l’intervention. Son associée a affirmé qu’elle ne voulait plus voir l’auteur de ces lignes dans son commerce tout en demandant pourquoi il voulait « faire fermer » ce commerce du village.