Il aura fallu environ un an et demi au prêtre Benoit Côté, appuyé par de proches collaborateurs, dont Ismaël Pelletier, pour informatiser la totalité des informations relatives aux cimetières de Farnham et de Sainte-Sabine.
Il aura fallu environ un an et demi au prêtre Benoit Côté, appuyé par de proches collaborateurs, dont Ismaël Pelletier, pour informatiser la totalité des informations relatives aux cimetières de Farnham et de Sainte-Sabine.

Des cimetières passent au numérique

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Retracer un défunt en quelques clics, c’est maintenant possible. La totalité des quelque 12 500 sépultures des cimetières Saint-Romuald de Farnham et de Sainte-Sabine (ancien et actuel) est désormais accessible sur le Répertoire des défunts, une plateforme unique dont l’ambition est de recenser la totalité des défunts qui reposent en paix dans la province. Une première dans Brome-Missisquoi.

Il aura fallu environ un an et demi au prêtre Benoit Côté, appuyé par de proches collaborateurs, pour venir à bout de ce qui a été un véritable travail de moine, sans mauvais jeu de mots.


« Autrefois, les gens passaient toute leur vie dans le même village, mais maintenant, ils s’éparpillent davantage. Avec le registre, il sera possible de voir la tombe d’un proche et de s’y recueillir virtuellement si on ne peut pas aller sur place »
Le prêtre Benoit Côté

Chaque monument a été photographié. Grâce à une subvention pour financer son emploi d’été, l’étudiant Ismaël Pelletier a complété la géolocalisation des 1922 lots qui composent les trois cimetières en relevant les coordonnées géographiques de chacun. Pour chaque sépulture, toutes les informations relatives aux défunts  inhumés ont été relevées et classées : nom, date de naissance et date de décès. Les informations manquantes ont été glanées dans les registres de la paroisse.

«C’est simple, mais il fallait y aller monument par monument, c’est pourquoi ça a été long», mentionne le prêtre Côté.

Mine d’or généalogique

Le registre servira d’outil de gestion pour la paroisse, mais constitue aussi une mine d’or pour les férus de généalogie.

Il sera en effet possible de chercher un défunt dans un cimetière donné, mais aussi d’y retrouver toutes les sépultures portant un même nom de famille, par exemple. En effectuant une recherche par nom, il sera possible d’apprendre où repose un ancêtre dont on aurait pu perdre la trace, à condition que sa fiche figure au registre.

La totalité des quelque 12 500 sépultures des cimetières Saint-Romuald de Farnham et de Sainte-Sabine (ancien et actuel) est désormais accessible sur le Répertoire des défunts, une plateforme unique dont l’ambition est de recenser la totalité des défunts qui reposent en paix dans la province. Une première dans Brome-Missisquoi.

«C’est une plateforme très intéressante pour la protection de la mémoire collective, mais aussi pour le recueillement. Autrefois, les gens passaient toute leur vie dans le même village, mais maintenant, ils s’éparpillent davantage. Avec le registre, il sera possible de voir la tombe d’un proche et de s’y recueillir virtuellement si on ne peut pas aller sur place», illustre Benoit Côté.

Les internautes pourront aussi bonifier les données du registre, en ajoutant notamment une photographie ou une biographie d’un défunt, ou corriger certaines informations erronées. Une zone virtuelle est aussi allouée à la mémoire des défunts dont les cendres ont été dispersées et qui n’ont pas de sépulture.

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ENCORE PEU DE CIMETIÈRES RECENSÉS

Le Répertoire des défunts, qui cumule à ce jour plus de 77 000 entrées, recense les sépultures de 35 cimetières, cryptes, mausolées et columbariums du Québec. En tout, la province en compte plus de 1800, c’est dire que du travail reste à faire.

«Il y en a dont les registres sont informatisés, mais dans plusieurs villages et paroisses, ces informations sont encore consignées à la main», souligne M. Côté.

Daniel Laplante, directeur général et fondateur du Répertoire des défunts, dresse lui aussi ce constat, ajoutant qu’il s’agit d’un des obstacles qui empêche son registre de prendre l’ampleur qu’il convoite. «Le plus gros défi est de convaincre les gens d’aller vers la modernité. Les cimetières sont souvent tenus par des gens plus âgés qui ne sont pas à l’aise avec la technologie. Ils ont beaucoup de réticences à aller là», remarque-t-il, ajoutant faire l’objet de méfiance de la part de membres de l’Église catholique.

Un autre obstacle à franchir est la peur de l’ampleur de la tâche et la difficulté à trouver des bénévoles prêts à faire de la saisie de données. «Les gens ont l’impression de devoir être prêts avant de pouvoir embarquer, mais ils peuvent y aller à leur rythme», poursuit l’entrepreneur, donnant l’exemple d’un cimetière dans la région de Matane où le tiers des sépultures sont actuellement consignées, le reste se faisant au fur et à mesure.

Malgré cela, M. Laplante est confiant que son répertoire deviendra un jour un outil incontournable. «Le patrimoine funéraire a une valeur inestimable, dit-il. C’est long, mais il faudra bien que ça se fasse un jour.»