Cinq cent soixante-dix écoles secondaires de la province recevront un DEA grâce à l'implication financière de professionnels du secteur de la santé et de trois grandes firmes pharmaceutiques.

Des centaines d'écoles seront équipées d'un défibrillateur externe automatisé

MONTRÉAL — Des centaines d'écoles secondaires publiques du Québec sont maintenant en mesure de former leurs élèves en réanimation cardiorespiratoire (RCR), et des centaines d'établissements d'enseignement seront bientôt dotés d'un défibrillateur externe automatisé (DEA), a-t-on annoncé vendredi.

«À partir de maintenant, tous les élèves de secondaire 3 des écoles publiques de la province seront formés en RCR, et sous peu en DEA», a expliqué Carole Nadeau, qui est gestionnaire de projets pour la Fondation ACT au Québec.

Les quelque 400 écoles publiques du Québec qui offrent le deuxième cycle régulier disposent donc dorénavant des ressources nécessaires — instructeurs et matériel — pour former leurs élèves de secondaire 3 en RCR. Cela signifie qu'environ 68 000 jeunes sont formés chaque année.

Deux mille enseignants sont déjà qualifiés comme instructeurs pour former les élèves.

Cinq cent soixante-dix écoles secondaires de la province (à savoir, les écoles de deuxième cycle, mais aussi celles de premier cycle et les écoles professionnelles, par exemple) recevront par ailleurs un DEA grâce à l'implication financière de professionnels du secteur de la santé et de trois grandes firmes pharmaceutiques.

Quatre-vingts pour cent des arrêts cardiaques se produisent en présence de proches qui, faute de savoir comment intervenir, ne peuvent que composer le 9-1-1 et attendre anxieusement l'arrivée des ambulanciers.

«Quand tout le monde sait quoi faire dans une situation d'urgence, il y a plus de vies qui sont sauvées. Quand on donne le pouvoir et les habiletés pour sauver des vies, les gens interviennent. Il est prouvé que quand on ne sait pas quoi faire, on ne bouge pas», a dit Mme Nadeau.

Chaque minute compte

Chaque minute qui passe est pourtant cruciale pour la victime.

«Il y a 80 % de chances de survie dans les trois premières minutes d'intervention, a rappelé un partenaire de la campagne, le cardiologue Paul Poirier de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Quand on n'intervient pas, ou qu'on intervient de manière beaucoup moins précoce, c'est 10 % de décès par minute. Donc, faites le calcul : si quelqu'un fait un arrêt cardiaque, après dix minutes, statistiquement, vous êtes 100 % mort. Alors les chiffres le disent.»

Et si le déploiement de DEA dans des écoles secondaires peut paraître étrange, le docteur Poirier souligne que ces établissements servent souvent de milieux communautaires en région.

«Ce sont les gens qui jouent au hockey cosom et au badminton qui écrasent dans ces écoles-là, a-t-il dit. Donc, c'est bénéfique autant pour les jeunes que pour les personnes âgées qui sont à proximité.»

Au-delà de la seule défibrillation, poursuit-il, le programme permet d'éduquer une population à la santé en général.

«Dans une génération d'ici, on aura formé tous les jeunes des écoles publiques au moins une fois à faire la RCR. J'espère que ça va faire boule de neige, a ajouté le docteur Poirier. Il faut savoir que quand tu as déjà réanimé quelqu'un, ou s'il y a quelqu'un dans le groupe dont le père ou l'oncle a déjà été réanimé, ça a un impact incroyable. Ça va changer la donne.»

La Fondation ACT (pour Advanced Coronary Treatment, ou soins avancés en urgence coronarienne) est un organisme de bienfaisance national offrant une formation gratuite en RCR dans le cadre d'un programme obligatoire dans toutes les écoles secondaires canadiennes.

Ses programmes se sont traduits par la formation d'environ 4,6 millions de jeunes à travers le Canada, dont plus de 700 000 au Québec.