Alaclair Ensemble au Festif 2017

Des bijoux de festivals!

Alors que la saison chaude est (presque!) à nos portes, ce ne seront pas les occasions de festoyer qui manqueront aux quatre coins du Québec. Tour d’horizon de six festivals qui se démarquent, qui sont sur une lancée ou qui gagneraient à être mieux connus.

LE FESTIF: POUSSÉE DE CROISSANCE À BAIE-SAINT-PAUL

Ç’a commencé avec une journée familiale organisée par de jeunes bénévoles soucieux de créer un événement dans leur région. Neuf ans plus tard, le Festif de Baie-Saint-Paul accueillera du 19 au 22 juillet quelque 65 artistes et 85 spectacles sur 23 scènes. On peut commencer à parler d’une solide lancée pour ce festival de plus en plus cité parmi les incontournables au Québec.  

À un an de fêter leur 10e anniversaire, les organisateurs du Festif se disent «à la croisée des chemins». «Ça va être une étape importante pour notre événement et pour nous aussi. On a commencé ça hyper jeunes, on avait 20 ans. On n’a connu que ça, travailler pour Le Festif. Pour nous, ça va être important de dire que ça fait 10 ans qu’on le fait. Et l’événement est rendu à un niveau qu’on ne s’attendait pas à atteindre aussi rapidement», nous confiait il y a quelques semaines le directeur général et artistique Clément Turgeon, au moment de dévoiler une programmation qui compte Patrick Watson, Tiken Jah Fakoly, Pierre Lapointe et Vincent Vallières parmi ses têtes d’affiche.

Dans leur poussée de croissance, les organisateurs du Festif ont souhaité éviter de tomber dans le piège de grossir trop vite et ne perdent pas de vue leur objectif : «être un événement unique misant sur la proximité entre les artistes et le public», détaille Clément Turgeon, qui se plaît à offrir des expériences diversifiées tant aux artistes qu’aux festivaliers.  

«La scène principale, c’est 4700 spectateurs, note-t-il. Mais il y a des scènes qui peuvent être un comptoir de dépanneur où il y a 65 personnes qui peuvent entrer. On vit vraiment une gamme d’émotions. Un soir, tu vas voir quelque chose de grandiose et le lendemain, tu vas être avec 50 privilégiés dans un sentier.»

Quelque 37000 personnes ont participé au Festif en 2017. L’engouement ne semble pas près de s’essouffler. L’organisation estime avoir vendu autant de billets en 48h cette année qu’en cinq semaines l’an dernier. Une popularité qui se répercute dans l’offre d’hébergement. Semble-t-il que plusieurs festivaliers ont réservé leur gite dès l’été dernier, limitant ainsi les options pour les autres. Pas grave. Au Festif, on s’ajuste! Un nouvel espace de camping a été ouvert et un groupe Facebook mettant en contact des visiteurs avec des résidents susceptibles de les héberger «roule à fond», nous dit-on. Geneviève Bouchard, Le Soleil

Info: lefestif.ca  

+

VIVALDI REVISITÉ AU RENDEZ-VOUS MUSICAL DE LATERRIÈRE 

Une église patrimoniale à l’acoustique irréprochable. Des musiciens et chanteurs de haut vol. Un accueil si convivial qu’un goûter est offert après chaque concert, le tout en présence des artistes. Ainsi se décline le Rendez-vous musical de Laterrière, dont la prochaine édition aura lieu du 12 au 19 août, en l’église Notre-Dame.

Il s’agira de la 12e mouture de cet événement depuis qu’un groupe mené par l’ancien conseiller municipal de Saguenay Luc Blackburn lui a redonné vie après une trop longue parenthèse. Cette aventure, dont l’origine remonte à 1990, dans un centre équestre où l’odorat était aussi sollicité que l’ouïe, fut en effet interrompue dans la foulée du déluge de 1996, qui avait durement frappé la communauté.

À ce moment-là, les concerts avaient migré à l’église, où les mélomanes ont été charmés par la harpiste française Isabelle Moretti, le pianiste Anton Kuerti interprétant la Sonate à la lune aux alentours de minuit et, plus récemment, par les voix de Suzie LeBlanc, Julie Boulianne et Marc Hervieux. Et puisqu’on en parle, les voix ont pris plus de place au fil des récentes éditions, plusieurs programmes faisant la part belle au chant choral.

Ces présentations ont connu un tel succès que cette année, le chœur aura l’honneur de clôturer le festival. Toujours dirigé par Pierre Lamontagne, il reprendra ses fréquentations avec Vivaldi en revisitant son Gloria, tout en abordant pour la première fois l’œuvre inspirée par le psaume Lauda, Jerusalem. Les habitués noteront au passage que c’est à 16h, plutôt qu’à 19h, qu’ils auront rendez-vous à l’église, un changement qui vaudra aussi pour le concert du dimanche précédent (le 12 août).

La liste des artistes invités sera annoncée sous peu, mais déjà, le directeur artistique David Ellis, membre du Quatuor Saguenay, confirme qu’elle recoupera la pyramide des âges. «Nous recevrons des musiciens arrivés à la fin de leurs études, d’autres en milieu de carrière et certains qui sont entrés dans une période qu’on qualifiera de mature. Comme tous passeront la semaine ici, hébergés par des familles, ça va créer un lien étroit avec la communauté», fait-il observer.

Cinq concerts seront à l’affiche et comme toujours, les billets seront offerts à prix très doux, une autre bonne habitude que le festival a su préserver dans sa deuxième vie. Daniel Côté, Le Quotidien

Info: www.rendezvousmusical.com

+

LA DÉCOUVERTE AU MENU DU FESTIVAL FOLK ET GUITARES D'AYLMER

Depuis trois ans, le centre-ville du secteur Aylmer de Gatineau profite d’une fin de semaine ensoleillée de juin pour s’animer, enrobé des notes de musique du Festival folk et guitares d’Aylmer (FFGA), qui propose une quarantaine de concerts entièrement gratuits.

Ce petit festival encore peu connu réussit à attirer 7000 visiteurs en l’espace de trois jours. Sa quatrième édition se déroulera du 9 au 11 juin.

Les concerts sont répartis le long de la rue Principale, via cinq scènes disséminées dans les bars et bistros du coin, généralement en terrasses, couvertes et chauffées). Dans le passé, des concerts plus jazz étaient programmés au petit Parc de l’Imaginaire, mais l’initiative ne sera pas reconduite cet été. 

«C’est un festival de découvertes, sans frais d’entrée», résume la fondatrice et productrice du FFGA, Louise Rousseau, qui, si elle «ne mise pas sur des grosses têtes d’affiche», a tout de même invité la blueswoman Angel Forrest à sa prochaine édition. La journée et la soirée du samedi 9 juin seront spécifiquement consacrées au blues. 

La programmation — le terme «folk» est ici inclusif, accueillant la musique trad, roots ou bluegrass aussi bien que la guitare classique — fait une belle place aux artistes locaux, et les deux langues officielles s’y côtoient. Cette année, le FFGA attend par exemple la chanteuse d’Ottawa Dee Dee Butters, William Lamoureux et son Billy Love Band, les rêveries acoustiques du trio Outside I’m A Giant, Bella Cat (qui a participé à la plus récente édition de l’émission La Voix sous son nom d’état civil, Katrina Robert) ou encore le Brassens Project, un quintette d’Ottawa qui s’amuse à rhabiller les chansons de Georges Brassens, servies en version swing, valse musette, bossa-nova, jazz de La Nouvelle-Orléans ou reggae.

Les journées sont longues. Pour les lève-tôt, le Café Mulligan hébergera un concert chaque matin, tandis qu’au restaurant Antonyme, la programmation se fera en après-midi et sur l’heure du dîner, illustre la productrice.

«Les gérants des lieux s’occupent de l’accueil des gens et de la logistique. Ainsi, on n’a pas besoin d’un paquet de monde pour organiser ni de beaucoup d’argent» pour faire du FFGA un festival à échelle humaine convivial, soutient-elle. Yves Bergeras, Le Droit

+

LE TOUR DES ARTS: COMME UNE CHASSE AUX TRÉSORS

Le Tour des arts permet de rencontrer les artistes dans l’intimité de leur studio.

Ce n’est pas tous les jours que le «commun des mortels» a l’occasion de visiter l’antre d’un artiste. Imaginez lorsqu’une trentaine ouvrent leur porte en même temps! Dans la région de Brome-Missisquoi, les amateurs d’art ont cette chance une fois par année. À vélo, à moto ou en auto, par monts et par vaux, le circuit leur permet d’entrer en toute liberté dans l’atelier des créateurs de beauté.  

Véritable pépinière d’artistes, la région accueille le Tour des arts depuis maintenant 30 ans. Cette année, l’événement se déroulera tous les jours, du 14 au 22 juillet, de 10h à 17h.

Durant cette période, les visiteurs auront le loisir de tracer leur propre itinéraire parmi les 35 artistes hôtes — peintres, joailliers, sculpteurs, potiers, photographes, verriers, tisserands et cie — ou selon le chemin qu’ils ont envie de parcourir. 

Car il faut dire qu’entre Abercorn, Bolton, Brome, Dunkin, Knowlton, Lac-Brome, Mansonville, Sutton et West-Brome, la route offre des coups d’œil qui valent amplement le détour.

Et nichés au milieu de ce paysage, les studios d’artistes apportent souvent une petite touche de charme supplémentaire, magnifiée par le plaisir de voir leurs propriétaires en plein processus de création.

Difficile de choisir parmi la trentaine d’ateliers proposés? La galerie Arts Sutton a pensé à tout. Celle-ci présente, en condensé, une œuvre de chaque artiste lors d’une exposition collective qui se tiendra du 12 au 22 juillet. Une belle façon de découvrir vos coups de cœur et de les repérer sur la carte du Tour des arts, avant de partir à leur rencontre. 

Chaque année, on estime qu’environ 7000 personnes participent au Tour des arts, indique la présidente de l’événement, Almut Ellinghaus.   

Mais l’événement ne se limite pas qu’à une promenade à la campagne. Au fil des neuf jours, vient aussi s’y greffer toute une programmation composée de spectacles de musique, de poésie, de théâtre, d’improvisation et même d’activités pour les enfants. 

Et parce que, parfois, une journée ne suffit pas, une panoplie de restaurants, d’établissements hôteliers et d’attraits touristiques est proposée aux excursionnistes qui souhaitent étirer leur séjour dans la région. Isabel Authier, La Voix de l'Est

Info et carte détaillée du circuit: tourdesarts.com

+

GRANDE NUIT DE LA POÉSIE À SAINT-VENANT-DE-PAQUETTE: QUAND LES MOTS DÉCUPLENT UN VILLAGE

David Goudreault et Richard Séguin lors de la préparation de la Grande Nuit de la poésie de 2016.

Proposer un festival de poésie loin des grands centres peut sembler un peu casse-cou. Mais il y a des risques plus heureux que d’autres. La première Grande Nuit de la poésie à Saint-Venant-de-Paquette, en 2016, a connu un succès qu’on peut qualifier de phénoménal. 

«On espérait 300 personnes. Comme il pleuvait, on a diminué nos attentes. On se disait qu’à 100 personnes, on serait contents. Finalement, ce sont 1000 amoureux de poésie qui ont foulé le sol du village de 111 habitants. C’était vraiment intense, parce que Saint-Venant, c’est tout petit», raconte David Goudreault. 

Le slameur, romancier et poète a pris les rênes de la direction artistique à l’invitation de Richard Séguin, Paquettevillien qui avait déjà fait de la poésie un noyau fort. C’est lui qui a rêvé le Sentier poétique qui traverse l’endroit. Le parcours en plein air, célébrant les mots de grands poètes québécois, avait pavé la voie.  

«Ils appelaient ça la nuit de la poésie, mais ça se terminait avant 23h, raconte Goudreault. J’ai proposé qu’on traverse la nuit. Richard a embarqué. Les habitants de l’endroit aussi : les bénévoles sont aussi formidables qu’essentiels. Il y a deux ans, tout le monde est reparti enchanté. Ça a été un tel succès tel que j’ai eu un beau problème à gérer : plusieurs artistes très intéressants m’ont eux-mêmes contacté pour participer!»

La prochaine mouture de l’événement biennal aura lieu le 18 août et réunira 67 artistes. Chanteurs de renom, poètes et rappeurs viendront célébrer les mots sur une des trois scènes. Une seule activité sera payante: le spectacle-bénéfice de Tire le coyote. La programmation complète sera dévoilée le 12 juin.

«Je peux déjà dire qu’on va accueillir Patrice Michaud, Manu Militari, Luce Dufault, Marjolaine Beauchamp et Hélène Dorion. Ça donne une idée de la couleur de l’événement, qui se décline comme une rencontre chaleureuse où tous les genres de poésie se voisinent, où tout le monde trouve son compte. Et c’est très participatif. Cette année, il y aura des karaokés de poèmes, un bingo poétique des Premières Nations, un grand slam, des micros ouverts, des ateliers de création, des spectacles de chansons et des lectures.» Karine Tremblay, La Tribune

Info: amisdupatrimoine.qc.ca

+

LA BATAILLE DE BICOLLINE: LA MAGIE D'UN AUTRE MONDE

Niché dans la verdure et les montagnes du centre de la Mauricie, le Duché de Bicolline est devenu au fil du temps un important centre de divertissement où se retrouvent les amateurs de jeux de rôles médiévaux-fantastique de partout en Amérique du Nord. L’événement marquant de son année est certes la Bataille de Bicolline, où se rassemblent annuellement pendant une semaine quelque 3000 joueurs dans un immense événement immersif participatif.

En recréant un village médiéval au cœur de la forêt, les promoteurs de ce site ont créé la magie de vivre dans un autre monde, un univers fantastique peuplé non seulement d’humains mais également d’elfes, d’orcs, de pirates, de monstres, de mages, de courtisanes et de chevaliers.

La Bataille de Bicolline qui aura lieu du 12 au 19 août 2018 est un événement de sept jours au cours desquels se succèdent banquets, fêtes, tournois, rencontres, jeux, combats qui mèneront les participants au but ultime de ce séjour: la Bataille de Bicolline à proprement parler, qui en sera à une 23e présentation consécutive.

Malgré l’aspect très ciblé du concept, tous sont invités à y participer. Il suffit de s’inscrire en acquittant les frais, de se procurer des vêtements à caractère ou d’inspiration médiéval-fantastique et de connaître les règles de combat et d’homologation pour ceux qui désirent prendre part à la grande bataille. Pour les néophytes, les règles de combat sont affichées sur le site Internet du Duché (www.bicolline.org), comme quoi technologie du XXIe siècle et Moyen Âge ne sont pas incompatibles.

Par ailleurs, ces mêmes néophytes ont peut-être avantage à participer à la Journée découverte qui aura lieu le 17 août et où le monde médiéval leur sera présenté. On suggère aussi de consulter le Petit Guide du Débutant également disponible sur le site Internet du Duché.

Avec le temps, le site a pris de l’ampleur jusqu’à devenir un village comptant pas moins de 190 bâtiments d’inspiration médiévale dont certains servent d’hébergement pour les participants. On compte notamment une auberge quatre saisons, site de plusieurs activités dont les soirées tavernes. Certains préféreront le simple camping pour leur séjour; or, il se présente avec décorum dans des tentes d’aspect médiéval ou sans décorum. Ça va selon les envies de dépaysement. François Houde, Le Nouvelliste

Info: www.bicolline.org