Des aînés disparus d'une maison de retraite en Ontario auraient-ils été tués ?

VAUGHAN, Ont. — La Police provinciale de l'Ontario traite maintenant comme des homicides quatre affaires de personnes âgées disparues d'un même complexe de résidences pour aînés il y a une vingtaine d'années.

L'inspecteur Rob Matthews a déclaré que les anciens propriétaires de trois maisons de retraite adjacentes, situées dans la région de Muskoka, dans le centre de l'Ontario, étaient maintenant considérés comme des «personnes d'intérêt» relativement à la disparition de quatre personnes âgées.

Ces propriétaires avaient déjà été accusés de fraude, a déclaré M. Matthews lors d'un entretien téléphonique, sans toutefois donner plus de détails. L'inspecteur a tout de même indiqué que c'est l'enquête sur la fraude qui l'avait mis sur la piste des aînés disparus.

Joan Lawrence, qui avait 77 ans à l'époque, a disparu de cette maison de retraite en 1998. Entre 1997 et 1999, John Semple (91 ans), John Crofts (72 ans) et Ralph Grant (73 ans) ont également disparu du même complexe. M. Matthews croit que ces quatre personnes âgées sont mortes, mais que leurs restes n'ont jamais été retrouvés.

Le sous-commissaire par intérim de la Police provinciale de l'Ontario, Paul Beesley, a soutenu que la police avait beaucoup progressé dans son enquête et qu'on espérait maintenant résoudre l'affaire afin d'aider les proches à tourner la page, une vingtaine d'années après les disparitions.

Les maisons de retraite - qui n'existent plus - appartenaient à quatre frères et s?urs, qui n'avaient pas du tout coopéré avec la police lors de l'enquête pour fraude, a déclaré l'inspecteur Matthews. Les deux maisons et le bâtiment de ferme adjacent accueillaient, à la fin des années 1990, des personnes âgées vulnérables qui n'étaient plus en contact avec leur famille.

La police recevait régulièrement des plaintes concernant le traitement réservé aux aînés. Selon M. Matthews, les enquêteurs avaient appris que des résidents s'échappaient de la maison de retraite le soir et se rendaient dans des refuges pour sans-abri à Toronto ou Ottawa. La police avait également enquêté sur la manière dont les propriétaires percevaient les loyers, a déclaré l'inspecteur Matthews.

L'une des présumées victimes, Joan Lawrence, a vécu pendant deux ans dans une petite remise sur la ferme avec tellement de chats «qu'on ne pouvait pas les compter», raconte l'inspecteur. Les propriétaires lui réclamaient un loyer de 600 $ par mois.