Depuis le début de l’année scolaire, de 150 à 200 adolescents s’attroupent régulièrement dans le bucolique parc Lepage de Rimouski pour se livrer ou assister à des bagarres.

Des adolescents planifient et filment des bagarres à Rimouski

RIMOUSKI — Un étrange phénomène amorcé en début d’année scolaire à Rimouski prend de plus en plus d’ampleur. Par le biais des réseaux sociaux, des adolescents se donnent rendez-vous sur l’heure du dîner au parc Lepage, situé à proximité de leur école secondaire, pour se livrer à des bagarres. Celles-ci sont filmées et les vidéos sont ensuite partagées entre eux.

Les événements donnent lieu à des attroupements de 150 à 200 jeunes, dont certains qui viennent uniquement pour observer «le spectacle». La Sûreté du Québec (SQ) a procédé à cinq arrestations.

Celles-ci sont relatives à des voies de fait, dont certaines avec lésions. Les personnes arrêtées sont toutes d’âge mineur. Selon le responsable du poste de la SQ de la MRC Rimouski-Neigette, Steve Bouillon, les dossiers seront déposés dans les prochains jours au Directeur des poursuites criminelles et pénales pour évaluation. Celui-ci décidera si des accusations criminelles seront déposées. «À tous les jours, on est présents», assure le chef de police. La SQ invite d’ailleurs les citoyens à porter plainte s’ils sont victimes ou témoins de voies de fait en lien avec ces querelles. Ainsi, de nouvelles arrestations pourraient éventuellement s’ajouter. 

Certaines vidéos obtenues par la police font partie des éléments de preuve. «Les bagarres impliquent des garçons et les badauds sont autant des filles que des garçons, fait observer M. Bouillon. Il y a un effet d’entraînement.»

Le phénomène a pris une telle ampleur que les autorités ont décidé de former un comité de travail. Celui-ci est composé de représentants de la Ville de Rimouski, de la Commission scolaire des Phares, de la SQ et du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent.

Ce phénomène est un précédent pour la Commission scolaire. L’organisme a fait parvenir une lettre à tous les parents de l’école secondaire Paul-Hubert de Rimouski, en collaboration avec la SQ, afin de les informer de la situation. «On a besoin des parents», insiste le président de la Commission scolaire des Phares, Gaston Rioux. «Ce sont les principaux intervenants au niveau de l’éducation des enfants.»

Si le président de la Commission scolaire n’a aucune idée de la raison et de la provenance du phénomène, il croit cependant qu’il est facilité par l’utilisation des réseaux sociaux. «Les jeunes peuvent communiquer entre eux très rapidement pour se réunir, note-t-il. Pour l’historique, il va falloir s’interroger : qu’est-ce qu’on peut faire comme commission scolaire et comme école?»

Gaston Rioux est très surpris de cette nouvelle tendance à planifier des batailles. «Quand on parle de violence et d’intimidation dans nos écoles, c’est en constante diminution parce qu’il y a des interventions qui se font directement à l’école, explique-t-il. Ça nous indique l’urgence de se réunir pour comprendre la situation, puis apporter des solutions à court et à moyen termes!»

Comme le parc Lepage est un espace municipal, la Ville de Rimouski n’est pas insensible à la situation. «Il ne s’agit pas de trouver une solution, mais une multitude de solutions, d’où l’avantage de se réunir au plus haut niveau», croit le maire Marc Parent.